Alors que le juge des référés du Conseil d’Etat a ordonné à la Ligue de football professionnel (LFP), en lien avec les instances compétentes de la Fédération française de football (FFF), de réexaminer la question du format de la Ligue 1 pour la saison 2020/2021, des voix se font entendre pour dire que le passage à 22 clubs impliquerait des pertes financières pour les autres clubs. Un argument qui s’effrite au moment de mener une analyse détaillée de la situation. 

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Un gros gâteau partageable en 22 parts

Amiens le sait pertinemment : descendre durant cette intersaison serait un gros coup d’arrêt dans le projet de développement du club. Pas seulement parce qu’une descente est toujours difficile à avaler, mais aussi et surtout parce que la manne financière des droits TV s’avère encore plus importante la saison prochaine. En effet, l’entrée sur le marché de Mediapro, nouveau diffuseur principal pour la période 2020/2024, débouche sur un versement de 18 millions d’euros supplémentaires pour chaque club démarrant la saison prochaine dans l’élite.

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Une somme qui représente un peu plus de la moitié du budget actuel de l’Amiens SC (32 millions d’euros) et qui peut expliquer les réticences de certains clubs à se partager la part du gâteau en deux parts supplémentaires. Pourtant, le manque à gagner (et non pas la perte d’argent) serait en moyenne de trois millions d’euros par un club. Une goutte d’eau pour les plus gros clubs, à l’instar du Paris Saint-Germain, Lyon ou Marseille, même en prenant en compte la crise sanitaire découlant de la pandémie du Covid-19.

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Amiens prêt à consentir un gros effort

La donne est différente pour des clubs jouant le maintien chaque saison et pour qui cette somme d’argent, même substantielle en apparence au regard des budgets annoncés en début de saison, représente un apport non négligeable. Néanmoins, l’Amiens SC a déjà fait part de son désir de faire l’impasse sur sa part supplémentaire de droits TV la saison prochaine, soit 36 millions d’euros potentiels à répartir sur les vingt autres clubs dans l’optique où Toulouse ferait le même choix. Ainsi, le passage à 22 n’aura aucun impact concret sur la nouvelle répartition des droits TV.

En outre, dans l’optique où les deux descentes étaient annulées, la Ligue n’aura pas à verser d’indemnité de solidarité aux relégués, soit une somme de 20 millions d’euros économisées, permettant le cas échéant de soutenir les clubs affaiblis par l’arrêt prématuré de la saison 2019/2020. Enfin, en cas de repêchage d’Amiens et Toulouse, la LFP aurait 38 matches supplémentaires à diffuser, soit un potentiel nouveau lot à négocier auprès des diffuseurs et par conséquent des ressources financières supplémentaires. D’autant que Mediapro a déjà fait part de son accord pour diffuser ce match supplémentaire;

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