Aurélien Chedjou (Amiens SC) : « Il ne faut pas que l’on tombe dans la peur »


Alors que la pression est importante au moment de disputer le match en retard contre Reims, initialement prévu début décembre, Aurélien Chedjou reconnaît que le doute à un peu gagné les rangs amiénois. Entretien.

La suite après cette publicité

Aurélien Chedjou, comment faire pour ne pas tomber dans la sinistrose durant cette période difficile ?

Il faut faire le dos rond, profil bas, travailler. On a la chance d’avoir un très bon groupe ici. J’ai rarement vu un groupe qui vit aussi bien. Ce n’est pas que l’on s’en fout, parce qu’on a juste notre paie, mais malgré les défaites, je peux dire que le groupe vit bien. C’est vrai qu’il y a des petites prises de bec, mais c’est pour que le groupe avance. On se dit les choses comme il faut se les dire, on est des professionnels, on veut avancer. Il ne faut pas que l’on tombe dans la peur des matches, la peur d’avoir le ballon dans les pieds. On fait ce métier aussi pour vivre ce genre de moments et, à la fin, quand on sera maintenus, on va vraiment se réjouir d’avoir sauvé le club. Il ne faut pas avoir peur, et je ne pense pas qu’il y ait un seul joueur dans le vestiaire qui ait peur d’avoir le ballon ou d’être dans le onze entrant pour pouvoir montrer ce qu’il sait faire. Je fais confiance à mes coéquipiers, on a un très bon staff technique qui nous fait confiance, et j’espère, j’en suis même certain, que la roue tournera. Dans ce cas, il faut juste continuer à travailler, se dire que des jours meilleurs viendront et, si je me rappelle bien, j’avais dit que des jours moins bons arriveraient, on y est. Je suis certain que l’on a la qualité pour pouvoir être là où il faut que l’on soit. Maintenant, ça passe par le travail, l’abnégation, il faut que l’on force la décision et je suis certain que ça le fera.

La suite après cette publicité

Comment expliquez-vous les deux visages qu’Amiens peut avoir au cours d’une même rencontre ?

Peut-être qu’inconsciemment, on a peur de se faire rattraper au score et ne pas être à l’abri d’un 2-1 comme on a pu le vivre contre Montpellier. Il faut que ce sentiment puisse disparaître. Quand on est devant au score, il faudrait que l’on puisse aller de l’avant, que l’on essaye de défendre en avançant. Une fois encore, j’ai cette impression, je ne sais pas si elle est bonne, que quand on mène au score, on a peur. C’est un peu comme un enfant qui a son jouet et qui a peur que l’on lui prenne. Il faudrait que ce sentiment disparaisse et que l’on ait confiance en nous. C’est-à-dire que quand on est devant au score, que l’on puisse toujours aller de l’avant pour chercher ce but qui mettra vraiment la tête de l’adversaire sous l’eau. C’est la seule explication que je peux avoir.

La suite après cette publicité

C’est un verrou mental à faire sauter ?

C’est possible, oui. Après, quand il y a l’addition de mauvais résultats, inconsciemment vous voulez tellement bien faire que parfois le ballon brûle les pieds, ou alors on se dit que le copain à côté va faire les efforts et il ne les fait pas, on se dit que c’est mieux de reculer dans notre surface alors qu’il faudrait avancer. Il y a beaucoup de questions que l’on se pose et il faudrait que ça se disparaisse le plus tôt possible pour que l’on joue comme on l’a fait en début de saison pour pouvoir additionner les points, donner du fil à retordre à nos adversaires, tout simplement. A nous de prendre le jeu pour pouvoir montrer ce que l’on a fait en début de saison et Dieu merci, le coach est là pour nous rappeler tout le temps que l’on a eu une belle période et il faut que l’on s’appuie dessus pour aller de l’avant. Par exemple, il faut que l’on s’appuie sur la première période faite contre Montpellier, mais un match dure 90 minutes et non 45.

La suite après cette publicité

Quel rôle jouez-vous dans cette période actuelle ?

Que ce soit moi, Christophe Jallet, Mathieu Bodmer ou même Bakaye Dibassy, aujourd’hui, on a besoin de tout le monde. Même les jeunes qui veulent parler peuvent le faire. Ce n’est pas parce qu’un a 34 ou 36 ans qu’il doit parler plus qu’un autre. Si un jeune doit parler parce que c’est pour le bien de l’équipe, il peut le faire, on le sait dans le vestiaire. Maintenant, c’est naturel chez moi de parler, que ce soit avant les échauffements ou les entraînements pour mettre les jeunes un peu plus à l’aise et qu’ils expriment au mieux leur potentiel sur le terrain. Je le fais, sans soucis.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

A lire aussi : 

Aurélien Chedjou (Amiens SC) : « Il ne faut pas que l’on tombe dans la peur »

Amiens SC : Luka Elsner est-il perdu ?

Laisser un commentaire