Amiens SC Elsner Joannin
Panoramic

Dans la foulée de sa longue tirade en introduction de la conférence de presse organisée ce vendredi midi suite au limogeage de Luka Elsner, Bernard Joannin a répondu aux questions des journalistes. L’occasion pour lui de reconnaître ses torts au sujet de l’échec de technicien slovène à la tête de l’Amiens SC. 

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Quel élément déclencheur vous a amené à prendre la décision de démettre Luka Elsner de ses fonctions ? 

Je pensais que c’était le moment de le faire, que c’était nécessaire. Nous étions dans une spirale négative et je ne sentais pas que Luka avait la force psychique pour sortir de cette spirale. En aucun cas, je ne mets en cause la valeur professionnelle de Luka Elsner. A un moment, quand vous êtes dans la lessiveuse, il est très difficile de s’en sortir.

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Il y a seize mois, lors du départ de Christophe Pelissier, vous aviez dans un premier temps évoqué votre volonté de nommer un entraîneur expérimenté pour finalement miser sur Luka Elsner. Avec du recul, estimez-vous que ce choix était une erreur ?

Dans la vie, il faut savoir admettre que l’on s’est trompé. Si je ne m’étais pas trompé, nous aurions gagné. Je pense avoir peut-être mis de trop fortes responsabilités sur les épaules de Luka Elsner. La Covid-19 a troublé cette fin de saison et nous avons été obligés d’être relégués administrativement, alors que nous étions dans une dynamique très positive. Je pense toujours que nous nous serions maintenus si le championnat était allé au bout. Pendant ce combat mené, où nous avons laissé des forces importantes, nous n’avons pas eu le temps de prévoir ce qui allait suivre. On a pris un peu de retard dans la construction de l’équipe de Ligue 2. Mais un championnat, c’est 38 matches.

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Durant l’intersaison, vous aviez entamé des discussions avec Luka Elsner pour le prolonger. Pourtant, il était déjà au cœur de cette série négative. A ce moment-là, vous estimiez qu’il était toujours l’homme de la situation donc ? 

Oui, je pensais que les choses allaient se mettre en place. Maintenant, on ne va pas en parler pendant des heures. 23 matches, une seule victoire, j’ai pris ma décision. Elle est cruelle mais il fallait que je la prenne.

Diriez-vous qu’Amiens souffre d’un manque d’attractivité aujourd’hui, qui explique pourquoi vous avez du mal à attirer un coach et des joueurs ? 

Non, je ne dirais pas ça. Il est plus dur de faire venir certains joueurs mais quand nous étions en Ligue 1 nous n’avions aucun problème à faire venir des joueurs attractifs. Par contre, c’est vrai, qu’on n’a jamais dépensé l’argent qu’on n’avait pas. Il y a des salaires sur lesquels on ne s’est pas engagé. Maintenant, le projet d’Amiens est attractif ! Je vous propose de faire un bilan, mardi (ndlr : au lendemain de la fin du mercato). Sur le sujet de l’entraîneur, j’ai longuement hésité entre un entraîneur expérimenté (ndlr : Pascal Dupraz), qui devait faire fonction avec Oswald (Tanchot) et Luka (Elsner). John (Williams) pensait que Luka était l’homme de la situation. J’ai fait ce choix. Dans la vie, pour construire les victoires, il faut avoir appris de ses défaites. D’une défaite, d’un malheur, d’un problème, j’essaie toujours d’en faire une opportunité. Ne comptez donc pas sur moi pour être dans le négatif.

Oswald Tanchot et Romain Poyet seront-ils les entraîneurs de l’Amiens SC cette saison ? 

Oswald (Tanchot) et Romain (Poyet) vont mener cette équipe contre Caen. Nous aurons ensuite une trêve qui va nous permettre de réfléchir, de dialoguer et de consulter. Romain et Oswald sont des hommes que je connais depuis plus de dix ans. Des gens que j’ai vu évoluer, je parle d’Oswald, en National avec moi. J’ai pu apprécier sa valeur d’entraîneur et de manager. Romain est un pur produit du club en termes de coach, c’est ici qu’il a appris son métier. Je leur fais donc totalement confiance en leur donnant cette responsabilité contre Caen.

La prestation contre Caen aura-t-elle une influence sur la pérennité du tandem à la tête de l’équipe ? 

Ne mettez pas de pression supplémentaire à Romain (Poyet) et Oswald (Tanchot), ils en ont déjà assez ! Ce sont des professionnels, ils vont essayer de défendre leur club. Maintenant, les victoires ne se décrètent pas, elles se construisent. Moi, je ne parle pas, je fais. Chaque chose en son temps, faisons ce match et ensuite on réfléchira à la suite à donner aux événements et vous serez informés en temps voulu.

Propos recueillis par Romain PECHON

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