A la tête de l’AC Amiens, Azouz Hamdane considère que la situation sanitaire est suffisamment inquiétante pour que la problématique de la reprise des championnats amateurs passe au second plan. Quoi qu’il en soit, l’entraîneur de l’AC Amiens se pliera aux décisions prises par les instances nationales. Entretien.

Azouz Hamdane, comment vivez-vous ce confinement ?

C’est douloureux parce que l’atmosphère est assez anxiogène mais, en ce qui me concerne, ça va bien. J’avais de toute manière besoin de repos, même si c’est un repos plus que contraint, j’aurais préféré rester sur le terrain et faire ce que j’aime faire. J’essaie de tirer le côté un peu positif, même si c’est très difficile au regard de la situation sanitaire. J’aborde donc cette période comme un outil de réflexion. Cette période doit aussi nous amener à prendre soin de soi et des siens.

En avez-vous également profité pour réfléchir sur votre saison avec l’AC Amiens ?

Pendant quinze jours, le football a été le cadet de mes soucis ! Parce qu’ils se passaient des choses que personne ne parvenait à expliquer, qui créaient même des désaccords entre nos plus grands scientifiques, parce que nos dirigeants politiques ne nous ont pas forcément tout dit, même s’ils avaient leurs raisons. C’est donc difficile de penser au football dans ce cas de figure, quand on a le sentiment que la vie de nos proches et la nôtre sont en jeu ! Avec le temps qui passe, on se remet dedans, on réfléchit à un bilan de ce qui a été fait jusqu’ici, mais c’est venu dans un second temps. J’ai aussi lu tout ce qu’il pouvait se dire sur les réseaux sociaux sur la possibilité d’une reprise, j’ai entendu les discours des différents décideurs.

Et comment avez-vous réagi ? 

Je veux bien comprendre qu’ils y aient des enjeux financiers au niveau professionnel. A notre niveau, c’est un peu différent, même s’il y a des embauches, des salariés, il faut bien se rendre compte sur la planète vit des choses compliquées. Il y a des ordres de priorité et ce n’est pas en se regardant le nombril qu’on va solutionner les choses. J’ai bien le proverbe qui dit qu’il faut penser global et agir local. Quand même le Premier ministre ne sait pas ce qui va se passer après-demain, je ne vois pas comment les responsables du football peuvent travailler sur des dates de reprise. On est encore loin de pouvoir prendre de grandes décisions, laissons les experts scientifiques parler puis les décideurs politiques fixer le chemin à suivre avant que la troisième ligne, les responsables associatifs, économiques, etc, puissent agir à leur niveau. Aujourd’hui, tout le monde veut avoir l’air intelligent, en donnant son avis, je respecte ça, mais je pense que cela ne fait que rendre la période encore plus compliquée et difficile à vivre.

Justement, comment avez-vous perçu la communication de la Ligue de football des Hauts-de-France, qui a évoqué la possibilité de jouer l’été avant de rétropédaler en annonçant le 30 juin comme date butoir ? 

Il y a un moment pour parler et des moments pour se taire ! Et quand on parle au moment où il faut se taire, on a une chance sur deux de dire des conneries. Pour le coup, c’est raté ! Ils sont dans leur rôle, ce sont des responsables d’instance, c’est normal de chercher des solutions, d’anticiper les choses, pas de souci là-dessus. Par contre, la communication externe devait venir dans un second temps, ça ne servait à rien de communiquer à outrance. Tout le monde est déjà suffisamment perturbé par ce qu’il se passe actuellement. J’ai même dit à mes joueurs que je reviendrais vers eux sportivement parlant quand on aura des décisions définitives. Actuellement, on entend tout et n’importe quoi. On ne fait que rajouter du flou au flou. On est vraiment champion du monde en la matière !

Pendant ce temps là, d’autres fédérations ont déjà pris ces décisions…

De toute manière, ils vont annuler les championnats ! J’aime bien la position de Noël Le Graët (ndlr : le président de la FFF), qui entend consulter les différents acteurs du football amateur. On est effectivement dans le temps de la consultation, cela passe donc par l’écoute, le travail et non pas une communication permanente. Une fois qu’on a ressorti des hypothèses et qu’on a fait valider une d’entre-elles démocratiquement, on la présente aux acteurs et à ce moment-là on peut communiquer. C’était la bonne marche à suivre. Tous ceux qui sont impatients de venir aux micros pour jouer les intéressants, ça ne fait que les décrédibiliser et ça rend leurs propos inaudibles. On ne jouit déjà pas d’une image très favorable auprès de l’opinion publique et je trouve qu’on ne ressort pas grandi encore une fois de cet épisode.

