Forcément déçu après la cinquième défaite de l’AC Amiens en autant de rencontres depuis le début de saison, samedi soir face à Marcq-en-Baroeul (0-1), Azouz Hamdane reconnaît que la période est difficile à vivre pour ses joueurs et lui-même. Pour autant, l’entraîneur amiénois se veut optimiste pour la suite, considérant que ce match a marqué un premier sursaut. Entretien.

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Quel sentiment vous laisse cette cinquième défaite en autant de matches ?

Quand on est dans le trou, on est dans le trou. Malheureusement, toutes les erreurs, même les plus banales se payent cash. Sur une perte de balle, dans nos trente derniers matches, on se retrouve à être mené sur leur première situation. Comme toute équipe dans notre situation, dans notre contexte psychologique, on est abattus, on perd un peu pied dans les dix premières minutes. Malgré tout, il y a plutôt une bonne réponse de la part de mes joueurs, notamment sur le plan tactique. On n’a pas les moyens psychologiques pour asseoir une maîtrise technique, collective, qui nous permettent de sortir la tête de l’eau. Collectivement, ça a donc plutôt bien marché, on n’a pas vraiment concédé beaucoup d’occasions, si ce n’est une frappe en première période. Au-delà de cela, on ne se procure pas non plus d’occasion. En deuxième mi-temps, je leur avais demandé de ne pas baisser les bras, de persévérer. On aurait mérité mieux, je pense qu’on doit marquer. Malheureusement, tous les efforts consentis n’ont pas payé. On a un début de saison catastrophique, on n’est pas bien, on est dans le trou, mais il faut faire face.

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Avez-vous le sentiment de progresser au fil des matches en dépit de la défaite ? 

Par rapport aux quatre premiers matches, j’ai ressenti quelque chose de nouveau, la volonté de jouer et de faire les efforts ensemble. Est-ce que ça présage quelque chose de bénéfique ? Il n’y a que le temps qui nous le dira. Il faut surtout être patients et persévérer dans le travail fourni. En première mi-temps, on a beaucoup de situations de frappes, à l’entrée de la surface de réparation, mais on ne tente pas notre chance. On cherche toujours à enchaîner des passes courtes, qui de toute façon n’arrivent pas. Les joueurs perdent parfois un peu leur lucidité. C’est aussi à nous, le staff, de trouver les mots, adapter nos méthodes de travail au contexte, adapter le projet tactique. On perd le match mais si on ne perd pas les quatre premiers, il n’y a pas forcément motif à inquiétudes. On maîtrise plutôt bien ce match, même si on n’est pas dangereux offensivement. On va y aller petit à petit, tout doucement, et je pense qu’aujourd’hui (samedi) on a fait un pas vers l’avant, en tout cas je l’espère. Ce qui est sûr, c’est que ce match ne ressemble à rien aux quatre premiers de la saison, si ce n’est au niveau du résultat.

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Cela veut donc dire que personne ne lâche au sein de cette équipe…

J’en suis persuadé. A la mi-temps, je leur ai dit qu’on était dans une situation loin d’être facile, il faut être capable de surmonter cela, c’est dans la difficulté qu’on voit les grands hommes. Même si ça ne reste que du sport, il faut aussi qu’ils servent de tout ça pour se construire en tant qu’être humain. En persévérant dans les efforts consentis, ils vont finir par y arriver. Ils ne sont pas payés pour le moment mais ils finiront par l’être s’ils continuent en ce sens. En tout cas, je ressors de ce match moins engourdi psychologiquement que sur les quatre premiers. On a beaucoup surfé sur des dynamiques positives de par le passé. Aujourd’hui, on est sur une dynamique négative, nous allons voir si le club, le staff, les joueurs sont capables de surmonter tout ça. Je n’en doute pas même si je pense que les joueurs vont avoir cruellement besoin nous, de moi en particulier. Je vais donc tenter de répondre présent même si c’est fatigant.

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Une victoire peut-elle suffire à vous guérir ?

Je ne pense pas. Une victoire pourrait être une bouffée d’oxygène, la confirmation de nos progrès. Quand je dis à mes joueurs de faire les efforts ensemble, de courir et qu’ils seront payés et que malgré ça il y a une défaite, c’est difficile. Une victoire viendrait juste valider ce discours. Ensuite, c’est tout un processus dans lequel il faut entrer pour être véritablement guéri. Les antibiotiques, il faut les prendre sur cinq six jours pour qu’ils soient efficaces. Je ne suis pas persuadé que ça fonctionne en les prenant qu’une seule journée puis en les arrêtant.

Propos recueillis par Adrien ROCHER

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