A l’instar de bon nombre de ses coéquipiers, Alexis Blin ne savait pas sur quel pied danser à l’issue du match nul entre l’Amiens SC et le Paris Saint-Germain (4-4), entre satisfaction d’avoir tenu en échec l’ogre parisien et déception d’avoir gâché une avance de trois buts. Entretien.

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Alexis Blin, quel est votre sentiment après ce point pris contre le Paris Saint-Germain ?

C’est mitigé ! Avant le match, on aurait signé pour prendre un point contre Paris ! Maintenant, quand on mène 3-1 à la mi-temps, et j’insiste sur le « 1 » car je pense que ce but encaissé juste avant le retour aux vestiaires nous fait mal, parce qu’on faisait un gros match dans la réalisation et dans la réussite, c’est un peu frustrant. Après quand on prend des risques, on a prouvé qu’on était capable de faire de grandes choses, de marquer des buts. Le problème est que les trois premiers buts de Paris sont quasiment des copier-coller, c’est impossible de prendre des buts comme ça à notre niveau. C’est ça qui est le plus frustrant, d’autant que ça rappelle le corner à la dernière seconde contre Monaco. Mine de rien, on ne lâche pas, on continue d’y croire, et on égalise dans les derniers instants. C’était un match fou-fou et c’est un peu pour ça qu’on aime le football. Sur les trois derniers matches, on a aussi montré qu’on ne lâchait pas, alors qu’on ne donnait pas cher de notre peau, et on regrette même de ne pas avoir pris plus de points !

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Quand vous menez 3-0 après quarante minutes de jeu, vous parvenez à réaliser ce qu’il se passe ? 

On est un peu en plein rêve ! Pour autant, on était concentré sur le fait de ne pas prendre de buts et en première période on ne concède pas beaucoup d’occasions dans le jeu, avant ce coup de pied arrêté à la 45e minute qui fait mal. Dans nos têtes, le doute s’installe, c’est humain. Même vous, dans les tribunes, je suis persuadé que vous vous dites que l’histoire ne doit pas se répéter sur le coup de pied arrêté suivant. Sur le terrain, on se le dit aussi ! Ça ne devrait pas arriver, on doit être plus fort que ça, lutter contre la négativité, sortir ces ballons, mais ça fait partie du football. Il faut en tirer les bonnes leçons parce qu’on aurait également pu perdre ce match en raison de ces trois grosses erreurs. Ce qui est bien, c’est d’avoir affiché cette force de caractère en fin de match.

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Comment expliquez-vous ces trois nouveaux buts encaissés sur corner ?

A chaud, je ne sais pas et je préfère en parler à froid mardi. Là, c’est la frustration qui domine, d’autant plus contre Paris. En ce moment, on est en marquage de zone, peut-être qu’il faut revenir sur du marquage individuel. Je ne sais pas. Si on prend des buts sur marquage individuel, on dira quoi ? Il n’y a pas de vérité dans ces moments-là, il faut juste croire en soi, en nos forces, et inverser la tendance.

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Heureusement que ce but en fin de match intervient pour ne pas ressortir de ce match avec un nouveau coup sur la tête… 

Cela aurait été cruel de le perdre ! Mine de rien, on ne méritait pas de le perdre, on a même des situations pour faire le break au retour des vestiaires. Tout le monde a tout donné, il n’y a pas de regret à avoir. On a quand même mis quatre buts à Paris, on a fait 4-4 contre Paris ! Ce n’est pas rien.

Après ce match, on a le sentiment que la motivation est plus forte contre les gros du championnat…

Non, je ne pense pas. Il y a peut-être moins de retenue et de pression surtout, on lâche plus les chevaux, en se disant qu’on n’a plus rien à perdre ! C’est l’attitude qu’on doit aussi montrer contre les équipes « moins fortes » du championnat. A partir de la semaine prochaine, on retrouve notre championnat et c’est là qu’il faudra montrer qu’on est capable de renouveler ce genre de prestations. Je sais qu’on peut le faire, sinon on aurait pris une rouste contre le Paris Saint-Germain, même avec un effectif remanié en face. En tout cas, ce point du nul nous donne bon espoir pour la suite.

Quand on vous voit capable de battre Marseille, de tenir tête à Lyon et même à Paris, on a du mal à comprendre comment vous pouvez vous retrouver dix-neuvièmes à ce stade de la saison…

Je ne sais pas trop comment l’expliquer. C’est compliqué de répondre à cette question. On sait qu’on est une équipe capable de faire de belles choses. Maintenant, quand le doute s’installe, c’est difficile d’inverser la tendance, rien ne va, les têtes vont moins bien et ça représente 90% de la performance. Là, on s’est un peu remis la tête à l’endroit avec le nul à Lyon. On a repris un coup contre Monaco mais on va tâcher de repartir après ce point contre Paris. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne lâchera pas jusqu’à la fin de la saison !

Propos recueillis par Romain PECHON

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