Alexandre Thuillier : « De loin ma meilleure saison avec les Portugais »

Amiens Portugais Breteuil

De retour aux Portugais d’Amiens l’été dernier, Alexandre Thuillier réalise une excellente saison, lui ayant notamment permis d’être élu joueur amateur du mois de mars par les lecteurs du 11 Amiénois. A cette occasion, le défenseur central s’est longuement livré sur la situation sportive et les ambitions de son équipe en cette fin de saison. Entretien.

Alexandre Thuillier, vous avez été élu joueur amateur du mois de mars par nos lecteurs…

Je suis satisfait, honoré, de ce titre mais je le prends plus comme une performance collective. J’avais déjà fait quelques années aux Portugais auparavant et je sais comment ça se passe. C’est de loin ma meilleure saison, sur le plan mental et collectif, avec les Portugais que je vis à l’heure actuelle. Je pense que l’entraîneur n’y est pas pour rien, il a su mettre les bons ingrédients et avoir un discours intelligent. On a aussi des joueurs intelligents qui ont su être réceptifs au message, contrairement aux années précédentes où c’était peut-être un peu plus compliqué, où le sérieux était bien moins impliqué.

C’est une saison qui dépasse toutes les attentes, on ne vous attendez pas aussi haut et avec autant de constance…

C’est sûr que si on nous avait dit en début de saison, qu’on en serait là à l’heure actuelle, on n’y aurait pas forcément cru. Maintenant, c’est compliqué d’être confiants aujourd’hui parce qu’on n’a rien gagné, ni le maintien, ni une potentielle montée. Notre belle série de matches sans défaites nous a fait énormément de bien mais rien n’est acquis et il va falloir aller chercher encore quelques points pour passer une fin de saison tranquille.

Et il y a eu des faits marquants cette saison, avec notamment les deux victoires contre le leader, Outreau…

Le 5-1 à l’aller peut paraître sévère parce qu’ils sont à 10 au bout de 25 minutes. Forcément, à 11 contre 10, c’est plus facile et on a su faire la différence. Au retour, on a mis les bons ingrédients pour les faire tomber. Quand on regarde le classement, ils n’ont perdu que deux fois cette année et c’est contre nous ! A côté de ça, il y a des équipes comme l’AC Amiens (b) ou Breteuil que l’on n’a pas réussi à battre donc c’est bien sans être bien dans le sens où on aurait aimé faire un résultat au match retour contre la réserve de l’AC Amiens même s’ils avaient une très grosse équipe.

Même si rien n’est acquis comme vous l’avez dit, c’est quand même bien parti en ce qui concerne l’objectif principal qu’est le maintien…

C’est sûr qu’en regardant le classement, on n’est pas dans une position de stress ou de panique comme peuvent l’être certaines équipes. On a envie de se mettre à l’abri rapidement et dès ce week-end avec le match en retard contre Méru. C’est un match très important et plus vite les points seront engrangés, plus vite on pourra passer une fin de saison sereine et tranquille. Si on peut espérer plus, on essaiera mais il faudra compter sur deux faux-pas des équipes de devant.

Ça paraît tout de même compliqué avec un trio Outreau-Camon-Chaumont qui s’est détaché…

Clairement, ils sont détachés ! En gagnant nos deux matches en retard contre Méru et Chambly (c), ça nous fait arriver à 41 points, donc ça nous mettrait à cinq points de la première place, et il faudrait compter sur au moins deux faux-pas sur les six derniers matches. Ça restera compliqué et à moins de tout gagner jusqu’à la fin… On va déjà s’assurer du maintien et on prendra en bonus tout ce qu’il peut y avoir. Plus qu’un trio, c’est un duo qui est détaché, ils ne laissent que peu de points aux autres, ce sera compliqué. Après pourquoi pas puisque Outreau s’est déjà écroulé en fin de saison ces dernières années…

Matthieu Lematte ? ‘C’est un des meilleurs coaches que j’ai eu. Il arrive à inculquer cette mentalité qui est de ne rien lâcher et de tout donner.

L’architecte de cette très bonne saison c’est votre coach, Matthieu Lematte ?

Complètement ! Aux Portugais, c’est un des meilleurs coaches que j’ai eu. Il arrive à inculquer cette mentalité qui est de ne rien lâcher et de tout donner. On a certains joueurs que je connaissais par le passé dans ce club qui ne donnaient pas leurs tripes à chaque match, il a réussi à transcender et à tirer le meilleur de certains joueurs. C’est positif et ça se ressent dans le groupe ou au classement. Au-delà de l’entraîneur, je tiens à le souligner car c’est important, il y a des encadrants et un président qui sont au cœur de tout ça. Il ne faut pas les oublier, ils ont été très importants, et pas que cette saison. Je tiens à leur apporter tout notre soutien, et ils font partie intégrante de cette réussite.

