Partagé entre la logique déception d’une troisième défaite de rang (1-2), et l’optimisme à l’issue d’une prestation encourageante, Azouz Hamdane estime que le travail est encore long pour remettre ses joueurs sur de bons rails au niveau de la confiance.

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Quel est le premier sentiment à l’issue d’une rencontre où vous avez bien débuté, bien terminé mais ponctuée par une défaite ?

On est en train de vivre une période très compliquée. C’est la période la plus délicate à vivre quand on est joueur ou entraîneur. Il va falloir tenter de trouver les mots plus que les solutions, parce que les solutions, on les a, sauf qu’on les met assez maladroitement en pratique. Les armes que l’on a arrivent au fur et à mesure du temps, et c’est le genre d’arme qu’on ne remplace pas comme ça. Je pense à Despois qui marque la semaine dernière, ou Slidja aujourd’hui (ndlr : hier). Sur vingt minutes, on a plus produit que sur deux matches trois quart. On peut dire tout ce que l’on veut, quand on a la compétence sur le terrain, elle se voit tout de suite, on peut agir et créer des choses. Malheureusement, quand on ne l’a pas, il faut être un peu plus intelligent, être dans l’anticipation, mais on a beaucoup de mal à le faire. Comme par hasard, dans ces situations, rien ne va pour vous. J’ai dit à mes joueurs qu’il faut surtout rester calme, lucide, se taire et continuer à bosser comme on le fait. Tout n’est pas à jeter. On paye cash toutes nos erreurs, mais on ne fait pas payer celle des autres. C’est une période comme ça que l’on vit. Il faut tout doucement redresser la barre. Il faut que l’on fasse un match sans encaisser de but parce que ça fait six buts pris en trois matches. C’est énorme, surtout face à des équipes qui ne sont pas transcendantes. C’est ce qui est le plus inquiétant pour moi, parce que ce ne sont pas des équipes dotées de phénomènes et nous mettent en difficulté. Je dois réfléchir à tête reposée, je dois trouver les mots pour remettre le cerveau de mes joueurs à l’endroit parce qu’ils sont en plein doute. Quand on doute, on fait les choses maladroitement. Ils ont beaucoup couru, ils étaient là où je les attendais, mais c’est dans les trente derniers mètres que l’on n’a pas réussi parce qu’on n’a pas nos joueurs. Quand Pierre est entré, il a résolu pas mal de problèmes. Il va falloir le faire revenir à son meilleur niveau, au moins sur le plan athlétique, pour retrouver tout ça. J’avais pris des décisions fortes en ne convoquant pas certains joueurs et il va falloir qu’ils se remettent la tête à l’endroit et dans le projet parce qu’en plus de se pénaliser eux-mêmes, ils pénalisent l’équipe. Je pense que la solution est collective, pas tant dans le jeu mais surtout sur le plan mental et comment les joueurs s’impliquent dans le projet. C’est surtout ça qui m’inquiète le plus. J’ai de très bons joueurs, qui ont de la qualité et je ne vais pas remettre ça en cause.

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Est-ce qu’affronter une équipe de rang inférieur en coupe de France peut aider sur ce plan mental ?

Oui, ou pas du tout ! Ces équipes ont aussi leur match à jouer, elles ont envie de créer des surprises et il y en a eu beaucoup dans cette compétition. Les compétitions se jouent de manière distincte. Sur ce match, l’objectif ne sera pas d’engranger de la confiance mais de se qualifier, il ne faut pas se tromper de combat ni d’objectif. Par la suite, à Chantilly, ce sera de prendre un point, voire plus. Mais avant ça, il faut déjà établir un diagnostic commun parce qu’il ne l’est pas encore. Tout le monde essaye d’y aller de son traitement, et c’est le manque de cohésion que je constate depuis le début de saison, et c’est mon rôle de gérer ça.

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La titularisation de Motuta est la preuve qu’aucune place n’est garantie…

Complètement ! Les joueurs sont mis en garde depuis le début de saison, mais quand on parle et qu’il n’y a aucun acte en lien avec les mots, les joueurs n’ont pas l’impression d’être en danger. C’est par exemple Torvic que je replace dans le coeur du jeu et qui fait un énorme match, c’est Jeno qui rentre et fait un très bon match aussi. Motuta, c’est son premier match depuis longtemps après un passage en équipe C et B et on ne peut pas lui demander des miracles, mais ce qu’il produit depuis le début de saison me plaît bien. Depuis la descente, on est dans ce projet des jeunes pour essayer de travailler sur l’avenir parce que nos joueurs actuels ne joueront pas jusque quarante ans. Je prendrai mes décisions sans état d’âme, sans aucun regret, je suis même très content d’avoir pris ces décisions. Il ne faut pas que le résultat vienne influencer ou ternir les décisions prises parce que les joueurs sur le terrain étaient plus dans ce que je recherche au sein du projet. Il leur faudra du temps, mais on arrive dans une période où on en n’a pas beaucoup. Il ne faut pas être trop dur avec eux parce qu’ils ont fait ce que je demandais. Je mets la responsabilité sur ceux qui n’étaient pas là aujourd’hui. Ce sont eux qui doivent nous porter et ce n’est pas normal que ce soit des petits jeunes au charbon. C’est là-dessus que mon analyse se porte. J’essaye de garder la tête froide et je ne me trompe pas de combat. J’essaye de rester cohérent.

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On a le sentiment qu’à chaque fois que le premier but est encaissé, l’équipe plonge pendant un moment avant de revenir une fois que le retard est trop important…

Forcément, quand on est sur deux défaites en deux matches, que l’on a pris des buts sans revenir au score… Quand on en prend un, dans la tête, ça joue. L’objectif était d’inverser cette dynamique qui nous est néfaste. D’expérience, je sais que ça va venir avec le temps. Il ne faut pas surtout pas avoir de mauvais propos et continuer à bosser. La confiance se gagne avec le temps, c’est un travail de fourmi. Elle se perd pas des tonnes de sable, mais elle ne se gagne que grain par grain. On est malheureusement dans cette situation, mais on s’y est mis tout seul, donc il va falloir s’en sortir tout seul parce qu’on ne peut compter sur personne.



S’il y a donc un mot d’ordre à retenir de ce match, c’est garder confiance parce que l’AC Amiens a ce qu’il faut pour faire mieux…

Oui, et il faut garder sa lucidité, la tête froide et se remettre au boulot. Ce sont les domaines sur lesquels je veux attirer l’attention de mes joueurs.

Propos recueillis par Adrien ROCHER

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