Amiens SC : Luka Elsner cherche encore la bonne formule

Amiens SC

Après avoir démarré l’année civile en 3-4-3, Luka Elsner est revenu à un plus traditionnel 4-4-2 contre Reims, la semaine passée. Loin d’être couronné de succès, notamment au regard de la première période des Amiénois, ce pas en arrière en appelle-t-il un autre contre Brest, un match qui devrait en plus marquer le retour à la compétition de Gaël Kakuta ? Tentative de décryptage. 

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Sans Kakuta, pas de 4-2-3-1

« Mon schéma tactique idéal, qui colle le mieux à ce que je voudrais mettre en place au niveau du football, c’est le 4-3-3. » Interrogé par Onze Mondial sur son approche du jeu, Luka Elsner avait tenu ces propos en novembre dernier. Or, l’entraîneur de l’Amiens SC a rarement organisé son équipe de la sorte, si ce n’est en l’absence de Gaël Kakuta, en tout début de saison et lors des deux derniers matches de 2019. Le plus souvent, son équipe a effectivement été disposée en 4-2-3-1 avec le meneur de jeu de 28 ans au cœur du projet de jeu.

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Si cela a permis à l’Amiens SC de réaliser un début d’automne très prometteur, avec notamment le match nul contre Lyon (2-2) et le succès contre Marseille (3-1) au stade de la Licorne, c’est aussi dans ce schéma que le club picard a progressivement pris l’eau sur le plan défensif, comme l’atteste la correction subie contre Strasbourg (0-4) à la mi-novembre. De quoi amener Luka Elsner à chercher des solutions et à revenir de la trêve hivernale avec un nouveau dispositif en tête : le 3-4-3, malgré le faible nombre de défenseurs centraux à sa disposition (Dibassy, Calabresi, Chedjou, Lefort).

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Les apports et limites du 3-4-3

Dans ce schéma se transformant rapidement en 5-4-1 à la perte du ballon, l’Amiens SC a retrouvé un semblant de solidité défensive, malgré les quatre buts encaissés en trois matches et le clean-sheet miraculeux de Matthieu Dreyer à Rennes. « Quand on encaisse autant de buts que l’on a encaissés sur les deux derniers mois, il faut que l’on se pose des questions, affirmait Luka Elsner après le match de Coupe de France à Rennes. On avait utilisé ce système à Toulouse et il était intéressant sur la première mi-temps. C’est vrai que nous pourrions avoir tendance à utiliser ce système plus souvent. »

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Et même s’il n’était pas persuadé d’avoir « la possibilité d’enchaîner sur ce système constamment« , notamment avec les absences de Prince Gouano et Christophe Jallet, Luka Elsner a finalement renouvelé l’expérience sur trois matches successifs. Bilan des courses, Amiens a perdu à chaque fois (à l’issue de la séance de tirs au but à Rennes) pour un maigre bilan d’un seul but inscrit (face à Montpellier en championnat). Car si le 3-4-3 a l’avantage de cacher les lacunes défensives des latéraux amiénois, il n’a pas réglé le problème de l’animation offensive. Bien au contraire.

Souvent en infériorité numérique dans les trente derniers mètres adverses, Amiens a fait preuve d’une frilosité offensive consternante. Et si le calibre des clubs rencontrés était élevé, cela ne doit pas tout expliquer. Contre Lille, les Picards avaient même effectué une bonne première demi-heure de jeu, en imposant un pressing haut et une intensité très intéressante, mais là encore sans jamais se procurer la moindre occasion. Enfin, le positionnement de Gaël Kakuta, qui effectuera son retour contre Brest, pose question. Contre Toulouse, il avait été exilé sur l’aile droite. Une option viable sur le long terme ?

4-4-2 ou 4-3-3, des alternatives 

Une question qui se pose aussi en cas de recours au 4-4-2. Face à Lyon en septembre, c’est dans ce schéma que Luka Elsner avait décidé de démarrer la rencontre. Et même si l’opération n’aura duré que vingt minutes, suite à la sortie rapide sur blessure de Moussa Konaté, elle aura suffi pour constater que Gaël Kakuta dézonnait beaucoup, naturellement attiré par l’axe. Intéressants pour venir occuper l’intérieur et ainsi combiner dans les half spaces (les demi-espaces entre la zone médiane et les ailes), ces mouvements peuvent aussi poser problème à la perte du ballon.

D’autant que l’ancien Blues n’est pas réputé pour son repli défensif. Un potentiel problème qui pourrait vite devenir insoluble si l’autre couloir était animé par Steven Mendoza, (très) souvent avare en efforts. Reste enfin le 4-3-3, le schéma idoine de Luka Elsner, utilisé pour clore 2019 contre Rennes et le Paris Saint-Germain. Après avoir affirmé en début de saison qu’il disposait « d’un des meilleurs milieux de terrain du championnat« , l’entraîneur picard aurait ainsi l’occasion d’en aligner trois dès le coup d’envoi. Mais là encore, cela obligerait d’exiler Gaël Kakuta sur un côté.

Dès lors, le retour au 4-2-3-1 semble irrémédiable pour Luka Elsner. À moins que ce dernier n’innove une dernière fois en optant pour un 3-4-1-2, lui permettant d’aligner à la fois Konaté et Guirassy à la pointe de l’attaque, tout en maintenant Kakuta dans une position axiale et en conservant un socle défensif à trois éléments. « Je considère que les systèmes sont une annexe aux principes et à la vision de jeu. Il est beaucoup plus important d’avoir des principes forts, des automatismes, une méthode d’entraînement qui permet de répéter certains éléments pour que ça devienne une identité de jeu, relativise Elsner. Le système n’est pas la tactique. Un système de jeu est juste l’occupation des zones par les joueurs. »

Le problème est que l’identité de jeu demeure floue aujourd’hui à l’Amiens SC. Un temps porté vers l’avant, affichant une criante naïveté défensive, la formation de Luka Elsner est aujourd’hui recroquevillée sur son but, en manque de confiance et de repères. Reste à savoir quel schéma, quelle approche, quel discours et surtout quel match permettra de refaire pencher la balance du bon côté. 

Romain PECHON

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