Privé de retrouvailles avec l’Amiens SC (b) lors de son départ pour l’AC Amiens, Arnaud Binet n’avait pu croiser son ancien club qu’à une seule reprise l’année dernière, crise sanitaire oblige. Cette saison, c’est une nouvelle fois un contexte particulier qui attend le défenseur central puisque les deux équipes s’affronteront à huis clos, ce dimanche. Pas de quoi diminuer pour autant sa motivation. Entretien.

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Quel est votre sentiment sur le premier match de la saison disputé par l’AC Amiens ?

Il ne s’est pas déroulé comme espéré. On savait qu’on allait tomber contre une réserve pro qui a de très bons jeunes et que ça allait très bien jouer au ballon. Ce qui est frustrant ce que l’on n’est pas énormément mis en danger sur le match mais on ne les a pas mis en danger du tout. A force de leur laisser le ballon et ne pas jouer notre jeu, ça leur a laissé des occasions. On concède deux penalties frustrants mais c’est mérité. On n’a pas eu d’occasion franche du match.

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Vous n’avez pas existé offensivement…

C’est ça, on n’a vraiment pas existé et c’est dommage parce que je pense qu’il y avait des coups à jouer sur certaines situations. C’est à travailler. Ce n’était que le premier de la saison, il ne faut pas tirer la sonnette d’alarme tout de suite mais ce sont des enseignements à prendre en compte très rapidement pour prendre le bon wagon et ne pas faire le même début que l’an dernier.

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C’est déjà un premier avertissement…

On sait que dans ce championnat ça va vite, les équipes qui prennent le bon wagon sont très dures à rattraper, on l’a vu avec Saint-Quentin il y a deux ans. Il faut tout de suite tenter d’accrocher ce wagon même s’il ne faut pas tirer la sonnette d’alarme non plus. Il y a des choses à prendre en compte pour continuer à travailler.

Est-ce que vous vous sentez déjà sous pression à l’approche de ce deuxième match ?

Non, ce serait beaucoup trop tôt. Si on se retrouve sous pression à cause d’une défaite lors de la première journée, on n’arrivera à rien. Elle met en alerte, elle fait prendre conscience que rien ne sera facile. On a vu l’an dernier que quand on commence mal, c’est très difficile d’exister. Elle ne met pas sous pression parce qu’on a un match super intéressant à jouer. Si on joue ce genre de match avec la pression, ce n’est pas la peine. On a pris conscience qu’on n’a pas été bons, que l’on a déjoué mais ça n’amène pas une pression de résultat obligatoire, mais c’est clair et net que l’on va jouer ce match pour le gagner. On doit être assez sereins dans la tête pour se rendre compte de ce que l’on a bien fait et moins bien fait.

C’est un match particulier à plus d’un titre pour vous…

Bien sûr, c’est toujours particulier de jouer contre son club formateur. Maintenant, avec les années qui passent et les générations qui se décalent, on connaît de moins en moins de joueurs. C’est toujours sympa de jouer contre un club que tu connais, ça a une saveur particulière, parce qu’on est énormément dans l’équipe à avoir déjà porté le maillot de l’ASC. Avant tout, on ne va pas là-bas pour jouer contre notre ancien club mais pour représenter l’AC Amiens. On fera tout pour aller chercher les trois points.

Dans quel état d’esprit étiez-vous quand vous aviez appris votre suspension lors des deux affrontements que vous auriez pu disputer durant votre première saison à l’AC Amiens ?

Quand j’arrive à l’AC Amiens, je sais que je suis suspendu à cause de mes cartons de la saison d’avant. Honnêtement, je ne pensais pas qu’ils nous mettraient un derby à la première journée cette année-là. Mon premier sentiment quand j’ai vu que si, c’était le dégoût. C’était un des matches que j’avais coché ! Au final, je me suis dit qu’il y aurait plein de matches, qu’il y aurait un match retour et que ce n’était qu’un rendez-vous décalé. Mais la saison a fait que j’étais suspendu au retour aussi mais je l’ai moins pris à coeur parce que c’était l’avant-dernier match. J’avais fait la saison et j’étais vraiment devenu un joueur de l’ACA à part entière et je n’étais plus un ex de l’Amiens SC. J’ai joué le seul derby de l’an dernier, et c’était un match comme je l’attendais avec pas mal d’engouement et de supporters. C’est spécial, forcément, mais il y avait moins cet aspect d’être LE match. Oui, on jouait l’ASC, c’était un peu plus spécial parce que c’est un derby, on va pas se mentir, mais ça reste aussi un match comme les autres qu’il faut gagner. Malheureusement, le contexte fait qu’il n’y aura personne ce week-end. Ce sont des matches plaisants à jouer et c’est pour ça, pour ces matches que je joue au foot aussi.

Le huis clos va changer beaucoup de choses au niveau de l’atmosphère du match…

Les gens sur Amiens parlent de ce match, ça ramène du monde donc c’est forcément plus sympathique de jouer devant des supporters, mais au vu de la situation actuelle, je comprends que l’ASC n’ait pas envie de contaminer ses joueurs. Le seul truc que je ne comprends pas trop, c’est comment il peut y avoir des supporters à La Licorne mais ne rien mettre en place pour qu’il y ait un peu de monde à La Licorne B pour le derby. C’est le point d’interrogation que j’ai là-dessus. Maintenant, c’est leur décision, c’est comme ça, on va se concentrer sur le match de dimanche et je ne fais pas faire des réflexions sur cette décision. C’est leur club, leur sécurité au niveau sanitaire.

Vous allez aborder ce match avec l’envie de laver l’affront du week-end dernier plus que dans l’optique de battre l’Amiens SC…

C’est exactement ça. Ça aurait été Amiens ou n’importe quel autre club, on aurait eu le même état d’esprit de rachat. On veut montrer que l’on a fait une bonne préparation et que l’on veut mettre ça en oeuvre en championnat. On a à coeur de se rattraper de Lille. Ce qui prime, c’est le collectif, on doit tous tirer dans le même sens pour faire quelque chose de bien cette année.

Les effectifs ont beaucoup changé, notamment au niveau de l’Amiens SC (b), et il n’y a plus beaucoup de monde que vous connaissez…

Ceux qui restent et que je connais étaient U17 à l’époque, comme Mathieu Rongier avec qui je m’entends très bien. Ça fait plaisir de voir que ces jeunes arrivent à passer quelques caps et à jouer en réserve, voire, pour certains en pro. C’est une bonne chose pour le club et les joueurs. Sinon, de ma génération, il n’y a plus personne.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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