Amiens SC – OM : le 27 janvier 1996, Quand l’Amiens SC fit trembler l’OM !

Avant chaque match de l’Amiens SC, le 11 Amiénois vous propose de revivre un affrontement marquant entre le club picard et son adversaire. Cette semaine, nous évoquons le ASC-OM, match retour du championnat de Division 2 de la saison 1995-1996.

Le contexte :

Dans sa longue histoire, l’Amiens SC n’a que rarement existé face à l’OM. Si les deux clubs n’ont que peu eu l’occasion de croiser le fer, il faut remonter à 1928 pour trouver la dernière victoire d’Amiens (sous l’appellation Amiens Athlétic Club). C’était en huitième de finale de Coupe de France et l’AAC s’était imposé au stade de la rue Louis Thuillier – rebaptisé en 1931 stade Moulonguet – le 19 février 1928 par 3 buts à 2. Cette rencontre était un match à rejouer du huitième de finale initial, qui s’était terminé sur un nul 4-4 à l’issue de la prolongation. À l’époque, cette dernière n’était pas encore suivie de la séance des tirs-au-but.

Affaire VA-OM : le purgatoire après le firmament

Si le club picard a de nouveau croisé l’OM en 32ème de finale de Coupe de France le 14/01/1951 (victoire à domicile 2-0 pour les Olympiens), il aura fallu attendre la fin du 20ème siècle et la saison 1994-1995 de Division 2 pour que les deux clubs s’affrontent enfin en championnat. En effet, seulement 3 ans après avoir décroché la première Ligue des Champions de l’histoire du football français, l’OM devait payer ses déboires dans l’affaire VA-OM et était rétrogradé à l’échelon inférieur. Avec notamment deux victoires face à l’ASC – dont un cinglant 5-0 au Vélodrome, l’Olympique de Marseille remportait la compétition et s’apprêtait à retrouver l’élite du football français. Mais de nouveau sanctionné par les instances du football hexagonal, l’OM était une seconde fois rétrogradé sur tapis vert et repartait ainsi pour une seconde parenthèse dans l’antichambre de la Division 1.

Des objectifs diamétralement opposés

Après une nouvelle défaite au Vélodrome à l’aller, cette fois-ci plus honorable que la précédente (0-2) pour l’ASC, les Samariens reçoivent un Olympique de Marseille moins en verve que la saison passée avec déjà 6 défaites au compteur. Les marseillais ont presque l’obligation de s’imposer pour rester dans la course à l’accession. Mais son adversaire du soir a aussi besoin de points après un début de saison très décevant et 13 défaites sur la phase aller. Les Amiénois voient le spectre de la relégation se rapprocher dangereusement et se conteraient bien de décrocher ne serait-ce qu’un point face à un adversaire de prestige, qui fait toujours recette aux quatre coins de la France. Le stade Moulonguet étant en ce froid glacial de janvier, à guichet fermé.

Les équipes :

Amiens SC : Poil – Viseux, Raymond, Richard, Costa (Démoulin, 67e), Rosset, Hamou-Mamar, Gerez, Adjali, Chagnaud, Lokuli.

Arnaud Dos Santos a laissé le temps d’une rencontre ses préceptes de football offensif en alignant pas moins de 7 défenseurs de métier au coup d’envoi. Sa tactique est simple, tenter de contenir les velléités adverses et en l’absence de son buteur Olivier Pickeu de laisser au seul trio Adjali-Chagnaud-Lokuli le soin d’inquiéter Jérôme Alonzo, le portier Olympien.

Olympique de Marseille : Alonzo – Casoni, Hernandez, Jambay, Marquet, Dib, Echouafni, Ferrer, Durand, Libbra (Ferreri, 74e), Cascarino.

Evidemment amputé de la plupart de ses Champions d’Europe, l’Olympique de Marseille peut tout de même s’appuyer sur des joueurs locaux (Casoni, Dib, Marquet, Libbra) qui pourraient aisément évoluer à l’échelon supérieur. En attaque, Tony Cascarino, le meilleur buteur de Division 2 la saison passée demeure la principale arme offensive de l’OM.

Le match :

Si cette rencontre avait eu lieu aujourd’hui, elle aurait sans doute rapidement été interrompue et ce définitivement. En effet, alors que le coup d’envoi avait à peine retenti, Raymond Lokuli s’écroulait au pied de la tribune des Ultras marseillais après qu’un pétard ne lui éclate dans les mains pendant qu’il tentait de l’éloigner de la pelouse. Mais après cinq minutes de palabres, les officiels décidaient de la poursuite du jeu, l’intrépide attaquant congolais pouvant reprendre.

Un nouveau pétard marseillais et l’OM est déjà devant

Plus de peur que de mal et la bataille de rue pouvait se poursuivre. Car les hommes d’Arnaud Dos Santos, à l’image de sa composition ultra défensive, se sont mis au diapason de l’intensité proposée par l’OM et le match n’est qu’une succession de fautes. Mais sur un de leurs coups francs, pourtant excentré sur le coté gauche de la surface, les Olympiens sont montés en nombre et c’est le stoppeur Jean-François Hernandez qui était le plus prompt à reprendre le ballon, le catapultant sous la barre du but de Philippe Poil (17e).

La parade d’Alonzo, le tournant du match

Amiens, timoré, inquiète rarement Alonzo. En revanche, Cascarino et Libbra mettent le feu de l’autre coté et à la mi-temps, l’Olympique de Marseille est logiquement devant au tableau d’affichage. La seconde période repart sur le même tempo et les occasions se succèdent pour l’OM qui défend bien et joue en contre. À l’heure de jeu, les Amiénois sortent enfin de leur torpeur et sur un une-deux entre Adjali et Lokuli, ce dernier lance Benoit Chagnaud qui s’offre un face à face avec le dernier rempart phocéen. Mais bien qu’il eut la possibilité de le dribbler, le compère habituel d’Olivier Pickeu manquait son duel avec Jérôme Alonzo, ce dernier dégageant le cuir d’un réflexe du pied gauche.

Olivier Echouafni double la mise

L’ASC pouvait s’en mordre les doigts car l’OM finit par doubler la mise. Sur une récupération de Marcel Dib qui passait à Olivier Echouafni pourtant entouré de 5 joueurs picards dans le rond central, le milieu phocéen mystifiait tout le monde d’un coup de rein dévastateur pour se présenter face à Philippe Poil qui ratait sa sorti. Plus prompt que Jean-François Richard, celui qui sera un jour le coach de son adversaire du soir doublait la mise et douchait les derniers espoirs amiénois.

Lakhdar Adjali marque et l’ASC met le feu

Mais c’était sans compter sur la capacité de révolte des Amiénois qui se ruaient à l’attaque, n’ayant plus rien à perdre. Sur un débordement de Raymond Lokuli qui se débarrassait de son vis-à-vis et centrait vers le point de pénalty, c’est le meneur de jeu algérien de l’ASC qui permettait enfin à son équipe de marquer face à l’OM. Amiens avait enfin trouvé la clé du coffre fort et s’offrait une fin de rencontre haletante. Les Marseillais allaient littéralement prendre l’eau pendant le dernier quart d’heure et il ne fallut que d’un cheveu, ou plutôt d’un poteau, pour que Christophe Raymond ne parvint à faire chavirer Moulonguet de bonheur. Score final 1-2, Amiens s’était réveillé trop tard et l’OM était finalement bien heureux de repartir de Picardie avec les 3 points de la victoire.

Cédric QUIGNON

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