Chadrac Akolo

Arrivé à l’Amiens SC durant l’été, Chadrac Akolo a été en quelque sorte sauvé par le football. Interrogé sur le sujet par nos confrères de France Football, l’international congolais a évoqué son parcours semé d’embûches. 

Un itinéraire particulier

Après avoir fui son pays à l’adolescence, Chadrac Akolo a d’abord vécu dans un centre pour immigrés dans le canton de Vaud en Suisse, avant de trouver refuge dans le football. « Chaque semaine, je voyais des copains s’en aller, rapatriés dans leur pays d’origine. Je me disais que ça allait bientôt être mon tour, a-t-il confié à France Football. Je ne pensais qu’à une chose : nous sortir de là. » « Chadrac me parlait beaucoup de cette peur. Parfois, il ne dormait pas de la nuit parce qu’il se disait que la police pouvait débarquer à 3 ou 4 heures pour l’embarquer, ajoute Jean, son père. Je ne pouvais pas vraiment le rassurer parce que je vivais la même tension. Quand tout va mal, il ne reste que la prière. »

Destiné à devenir pasteur au sein de l’Église néo-apostolique d’un quartier de Kinshasa, Chadrac Akolo est davantage passionné par le football. Et ce sont finalement les troubles politiques dans son pays natal qui vont l’amener en Europe et plus précisément en Suisse. « Chadrac s’est retrouvé en Suisse par le biais d’un “parrain” occidental qui a pris en charge ses frais de transport », précise son père. Une fois sur place, c’est au FC Bex que l’actuel ailier de l’Amiens SC se fait repérer, à l’époque avec l’équipe première en Deuxième Ligue, soit le cinquième échelon national du championnat Suisse. Dans le même temps, le jeune Chadrac, seize ans alors, « nettoie les toilettes du centre de migrants pour se faire un peu d’argent », précise l’enquête de France Football.

L’explosion à Amiens ?

Vite repéré, Chadrac Akolo intègre alors le FC Sion, club de première division, pour parfaire sa formation, tandis que ses parents et ses proches obtiennent le statut de résidents longue durée. Et après un prêt concluant au Neuchâtel Xamax, l’international congolais réalise une saison de grande qualité, aux côtés de Moussa Konaté, au FC Sion. Avec quinze buts inscrits en championnat, Chadrac suscite les convoitises de nombreux clubs, dont Stuttgart en Bundesliga. « L’idée de découvrir la Bundesliga dans un club où le quotidien est proche de ce qu’il connaissait en Suisse a convaincu mon fils, précise Jean Akolo. Et puis, le coach de l’époque, Hannes Wolf, le voulait. » Dans le même temps, Chadrac devient international congolais alors que les démarches pour obtenir la nationalité suisse traînent en longueur.

Et alors que sa carrière semble pleinement lancée, Chadrac Akolo va finalement vivre une aventure mitigée en Allemagne. Après une première saison encourageante, l’intéressé va subir les changements d’entraîneurs et être relégué assez loin dans la hiérarchie à son poste. Sollicité par Amiens, Akolo a répondu favorablement à cet intérêt. « Chadrac a besoin de jouer, affirme son père. La L1 est idéale pour cela : le niveau est élevé et il n’y a pas de barrière de la langue. » « La présence de Gaël (Kakuta) et de Moussa (Konaté) a facilité un petit peu l’intégration, confie l’intéressé. Même s’il reste du travail, je qualifie nos débuts d’intéressants. On a les moyens de faire de belles choses cette saison. » 

Une nouvelle étape de plus dans la vie tout sauf ordinaire de Chadrac Akolo, aujourd’hui à la tête d’une fondation portant son nom venant en aide aux enfants orphelins vivant dans son pays natal. Preuve que l’intéressé n’a pas oublié d’où il venait. 

Source : France Football

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