Amiens, « un des 12 à 15 clubs de L1 assez anonymes »


Chaque semaine, nous allons prendre la température du côté de l’adversaire de l’Amiens SC. Cette semaine, c’est Philippe Goguet, fondateur de Culture PSG, qui a répondu à nos questions avant un match jugé comme anodin pour le champion de France en titre. Entretien.

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En championnat, Paris est intouchable depuis le début de saison. Comment expliquez-vous cela ?

L’ écart était déjà énorme l’an passé alors que le PSG s’est arrêté de jouer pratiquement à la mi-mars. Neymar et Mbappé sont beaucoup trop forts pour ce championnat, il suffit qu’ils accélèrent un peu et le match est gagné. De plus, Paris a joué assez peu de bonnes équipes au final. Du top 5 actuel, Paris n’a joué que Saint-Etienne par exemple, et à la maison qui plus est. On a été un peu bousculé une mi-temps mais aucune équipe n’a tenu plus de 60 minutes face à ce PSG.

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Cette défaite à Liverpool est finalement le seul accroc depuis le début de la saison…

Seule défaite au tableau d’affichage mais il y a eu au final assez peu de matches vraiment réussis de bout en bout. Je n’en vois même que quatre, à savoir le Trophée des Champions, l’excellent Nice/PSG, PSG/Reims et PSG/Etoile Rouge. Le reste du temps, Paris a souvent gagné en ne dominant  réellement qu’une mi-temps, par exemple contre Saint-Etienne ou à Guingamp. A Nîmes, c’est même un petit hold-up.

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La méthode Tuchel semble avoir rapidement été intégrée par les joueurs. Quelle(s) différence(s) majeure(s) notez-vous avec son prédécesseur Unaï Emery ?

La flexibilité tactique, ce qui se manifeste par de très nombreux changements de système en cours de match, et l’ouverture du onze de départ à d’autres joueurs, notamment des jeunes. Emery avait offert pas mal de temps de jeu à des jeunes mais il a été ensuite un peu prisonnier des statuts. Tuchel s’en préoccupe beaucoup moins et ça marche plutôt bien.

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Un an après son arrivée au PSG et sa présentation en amont de la rencontre PSG-Amiens, quel bilan tirez-vous du transfert de Neymar ?

C’est paradoxalement assez mitigé. En L1, on va faire simple, il est trop fort, il y a des rumeurs récurrentes comme quoi il trouve le championnat trop faible et on ne peut pas lui donner tort. En Europe, on reste un peu sur notre faim encore. Il a fait des performances énormes contre des « petites » équipes mais n’a pas spécialement brillé contre les gros. Sa vraie réussite, c’est PSG/Bayern, soit son premier grand choc avec le PSG. Bref, à l’échelle européenne, on attend un peu mieux vu qu’il n’est pas venu pour gagner la L1. J’attends aussi plus en termes de leadership. Et les rumeurs autour de lui sont aussi un peu fatigantes.

Le duo qu’il forme aujourd’hui avec Mbappé est clairement le principal atout du PSG…

Forcément. Les deux se trouvent très bien, ils se cherchent régulièrement voire tout le temps et dès qu’ils ont de l’espace, c’est un duo absolument mortel comme l’OL a pu le constater. Cela reste toutefois à confirmer quand ils en auront moins, notamment Mbappé qui n’est pas forcément très à l’aise dans ce genre de situations en général. Mais Tuchel semble en tout cas vouloir les rapprocher l’un de l’autre sur le terrain.

D’après-vous, Cavani peut-il être la victime collatérale de ce duo ?

Oui et non. Il en est victime car Neymar et Mbappé aiment jouer ensemble alors que Cavani n’est pas un joueur qui va participer au jeu, loin de là-même. Cavani est un pur finisseur. Les passes, les remises, ce n’est pas vraiment son truc, surtout par rapport aux deux autres. Ce qui pourrait surtout coûter sa place à Cavani, c’est le niveau du reste de l’effectif. Pour aligner trois attaquants aussi forts ensemble, il faut que le reste de l’équipe tienne la route défensivement. Or, Liverpool a montré que le PSG ne peut pas défendre à 7 joueurs de champ à l’extérieur, ce n’est pas viable. Et si c’est l’un des trois de devant doit sortir, ce sera lui.

Quel regard porte-t-on sur Amiens, qui avait lancé la saison du PSG en championnat l’an dernier et qui avait réussi à accrocher le PSG à la Licorne début mai ?

Celui d’un des 12 à 15 clubs de L1 qui va se battre pour le maintien, ni plus ni moins. Les matches du PSG à partir de la mi-mars, cela ne valait pas grand-chose, le seul qui a été réellement joué, c’est celui contre Monaco pour acter le sacre et ça a été une boucherie (7-1). Le nul à Amiens, c’est comme celui à Saint-Etienne (1-1), à Caen (0-0) ou même la défaite contre Rennes (0-2), des parties pas vraiment considérées ni jouées par des joueurs qui pensaient déjà tous à la Coupe du Monde.

L’arrivée de Ganso à Amiens, un temps annoncé au PSG au début de l’ère qatarie et ami de Neymar dans la vie, a-t-elle fait parler un peu du club picard dans la capitale ?

Vite fait, les amateurs de football ont un peu suivi ses premiers pas mais ça reste assez marginal.

A trois jours d’un match de Ligue des Champions contre Naples, ce PSG-Amiens intéresse-t-il réellement les Parisiens ?

Pas vraiment. La trêve internationale qui a eu lieu juste avant n’aide pas non plus d’ailleurs. Dans les questions d’après-match, on sait déjà qu’il sera plus question de Naples que d’Amiens. A vrai dire, hors gros match, les noms des adversaires du PSG intéressent assez peu les fans ou les journalistes. C’est X, Y ou Z, un des 12 à 15 clubs de L1 assez anonymes évoqués précédemment qui viendra au Parc pour défendre et tenir le plus longtemps possible.

Juste après la trêve internationale et donc à trois jours d’un match de Ligue des Champions, Amiens ne dispose-t-il pas de la fenêtre de tir idéale pour mettre fin à la série de victoires du PSG ? 

C’est théoriquement le meilleur moment et Saint-Etienne l’avait prouvé à la mi-septembre avec une très bonne première heure de jeu avant de baisser de pied et de lâcher mentalement suite à un deuxième but arrivé trop vite et de façon inattendue. Après, faut être honnête, si le PSG est concentré, il y a peu de suspense quant à l’issue des matches.

Un pronostic ?

Comme l’an passé, 2-0.

Propos recueillis par Romain PECHON

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