Alors que l’Amiens SC vient tout juste de déposer un recours en référé devant le Conseil d’Etat, suite à la décision du tribunal administratif de Paris de ne pas statuer sur son recours initial, les conséquences d’une relégation en Ligue 2 pourraient s’avérer désastreuses pour le club picard et son environnement. Décryptage. 

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Une perte de « quarante millions d’euros » pour le club

En première ligne, le club subirait de plein fouet une rétrogradation, qui plus est à l’orée de l’entrée en vigueur du nouveau contrat de droits TV et dans le contexte de crise économique induit par la pandémie du Covid-19. « Sur le plan financier, le club perdrait quarante millions d’euros de revenus, estime Bernard Joannin. Nous devrons donc réduire drastiquement le budget. » Outre la masse salariale de l’équipe première, suite aux départs des joueurs disposant des plus gros salaires, le centre de formation pourrait être fortement impacté, avec un budget de fonctionnement divisé par deux.

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Employant entre 60 et 80 salariés, le club devra également procéder à des coupes dans ses effectifs. « Je ne veux laisser personne derrière, mais personne ne peut accomplir l’impossible. Je ne sais pas encore, mais je vais essayer de trouver des solutions pour tout le monde, promet le président de l’Amiens SC. Ce que je peux dire, en tant qu’actionnaire, c’est que je relèverai le défi et le club ne mourra pas ! » Pour éviter cela, Bernard Joannin a déjà lancé un appel aux partenaires, touchés par la crise financière induite par la pandémie du Covid-19. Dans le même temps, certains d’entre eux ont déjà été approchés par le RC Lens, fraîchement promu en Ligue 1…

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Une perte d’attractivité pour la métropole

Après avoir investi près de 17 millions d’euros dans la rénovation et l’embellissement des installations du club, à commencer par son stade, la métropole a décidé de monter au front suite à l’annonce de la relégation du club. Après avoir déposé son propre recours devant le tribunal administratif de Paris, Amiens Métropole va également suivre la procédure devant le Conseil d’Etat. Une stratégie justifiée par Alain Gest : « Si on a décidé de faire des investissements massifs, c’est parce que nous savions qu’en termes de renommée économique et de notoriété, ce que le club nous proposait était inégalable. Nous avons encore besoin de beaucoup de notoriété pour faire vivre notre ville et notre agglomération. On savait qu’il y aurait des retours derrière. On a donc une perte d’une partie de nos investissements. »

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« Pour la ville, ce sera d’abord un coût sur la notoriété. Le nom « Amiens » n’a jamais été autant entendu que depuis que le club est en Ligue 1, surenchérit Bernard Joannin. Cette relégation serait donc un vrai coup dur financier pour la ville. Prenez le stade également. Si on est relégués, le coût de la location (ndlr : par le club à la ville) baisse de moitié ! C’est pour ça que la municipalité se bat aussi. » Un sujet imbriqué dans la campagne municipale du second tour, programmé le 28 juin prochain et dont l’issue demeure encore très incertaine.

Une économie locale frappée de plein fouet

Outre les emplois directs et quotidiens, la présence d’Amiens en Ligue 1 débouche également sur un nombre important d’emplois indirects les soirs de match, aussi bien sur le plan de la sécurité, de l’hôtellerie ou de la restauration. « Pour chaque match, on employait plus de 300 personnes, assure Bernard Joannin. Il y a aussi les hôtels accueillant les supporters et les équipes adverses. L’aéroport d’Albert accueillait également les avions privés des autres équipes et le nôtre lorsqu’on jouait à l’extérieur. Cette descente aura des conséquences économiques pour la ville et les petits commerces. »

C’est donc pour toutes ces raisons, outre le principe d’équité sportive, que Bernard Joannin se bat contre la rétrogradation en Ligue 2 de son club. Dans une région aux ressources limitées et déjà affaiblie par la perte de statut de capitale régionale de la ville d’Amiens, la Ligue 1 représentait une véritable bouffée d’oxygène et une chance sur le plan économique pour bon nombre de secteurs d’activité. Or, tout ça a été balayé d’un revers de main par une décision prise par une dizaine de personnes, dans la précipitation et dans la foulée d’une annonce du Premier ministre qui suscite encore beaucoup de débats aujourd’hui.

La Rédaction

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