Vous avez évoqué votre premier passage au sein du club. Peut-on dire qu’il y a de profonds changements entre votre départ et votre retour ?

Complètement, déjà rien qu’au niveau sportif. A l’époque de mon premier passage, le club était en Excellence (ndlr : l’actuelle D1), le niveau était un peu plus faible et la rigueur était moindre. J’ai vu une réelle évolution avec du sérieux plus présent, et le fait d’avoir un coach comme ça, ça a clairement apporté de la sérénité, de la rigueur et à un moment donné pour avoir des résultats positifs il faut tout ça. Par rapport à l’ancien coach, c’est le jour et le nuit dans la méthode de management des joueurs. Actuellement, le coach est moins proche des joueurs, un peu plus en retrait, tout en réussissant à être complice quand il le faut. Julien (Valeri) est plus dans l’affect et le copinage. Je l’aime bien aussi, mais il répond à un autre style et on n’avait pas les joueurs qui étaient capables de répondre à ce type de discours et à se donner à 100% les week-ends. Ils ont besoin d’avoir un coup de fouet aux fesses pour se donner le dimanche.

Avez-vous hésité avant de revenir au club, cet été ?

Oui, j’ai hésité. Je connais bien le club, qui est très familial, et je m’entends bien avec tout le monde mais j’ai eu d’autres opportunités, que ce soit à un niveau équivalent voire un peu supérieur. De mon côté, le football j’adore ça, mais ça ne me fait pas vivre, c’est un loisir donc j’essaye de cumuler le plaisir-loisir et l’ambiance familiale. Finalement, les Portugais représentaient le meilleur équilibre. Je suis persuadé qu’on ne retrouve cette ambiance dans quasi aucun autre club picard. C’est clairement ce qui m’a fait revenir au club.

Diriez-vous que vous êtes un cadre de cette équipe ?

Etant arrivé en début de saison, c’est compliqué parce qu’il y en a qui sont là depuis plus longtemps que moi. Après, j’ai un passif aux Portugais, tout le monde me connaît et j’y ai déjà passé quelques années. Cette année oui puisqu’avec David Da Rocha et Charly Delaporte, on forme un trio qui s’équilibre plutôt bien. En plus, étant les deux défenseurs centraux et le numéro 6, ça crée un petit mélange entre moi qui suis plus jeune, Charly un peu plus vieux et David qui est le plus expérimenté. C’est une très bonne mixité, et entre nous trois ça se passe très bien. On est trois à prendre le relais au niveau des autres joueurs en essayent de les conseiller, de les motiver positivement pour que ça puisse se passer du mieux possible.

On a évoqué précédemment les progrès effectués par le club ces dernières années. C’était nécessaire pour rivaliser à ce niveau de la compétition après la fusion des régions…

Je le pense oui, et ce n’est pas fini. Si le club reste en R2 ou monte en R1, on va se retrouver dans un groupe d’une qualité au moins aussi dure que cette année. Quand on voit les équipes qui vont descendre entre Ailly, Abbeville ou Gamaches, ça peut être un groupe où il va falloir batailler tous les week-ends. Je trouve ça plutôt positif parce qu’on avait pris un peu de retard par rapport au Nord-Pas-de-Calais et si ça peut nous mettre un peu le pied à l’étrier pour faire bouger les clubs picards en termes d’infrastructures, c’est bien. Je prends notre exemple aux Portugais, pour le nombre d’équipes que l’on a, on joue quand même dans des conditions qui ne sont pas dignes d’un club de R2.

Avez-vous le sentiment que le club peut aller encore plus haut ?

C’est très bien d’être en R2 et on s’en contente ! Avant de voir l’échelon supérieur, il faut déjà se stabiliser. Il ne faut pas oublier que ce n’est que la deuxième année que le club vit à ce niveau, et c’est encore trop tôt pour parler d’aller plus haut. Après, si on peut monter, on ne va pas s’en priver, mais pour moi, c’est encore trop tôt. Je pense que le club a besoin de stabiliser au moins trois ou quatre ans à ce niveau, en finissant dans les six premiers en étant une vraie équipe de R2 compliquée à jouer avant de pouvoir prétendre à monter en division supérieure. A côté, il faudrait que les infrastructures suivent un petit peu. Cette année on a eu les vestiaires, c’est un investissement conséquent et c’est déjà très très bien. On n’avait que deux vestiaires pour un club qui représente un nombre conséquent d’équipes. Si on veut aller voir plus haut, il faut aspirer à avoir un autre terrain a minima.

Tous propos recueillis par Romain PECHON (avec Adrien ROCHER)

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