Amiens SC u19

Leaders de leur groupe et qualifiés pour les trente-deuxièmes de finale de coupe Gambardella, les U19 de l’Amiens SC réalisent jusqu’ici une excellente saison. De quoi faire la fierté de leur entraîneur, David Suarez. Entretien. 

David, le bilan est jusqu’ici très bon pour les U19 ?

On a su créer, dès la préparation, une bonne dynamique pour entamer le championnat. J’ai 25 joueurs qui peuvent prétendre à jouer avec certains qui basculent avec l’équipe réserve. C’est très intéressant de pouvoir jongler avec l’effectif et s’adapter à chaque match. Il y a des moments où j’ai plus d’expérience avec les 2001 qui ont une grosse puissance athlétique et peuvent faire la différence. Parfois j’ai des 2002 un peu plus complémentaires sur le terrain avec différentes armes. L’alliage des deux générations les tire vers le haut, sachant que notre but est de les amener le plus haut possible. Ils se sont créés une dynamique de victoires et deviennent challengers, compétiteurs. On est pointus sur la préparation du match et l’analyse de l’adversaire, sur ce que l’on demande au quotidien et chaque jour à l’entraînement. On fait de moins en moins rigoler quand on se présente sur les terrains et on est plus craints et respectés par tous. C’est très fort. Le tout en respectant les valeurs du club. On a vu les U17 qui ont remonté trois buts à Lens il y a quelques jours. Ce sont des signes très forts. On ne mesure pas encore ce que l’on est en train de faire, mais il faut se remémorer quelques années en arrière et le chemin parcouru jusqu’ici. Il faut continuer à travailler dans l’humilité comme on fait depuis le début. On a su faire face à différents contextes et c’est très formateur.

Même si ça vous ampute sur certains matches, c’est plaisant de voir des joueurs comme Darrell Tokpa ou Florian Bianchini en train de s’imposer en N3 ?

C’est le but ! C’est avec grand plaisir que les gamins avancent. Surtout, ce sont des gamins de club. Ils ne sont pas cantonnés à une équipe. Ce n’est pas un projet d’équipe mais de club. Le gamin sait qu’à partir du moment où il est à l’Amiens SC et aligné dans une équipe, il doit performer et tirer le maximum de son potentiel. C’est ce qu’il faut retenir sur l’état d’esprit de ces jeunes. Bien sûr, je suis très content pour eux quand ils sont en haut. Et j’espère qu’il y en aura le plus possible qui arriveront encore plus haut parce que c’est le but ultime de la formation. Après, c’est une émulation, une dynamique de groupe, de club qui fait que chacun avance à sa vitesse, et quand on a des résultats comme ça, ça permet de garder la dynamique. Avec la Gambardella qui est réservée aux 2002-2003 c’est très intéressant à manager et gérer. Pour l’instant, on le fait très bien. Il faut continuer.

Avec du recul, vous attendiez-vous à jouer des coudes avec Paris et Le Havre et même être devant eux ?

On est compétiteurs, et avec la base faite l’an dernier cumulée avec les générations que l’on a et qui profitent du très bon travail du centre depuis deux ans, je ne suis pas étonné. Ça travaille bien, ça dégage de la force, on ne les lâche pas. C’est le fruit du travail qui est mis en place depuis quelques années. Cette génération 2001-2002-2003, ce sera le repère de ce projet. Aujourd’hui, il y a différents projets dans les différents centres que l’on rencontre. Paris aligne ses meilleurs U19. Sur la durée, ce sera très compliqué de lutter face à eux mais sur ce que l’on dégage en termes d’esprit d’équipe, il va falloir assumer la place de leader. C’est très formateur pour ces jeunes de devoir assumer ça parce que le haut niveau c’est la compétition. On parle beaucoup de formation mais les deux sont associés. Je ne parle pas de pression mais leur faire comprendre qu’il y a des comportements qui sont attendus, la gestion des émotions et la lucidité à avoir. Au Havre, on savait qu’on n’allait pas beaucoup avoir le ballon mais il allait falloir faire mal quand on l’avait, c’est ce que l’on a fait. Ils ne sont pas là pour avoir la pression. C’est leur indiquer les bonnes émotions. On a fait un non-match contre Caen (ndlr : défaite 6-0), on a été de suite sanctionné. A partir du moment où l’on n’a pas les bons comportements et les bonnes attitudes, on est sanctionnés. Pour l’instant, je n’ai rien à leur reprocher, et on a le droit de passer à travers, ça arrive. C’était un accident.

