Entretien #Le11 – Cadre de Luka Elsner depuis le début de saison, Alexis Blin se livre sur la philosophie et l’approche de l’entraîneur slovène et fait le constat du trop grand nombre de buts encaissés par l’Amiens SC depuis le début de saison. 

L’intersaison a été marquée par un changement d’entraîneur. Avec un peu de recul désormais, comment décrierez-vous le style Elsner, à la fois dans son approche du football et dans son management ? 

Il a des idées très claires. C’est un coach jeune mais il a un franc-parler qui fait qu’il est très écouté dans le vestiaire car il a un contenu très explicite. De plus, il parle plusieurs langues, il arrive parfaitement à s’adapter avec les joueurs étrangers. Il parle espagnol, italien mais aussi anglais. C’est très important pour tout le groupe de comprendre ce qu’il a envie d’apporter aux joueurs. Il y a une homogénéité au sein du club qui fait que pour le moment ça fonctionne. C’est pareil pour tout le monde : le staff doit sans cesse renouveler ses discours, les joueurs doivent chercher à progresser et c’est comme ça qu’on arrive à avancer. Si vous êtes jeunes et que vous êtes compétents, alors vous inspirez le respect. C’est ce qu’il se passe pour le moment ici.

Depuis un peu plus d’un mois, on a le sentiment que vous avez trouvé la bonne formule, à mi-chemin entre ce qui faisait Amiens depuis trois ans et les préceptes de jeu de Luka Elsner ? 

Oui il y a eu une petite adaptation qui a été nécessaire. C’est normal, c’est un discours nouveau. Au début chaque joueur tentait de se situer dans le discours et puis il faut aussi que la mayonnaise prenne. Il y a aussi des joueurs qui sont arrivés sur le tard ou qui n’étaient pas encore au top physiquement. Après le match contre Bordeaux où on a fait des erreurs bêtes, il (Luka Elsner) nous a dit qu’on voulait jouer mais que ça ne tenait qu’à nous. On lui a montré qu’on avait la volonté de jouer. C’est à partir de ce moment-là qu’on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse les efforts pour jouer, qu’on soit propre dans notre jeu pour ne plus se faire prendre sur des situations comme celles face à Bordeaux. On est des professionnels. C’est à nous de juger quand on doit prendre des risques ou non. Pour le moment on est treizième avec des matches à l’extérieur compliqués donc ça se passe plutôt bien. Tout le monde a réussi à attraper le rythme et je pense que maintenant on arrive dans un état de forme optimal.

Alioui ? Je me dis qu’il vaut mieux qu’il frappe à 35 mètres plutôt qu’il me dribble et qu’il trouve une passe devant le but

Avez-vous le sentiment de mieux jouer que la saison dernière, avec plus d’assurance et de certitudes sur vos qualités, et prenez-vous plus de plaisir ? 

C’est difficile à dire. Christophe Pélissier avait ses idées et ce dernier a fait un très beau travail à Amiens, il faut le reconnaître. Le coach Elsner veut aussi qu’on joue au foot, après il ne veut pas qu’on prenne des risques démesurés. C’est dans ce domaine-là qu’on a un peu pêché contre Bordeaux où on leur donne quasiment trois buts. On arrive à trouver le juste milieu entre jouer et ne pas se faire prendre au jeu. Pour le moment ça porte ses fruits notamment sur les derniers matches où on a encaissé moins de buts bêtes, excepté le coup de pied arrêté (face à Nîmes). Le coach a envie qu’on joue, qu’on produise du jeu mais sans prendre de risques démesurés. De mon côté, je prends du plaisir quand on gagne. Je ne prends donc pas plus ou pas moins de plaisir que la saison dernière.

Le point noir de ce début de saison est peut-être le nombre de buts encaissés, déjà 15 après dix journées, ce qui fait de vous la seizième défense du championnat. Et surtout, vous n’avez terminé un match sans prendre de but qu’à une seule reprise. Comment remédier à cela ? 

Je suis d’accord avec ça, on prend trop de buts. Ça se joue sur des petits détails. On est l’équipe qui a pris le plus de buts en dehors de la surface et sur corner aussi. Parfois c’est pas normal. Mais par exemple sur la frappe de Rachid Alioui, je suis à côté de l’action. Je me dis que je vais temporiser et d’un coup il frappe alors qu’on ne s’y attend pas. Je me dis qu’il vaut mieux qu’il frappe à 35 mètres plutôt qu’il me dribble et qu’il trouve une passe devant le but. Peut être que j’aurais dû me jeter, je l’ai fait plusieurs fois dans d’autres matches et ça m’a réussi. Mais cette frappe-là est instantanée et je ne m’y attends vraiment pas.

Pour vous, il y a une part de fatalité dans tout ça ? 

Ce sont des pièces qu’on jette en l’air et ça finit par faire but. Pareil pour le but de Benedetto. Je n’ai pas le souvenir qu’il marque un autre but de ce type en Ligue 1. Il marque un seul but en dehors de la surface d’une frappe magnifique et c’est face à nous. C’est le même cas de figure à Toulouse où Makengo tire de trente mètres. Sa frappe est flottante et ça nous met dedans. Oui je suis d’accord qu’on prend beaucoup de but mais on a pris beaucoup de buts venus d’ailleurs depuis le début de la saison. J’espère que par la suite cela tournera un peu en notre faveur. Si on met des buts comme ça tous les week-ends, on va se dire qu’on a de la chance à Amiens. Néanmoins, je suis d’accord que nous devons prendre moins de buts sur coup de pied arrêté.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

A lire aussi : 

Alexis Blin (Amiens SC) : « Le football m’a fait beaucoup de bien pour traverser cette épreuve »

Alexis Blin (Amiens SC) : « Cette concurrence tire chacun à donner le meilleur de lui-même »

Laisser un commentaire