En mois d’un mois, Aurélien Chedjou est devenu un élément majeur du dispositif de Luka Elsner. S’il assure ne pas être encore en pleine possession de ses moyens, l’expérimenté défenseur central de 34 ans est confiant pour la suite. Entretien.

Êtes-vous satisfait de votre niveau de jeu et de votre réadaptation à la Ligue 1 ?

C’est vrai que je rattrape le retard physique que j’avais sur mes coéquipiers, mais je suis arrivé dans un groupe sain, sans animosité ni conflit entre joueurs et ça aide beaucoup. Je me suis senti tout de suite très à l’aise et ça m’a permis de rattraper tout ça. La Ligue 1 est difficile physiquement, il faut s’accrocher. J’ai passé six ans en Turquie, avec un moins bon niveau physique, mais j’ai la chance d’avoir un staff technique qui m’aide, me parle et je sais ce dont j’ai besoin pour être bon sur le terrain. Maintenant, on peut toujours s’améliorer. Il y a des aspects de mon jeu que je peux améliorer, des phases où je ne suis pas content de certains placements quand je regarde la vidéo. J’espère que je pourrai évoluer positivement.

Avez-vous l’impression d’être à 100% de vos capacités physiques aujourd’hui ?

Non, pas encore. Pour donner un chiffre, je dirais 90%. Je peux faire mieux. Le fait d’être à l’hôtel n’aide pas, on est stressé de n’être que dans une chambre en rentrant de l’entraînement. On se sent un peu enfermé. Ça favorise beaucoup le fait de ne pas être bien physiquement. Vous voyez les mêmes choses chaque jour, les vêtements sont par-ci par-là. Ce n’est pas évident. Je suis en train d’emménager et je pense que d’ici une semaine, ce sera bon et je pourrai lâcher les chevaux comme je le souhaite.

Vous n’avez donc pas encore retrouvé vos jambes de vingt ans ?

Non (rires) ! Je fais ce qu’il faut en dehors des séances d’entraînement pour pouvoir être prêt quand il faut. C’est vrai que je ne vais plus faire les courses comme quand j’avais une vingtaine d’années mais il y a d’autres aspects dans mon jeu qui ont changé. Je lis beaucoup plus le jeu, je l’étudie parce que ça ne se joue pas qu’au muscle, il y a aussi la tête. Avec l’expérience, on peut autant assurer qu’un jeune de vingt ans. Je tiens peut-être moins bien physiquement, mais à côté je fais des séances d’étirement, l’année dernière je faisais du pilate et je cherche sur Amiens. Je réfléchis pour faire de la boxe. Ce sont des choses pour m’aider à prolonger le plaisir et à être prêt physiquement quand j’en ai besoin.

En signant à Amiens, vous rejoignez une équipe destinée à jouer le maintien avec un risque de retrouver la même chose que l’an dernier…

Ça fait partie du foot et c’est un challenge à relever ! C’est aussi excitant que jouer un titre. La seule différence c’est que quand vous gagnez le titre, c’est que le compte en banque gonfle un peu et les supporters sont heureux. Ca a la même importance parce que se maintenir en Ligue 1, c’est accomplir quelque chose. Si vous le dites au début de saison et que vous y parvenez à la fin, le devoir est accompli. L’expérience de l’an dernier ne va pas me freiner à me dire que je ne veux pas jouer le maintien. Je suis ici, je sais pourquoi je suis là et j’assume. C’est vrai que j’ai joué dans des équipes qui ont joué le titre mais je prends autant de plaisir aujourd’hui à m’entraîner alors qu’on joue pour le maintien. Je connaissais un peu Amiens parce que je suis la Ligue 1, j’y ai fait un essai en 2007, je suis heureux d’être là et je vais me donner à fond pour aider le groupe à se maintenir. Avec les années qui passent, on voit le métier différemment. J’ai toujours les yeux qui brillent parce que j’ai toujours cette passion, cette envie de vivre mon rêve d’être footballeur professionnel. Je le croque à pleines dents. Avec tout ce qu’il s’est passé depuis le début de ma carrière, je prends d’un peu tous mes coaches, et j’essaye d’analyser ce qui est bien, ce qui peut être amélioré, etc.

Propos recueillis par Romain PECHON

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