Quel serait votre match référence, si vous deviez en dégager un ?

J’ai bien aimé les matches contre Paris (1-1), Lille et Lens. Il y a aussi celui au Havre (2-2), en championnat, où l’on revient à la 93è. Il y a des signaux forts, mais en match à dégager, ce serait celui de Lille (ndlr : victoire 1-0 à Lille) parce que, même s’ils n’avaient pas leur équipe-type, c’est être capable de rivaliser avec des centres comme ça. En respectant les consignes et avec une efficacité très intéressante. Lille et Lens (ndlr : victoire 4-1 à Lens), ce n’est pas anodin de battre ces clubs-là. C’est un message fort. On était un peu plus rajeunis sur ces deux matches, on a envoyé des signaux forts, mais ça ne veut pas dire que l’on est arrivés, loin de là.

Désormais, il faut confirmer et ne pas se relâcher ?

Exactement. Dans tout ce qui est mis au quotidien, il faut continuer, que ce soit à l’entraînement, dans la formation du joueur, les retours vidéo, la préparation athlétique, la musculation, les soins, le projet socio-éducatif avec les 2002 qui doivent passer le bac et doivent le mettre en objectif prioritaire dans leur construction. Cela nous tient à cœur. Je peux être premier du championnat, mais si, à un moment donné, le gamin n’est pas aligné dans son projet sportif et scolaire, il ira faire des heures en étude pour avoir son bac pour pouvoir s’entraîner avec le groupe du matin l’année d’après. On reste alignés dans ce que l’on propose, on corrige, on évalue et on avance. Je ne suis pas tout seul à manœuvrer cette génération, il faut insister là-dessus. C’est vraiment la progression d’un staff complet. Dans le staff, je mets tout le personnel du centre de formation. C’est une unité sans faille.

Est-ce que protéger la première place devient un objectif au fil des semaines ?

C’est un fil rouge. Je leur ai demandé face à Lille de voir s’ils étaient capables d’assumer une place de leader et ça s’est bien passé. On est allés à Evreux en étant attendus, on a assumé notre statut. C’est un levier motivationnel très intéressant. Ça leur appartient de mettre les bons comportements. Je dois les corriger, les évaluer et faire ressortir leurs qualités, après c’est à eux de défendre cette première place qui est prisée, même si on ne met pas tout en oeuvre pour être premier. Ce sont les objectifs de comportement qui font que l’on y arrive. Je ne parle pas de place mais plus d’attitudes.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Le meilleur souvenir sportif 2019 de David Suarez

« Je dirais la victoire en Gambardella contre Le Havre parce que j’ai pris énormément de plaisir avec le staff à voir les gamins préparer du lundi au dimanche leur victoire. On a eu un message fort d’un 2002 qui n’a pas encore la possibilité d’être qualifié et qui a eu des mots très touchants, et ça a été un levier pour ma causerie. La victoire elle est là. Toute cette victoire dénote d’un état d’esprit et de l’amour qu’il y a entre les joueurs, le staff dans ce centre de formation. J’ai vraiment pris énormément de plaisir. »

Le vœu de David Suarez pour 2020

« Que l’on aille chercher des objectifs encore plus haut, que l’on continue à avancer sur la formation pour voir des joueurs grappiller des minutes de jeu et des entraînements avec l’équipe professionnelle. C’est le Graal de pouvoir amener des joueurs prêts avec un sac à dos bien rempli. Le souhait, c’est que les joueurs le comprennent et mettent en place toutes les choses pour y arriver parce que le niveau Ligue 1 est tellement exigeant que l’on veut les accompagner vers ça et vers leur projet de vie aussi. Mon souhait, c’est l’accomplissement des gamins. Ensuite, il y a le maintien en Ligue 1 parce qu’on est liés à l’équipe première. On est en train d’avancer et il faut continuer en 2020. »

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