Abder Ramdane : « C’est moins bosseur en France ! »


Adjoint de Luka Elsner jusqu’au mois de mars, Abder Ramdane avait retrouvé la France après plus de vingt ans à l’étranger, dont une bonne partie en Allemagne. Et le technicien de 46 ans a été frappé par le manque de compétitivité et d’implication des joueurs français lors de son passage à l’Amiens SC

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Un état d’esprit qui pose question

« Même si je pense que l’arrivée des grosses stars du PSG a augmenté le niveau d’exigence. En somme, les étrangers donnent le ton sur l’investissement qu’il faut mettre pour y arriver. Je trouve que les joueurs n’ont plus envie de gagner des matches, ils ont envie de gagner de l’argent. Ils préfèrent avoir des beaux contrats que de remporter des titres. L’idée de laisser une trace dans le monde du football est moins présente. Et même en Allemagne, on est aussi en train d’évoluer vers cet état d’esprit. Pour résumer, c’est « je préfère conduire une Ferrari que soulever une Coupe de France ».

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Une implication moindre qu’à l’étranger

« Je trouve que c’est moins bosseur en France. Après, il ne faut pas généraliser et dès qu’on arrive à les guider, les joueurs adhèrent et bossent sans aucun problème. S’ils ne doivent pas faire les choses, ils ne le font pas. Une grande majorité n’est pas demandeur. Il faut les inviter à aller faire du gainage ou des petits exercices avant la séance. Il faut une prise de conscience sur le fait que l’entraînement ne commence pas à 10 heures avec le ballon. En réalité, il faut se mettre 45 minutes avant dans le bain en salle de gym pour s’étirer, s’échauffer…Lors d’une de mes premières séances en France, j’ai demandé à ce qu’on mette les protèges tibias parce qu’on allait faire des duels. Les joueurs m’ont regardé avec beaucoup d’étonnement en me disant qu’ils ne se voyaient pas mettre des protèges tibias à l’entraînement. Alors qu’en Allemagne, la moitié des séances hebdomadaires se font comme en condition de matches avec les protèges. »

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Un état d’esprit à changer

« On doit s’entraîner comme on joue. L’entraînement, c’est un match, donc on se protège comme en match parce qu’on risque autant de se blesser. Alors évidemment, on n’est pas là pour casser la jambe de son coéquipier mais les joueurs ne sont pas des robots. On ne peut pas s’entraîner doucement et subitement se mettre en mode match le jour J en appuyant sur un bouton. Le mode guerrier, ça se travaille tous les jours. »

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