Arnaud Binet (AC Amiens) : « On a la tête au fond du seau »

AC Amiens Arnaud Binet Gauthier Banaziak

De nouveau défait par Maubeuge (0-2), l’AC Amiens s’est enfoncé encore un peu plus dans la difficulté et reste bon dernier du National 3. Une situation extrêmement compliquée pour son défenseur central, Arnaud Binet. Entretien.

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C’est un match assez incompréhensible…

C’est très compliqué. Je pense qu’on a la tête au fond du seau. Ce n’est jamais bon de parler à chaud, il vaut mieux rentrer à la maison, se faire tout petit et retourner au travail, mais c’est vrai que c’est compliqué dans les têtes.

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Parce que c’est une rechute…

Bien sûr. De toute façon, le coach l’avait dit, on était très loin d’être guéris, la preuve avec ce match. Dans la vie, on a que ce que l’on mérite et ce n’est pas un hasard si on en est là. Il manque quelque chose. Quoi ? Ce n’est pas à moi de le dire. Dans la situation où l’on est, il manque forcément des choses.

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Comme du caractère ?

Du caractère, du travail, de la révolte, de l’amour propre… Tout ce qui fait que même si on a le droit d’être moins bon, ça doit passer par quelque chose de mental. On n’a pas ça.

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C’est désormais six défaites…

Ca fait beaucoup trop. Maintenant, les faits sont là, on ne rejouera pas les matches. Il faut s’appuyer dessus. A chaque fois on se dit que l’on se sent prêt et finalement on est encore dans le trou.

On a l’impression que vous n’allez jamais vous en sortir…

On a le sentiment qu’on est dans un trou et qu’on ne va jamais s’en relever. Pourtant, on a senti du mieux. Il ne faut pas tout tirer au négatif, même si à chaud, c’est compliqué de trouver du positif dans tout ça. On ne doit pas tout jeter. On fait des efforts à l’entraînement. Est-ce que c’est assez ? Sans doute pas, vu que l’on ne gagne pas. On essaye, on tente, le coach aussi. Il cherche la bonne formule mais nos résultats font que ce n’est pas encore ça. Ce sont nous les acteurs sur le terrain, nous ne prenons pas nos responsabilités et ça fait six matches qu’on perd pied totalement.

Le coach parle d’une peur qui tétanise. La ressentez-vous ?

Je ne pense pas qu’elle nous tétanise. Depuis le début de saison, il a été très pédagogue avec nous, il ne nous a jamais enfoncé, il a toujours essayé de nous aider. Il a même été très gentil au vu de nos résultats. Il essaye de nous sortir de là comme il peut, parce que c’est compliqué aussi pour lui. On est onze sur le terrain et il est tout seul. On ne joue pas avec la peur. On reçoit Maubeuge, je ne vois pas comment on pourrait avoir peur, ce n’est pas le PSG en seizième de coupe de France ! Ce n’est que du football, du National 3. Si on a peur, il faut que l’on arrête. Il y a assez de joueurs d’expérience dans l’équipe pour savoir gérer ce genre de choses. La situation est très difficilement explicable en une phrase.

Le mot relégation commence à se faire entendre après seulement deux mois de compétition…

Il ne faut pas se cacher, prendre les choses comme elles sont. Après six matches, on a zéro points, à un moment donné… Tu es dernier, au fond du trou, tu ne peux pas parler de montée ou de ventre mou. Il va falloir sortir ses bijoux de famille, se sortir les doigts et aller à la guerre. Il ne faut pas se voiler la face. On est derniers, on a des résultats catastrophiques, si on n’a pas l’état d’esprit pour jouer le maintien, ce qui nous pend au nez, c’est la descente en R1 !

Il faut donc se mettre en mode maintien…

Ce n’est pas ce match qui nous fait avoir ce déclic. Quand on démarre avec trois défaites, il faut commencer à réfléchir et se dire qu’il faut partir en guerre tous ensemble. On en est à six maintenant, la sonnette d’alarme est tirée et plus que tirée.

Dans ce contexte, quelle importance donner à la coupe de France ?

Pour l’instant, on va dire qu’elle nous a mis dans une autre bulle. Elle nous a peut-être maintenu mentalement parce que des victoires, ça fait du bien. Certes, il y a eu deux Districts de battus, où on a l’impression qu’on a plus fait le boulot qu’autre chose, mais la victoire contre Vimy a fait du bien. Pas jusqu’à se sentir soigné, mais elle a fait du bien. Cette coupe de France nous maintient peut-être en vie. On ne s’en fout pas. C’est une autre compétition qu’il faut prendre aussi. C’est quelque chose qui nous fait avoir le rythme également. Elle nous fait jouer.

Propos recueillis par Romain PECHON

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