Qu’entendez-vous par annulation de la saison en cours ? 

La première question à se poser, c’est comment entériner des montées et des descentes ? On se base sur une formule mathématique qu’on va inventer ? Aujourd’hui, Beauvais fait la course en tête dans notre groupe mais Feignies a également été leader à un moment donné. On peut aussi faire le choix de faire monter l’équipe qui a été première sur le plus grand nombre de journées ? On se base sur les résultats contre les cinq premiers pour les départager ? Tout ça est trop aléatoire ! Autant mettre les équipes dans un chapeau, on tire au sort et on fait monter l’heureux élu. Je trouve tout ça complètement en dehors de l’éthique sportive. Quand on est en incapacité d’aller au bout, j’ai toujours milité pour une saison blanche. C’est vraiment dommage pour les équipes qui ont fait un bon championnat, qui espéraient jouer la montée. Maintenant, je pense aussi aux derniers aujourd’hui, qui pouvaient aussi se sauver sur le terrain d’ici la fin de saison. Quand on prend l’exemple de Toulouse avec Dupraz, ils ont réussi à se sauver alors que le cas de figure envisagé les aurait clairement condamnés. La vérité du terrain doit toujours primer sur le reste ! On fait donc une saison blanche, on repart avec les mêmes équipes, on peut éventuellement interdire les mutations pour que tout le monde reparte avec les mêmes armes sur la ligne de départ. Je ne vois pas comment on peut faire autrement, même si on acceptera toutes les décisions prises. J’ai bien compris que personne n’était pour la saison blanche, il n’y a pas de bonnes décisions mais je considère que la mienne est la moins mauvaise à prendre. Finalement, on ne lésera qu’une équipe, celle qui doit monter.

Pour en revenir à votre situation, qu’avez-vous mis en place pour accompagner les joueurs durant cette période de confinement ? 

Dès l’annonce de la suspension de la saison, j’ai demandé à mon préparateur physique de mettre en place un programme individuel pour chaque joueur. Le souci est que des restrictions ont été prises sur la possibilité de courir, si ce n’est dans un rayon d’un kilomètre autour de chez eux. Or, les joueurs ne vivent pas tous dans les mêmes conditions. De mon côté, j’ai une maison avec un terrain, je peux courir. D’autres sont en appartement, sans énormément de matériel pour s’entraîner. On s’attèle donc à les garder en forme. Maintenant, on sait pertinemment que nous sommes des amateurs. Sur un groupe de 23 joueurs, il y en a 7 ou 8 qui vont le faire parfaitement. Les autres vont respecter le programme sur une semaine puis on va les perdre petit à petit.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

L’AC Amiens était sur une pente ascendante 

Après un début de saison laborieux, l’AC Amiens avait bien relever la tête depuis de longues semaines. Si une série de matches nuls a d’abord limité le rebond des joueurs des quartiers nord, ces derniers ont signé plusieurs succès marquant avant le confinement. Remonté à la huitième place, les Amiénois semblaient bien embarqués pour réussir à se maintenir alors qu’il lui restait dix rencontres à disputer.

A lire aussi : 

National 3 : L’AC Amiens bonifie sa belle série !

Benoit Sturbois (Amiens Portugais) : « Je ne pense pas que la saison pourra reprendre ! »

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour discourt OK mes dans cette affaire votre équipe réserve se maintiendrai non le réserve de CHAMBLY se maintien alors que ses des pros il doivent descende il descende votre équipe étais relégable elle ses battu pour remonter au classement alors ceux qui sont en position de descendre qui y aille autres choses plein d’équipes qui ont travailler pour monter doivent monter car la saison prochaine va pénaliser toutes ses équipes car tous les joueurs qui ont travailler pour ne vont pas rester dans leur équipes et sa vous ne pouvez rien faire vous donner de l’argent à vos joueurs pour des résultats mes à l’échelon en dessous aussi et eux ont le travail ses pas les coachs qui vont décider pour les autres et pour arranger leurs équipes en R1 ou R2 ont vois des équipes avec 3 voir 4 points franchement messieurs laisser les gens décider pour nous.

Laisser un commentaire