Mathieu Bodmer

Pour sa troisième saison à l’Amiens SC, la dernière de son contrat le liant au club, Mathieu Bodmer assure continuer à prendre du plaisir malgré un temps de jeu limité. Entretien.

Mathieu Bodmer, après tout ce que vous avez connu, où trouvez-vous encore la motivation pour ne jouer que quelques minutes ?

Le plaisir. Je vais aller à Saint-Étienne, je vais prendre l’avion avec mes coéquipiers, je vais voir un stade que j’aime bien, je vais voir d’anciens coéquipiers, un coach que j’ai côtoyé. Demain, si je joue cinq ou dix minutes, j’essayerai de mettre un but, une passe. Repartir avec les trois points. Ce sera mon plaisir. Parce que j’ai la chance depuis vingt ans de faire de ma passion mon métier, en plus d’être payé pour ça. Le matin je me lève pour jouer au foot. Il n’y a pas mieux. Tant que je pourrai le faire je le ferai. Après, le temps de jeu, comme je l’ai dit au coach, ce sont ses choix. Moi je fais tout ce qu’il faut la semaine, et le week-end quand je rentre. Je pense que depuis le début j’ai joué une trentaine, quarantaine de minutes à peine, mais j’ai été performant, c’est l’objectif. Si c’est trois minutes, c’est trois minutes, s’il ne me fait pas jouer, il ne me fait pas jouer. C’est comme ça. Mais s’il ne me fait pas jouer, c’est parce que l’équipe est bonne aussi. Et ça sera bénéfique pour tout le monde, pour moi et pour le club. Parce que même si c’est ma dernière saison à l’Amiens SC, et qu’on fait une belle saison, je partirai ici avec trois saisons en Ligue 1 en ayant maintenu le club, et c’était l’objectif il y a trois ans quand je suis arrivé. Parce qu’à l’époque personne n’aurait mis un euro dessus. Je pense qu’aujourd’hui c’est la plus belle récompense pour moi et pour tous ceux qui y ont travaillé depuis leur arrivée il y a trois ans.

Il ne vous a pas échappé que depuis le début de saison, à chaque fois que vous entrez en jeu il se passe quelque chose…

Pas toujours, contre Angers par exemple. Je suis rentré et il y avait 1-0. C’est le rôle des remplaçants d’essayer de maintenir le score, soit d’ajouter un but, ou encore faire quelque chose pour changer la physionomie du match. Contre Marseille il y a pas que moi, il y a aussi Fousseni (Diabaté) qui est sur l’action par exemple. C’est important d’ avoir cet état d’esprit, c’est surtout ce qu’il faut retenir que ce soit moi ou un autre. Quand on est remplaçant, il n’y a pas de déception. On rentre, on fait le travail. En essayant de prouver au coach qu’on peut avoir un peu plus de temps de jeu, qu’il peut faire appel à nous pour les autres matches. Je pense que c’est comme cela que l’on arrivera à grappiller des points et monter au classement.

Aujourd’hui, le remplaçant a un rôle beaucoup plus important qu’il y a 20 ans quand il rentre sur le terrain…

L’avantage quand on est sur le banc, c’est qu’on voit le match. Voir un petit peu les failles de l’adversaire. Quand on rentre, l’équipe adverse est un peu fatiguée. On a vu ses points faibles. On sait où on peut appuyer, on peut faire la différence. C’est au coach aussi de faire les bons choix, de faire rentrer les bons joueurs, ceux qui peuvent apporter à ce moment-là. Cela dépend de la physionomie du match que l’on joue. En général ce sont des joueurs offensifs, donc on est là pour faire quelque chose.

Avez-vous envie de poursuivre à l’issue de cette saison ?

En tout cas je suis en fin de contrat ! Dans le foot on n’a aucune certitude. Après ce sera au coach et aux dirigeants de voir. S’ils veulent continuer l’aventure avec moi je suis ouvert. Comme je l’ai dit je prends beaucoup de plaisir ici, il y a une bonne dynamique, et le club a beaucoup grandi depuis trois ans. Il a beaucoup progressé au niveau des infrastructures, tout ce qui est en train de se faire est bien. Chez les jeunes aussi ça travaille bien. Après, le club choisira ce dont il a envie pour mon cas, et puis on verra plus tard. Ce n’est pas le plus important, le plus important aujourd’hui c’est de profiter des moments présents. De faire une bonne saison.

Ça vous plairait de rejoindre le centre de formation, dans quelques années ?

Je n’ai pas d’idée arrêtée aujourd’hui. La seule certitude c’est que je resterai dans le foot. Comme je l’ai dit tout à l’heure, je vis et je meurs pour le foot. Quand j’arrêterai, ce que je ferai après, c’est un autre souci. Dans le monde d’aujourd’hui, avec tous les matches à la télé, c’est plus simple de vivre du football. On peut même les voir en replay maintenant. A l’époque on les ratait, maintenant on peut les revoir.

Propos recueillis par Romain PECHON

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