Frustré par la défaite au Touquet (3-2), la quatrième en six matches, Azouz Hamdane a pointé du doigt le comportement de ses joueurs et la faiblesse de sa défense. Entretien.

Une nouvelle défaite, trois buts encaissés, c’est une nouvelle désillusion..

On marque deux buts alors qu’on a une ligne avec deux excentrés et un attaquant qui ont été inexistants. On ne fait rien devant et on met malgré tout deux buts dont un superbe sur une action collective extraordinaire. On lâche le marquage sur un corner contre une équipe qui ne nous pose aucun problème et nous laisse jouer. Les centres ont été inexistants, aucun n’a trouvé preneur. C’était vraiment la compétence individuelle du joueur qui était remise en cause. Je me demande si certains ont le niveau pour jouer là. Des choses aussi simples que ça, on n’y arrive pas. Plutôt que de frapper, on met des balles en retrait… Des choix complètement à côté de ceux qui auraient dû être pris.

Et pourtant vous étiez sur le point de prendre un point avant ce but en fin de rencontre…

Malgré tout, on marque deux fois mais on en prend trois à l’extérieur ! Comment peut-on gagner en étant aussi peu performants dans les deux surfaces ? C’est impossible. Il va falloir une remise en cause complète des joueurs, parce que je pense qu’ils se prennent pour d’autres. J’ai un milieu de terrain qui a été au top-niveau avec Semiri, Matondo et Despois. Heureusement que ces trois-là étaient là pour mettre en place ce qu’on voulait faire. Mais tout a été bien fait jusqu’aux trente derniers mètres. Ensuite, les choix ne sont pas bons. Jusque-là on était plutôt bien en place, on avait garanti l’équilibre sur les pertes de balle. Ce but nous fait mal à la tête. On arrive à égaliser sur penalty, mais en toute fin de match, on a du mal à maîtriser nos interventions défensives et on se retrouve tout le temps à la limite. Toutes les situations adverses, même les plus anodines, peuvent devenir des occasions de but. Quand c’est comme ça, c’est difficile d’avoir des certitudes. Je l’ai fait savoir aux joueurs, ils savent ce que je pense. On a marqué sept buts sur les trois derniers matches. Mais le problème, c’est qu’on en a pris huit ! Je ne suis pas sûr que le problème soit offensif. Marquer sept buts en trois matches, c’est plutôt pas mal, mais on ne gagne aucun de ces matches.

Avec les absences de Banaziak et Boizart, on pourrait penser que c’est un problème de gardien mais ce n’est donc pas le cas…

Non, ça n’a rien à voir. Notre problème, c’est qu’il nous a manqué Pierre (Slidja). Il prend tellement de place devant qu’on oublie qu’en dehors de lui, c’est pauvre. Il n’y a pas d’un contre un, les centres n’arrivent pas, il n’y a pas de percussion, de prise de profondeur. Ils n’ont pas été capables de tenir les consignes. Offensivement, on est trop faible et on n’a pas d’excentré digne de ce nom. C’est vraiment un problème collectif, de concentration globale et de constance. Sur le deuxième but, on est un peu euphorique parce qu’on est bien dans le match, on se déstructure alors qu’il ne fallait pas le faire, on perd le ballon, l’attaquant gagne son duel… On se prend pour d’autres et les joueurs n’ont pas conscience de leur niveau. Ils se croient largement au-dessus du niveau qu’ils ont et on le paye cash tous les week-ends. Il y a un problème d’humilité. Ce n’est que sur deux ou trois actions, mais ça nous coûte des matches. On mange notre pain noir, il faut être patient et espérer que ça va tourner.

Il n’y a eu que six matches de joués mais ça devient urgent au classement…

On est là où l’on mérite d’être. Que faire quand on prend autant de buts ? Que peut-on espérer ? On est à notre place en termes de résultats, même si c’est un peu dur par rapport aux contenus, mais il n’y a que le résultat qui compte. Je ne suis pas inquiet parce que les joueurs sont capables de tenir des consignes pendant une mi-temps, mais ils ont toujours des absences qui coûtent des points. On est à notre place, aujourd’hui. Pour mériter mieux, il va falloir faire mieux. Il faut accepter, parfois, d’être le dindon de la farce, même si ça fait mal. On n’a rien fait pour ne pas l’être. Aujourd’hui, on est à la place qu’on est, et il va falloir s’en sortir tous ensemble.

Propos recueillis par Romain PECHON

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