Azouz Hamdane (AC Amiens) : « Un début de saison cauchemardesque »


Sonné après la nouvelle défaite de l’AC Amiens, la sixième en autant de sorties depuis le début de saison de National 3, Azouz Hamdane reconnaissait les lacunes actuelles de son équipe, sans pour autant perdre espoir d’un potentiel rebond dans les prochaines semaines. Entretien.

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On peut clairement parler de grosse rechute à l’issue de cette nouvelle défaite contre Maubeuge…

Oui… Maintenant, je mentirais si je disais que j’étais surpris. La semaine dernière, il est vrai qu’on a fait un très bon match. Dans le monde amateur, personne ne peut garantir un niveau de performance constant d’une semaine à l’autre. Après, être aussi au top la semaine dernière pour être autant amorphe cette semaine, c’est assez troublant. Là, ça va bien au-delà de mes compétences en matière d’analyse psychologique. Ce qui me fait peur, ce serait qu’ils soient dans l’acceptation de la situation, d’une forme de fatalité. Il faut surtout repousser cela, sinon on est morts. Il y a un sursaut, des intentions, mais il y a toujours zéro point. Techniquement, les joueurs qui doivent faire la différence sur le plan technique n’étaient absolument pas présents. Tout ce qu’on a essayé, que ce soit les centres, les dernières passes, étaient une catastrophe. Ce n’était tout simplement pas au niveau. A partir de là, on pourrait ne pas prendre de but, être solide défensivement, puis il y a cette erreur individuelle. En plus, ça vient de Gauthier (Banaziak) qui nous a sauvé à tant de reprises ces derniers mois. On ne peut pas lui en vouloir. Globalement, il y a quand même un manque de maîtrise, notamment émotionnelle. On perd rapidement les pédales quand on perd 1-0, le doute tétanise un peu tout le monde. On manque aussi de maîtrise technique, c’est flagrant. On peine aussi à maitriser le schéma tactique en l’absence de Jeno.

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C’est dur d’enchaîner de telles déceptions…

Ce début de saison est cauchemardesque. On ne peut que se réfugier dans le travail, arrêter de parler et continuer à bosser. Encore une fois, je note qu’on est en train de retrouver une cohésion. Contrairement aux quatre premiers matches, on a une équipe qui perd mais qui perd ensemble. On n’a plus des joueurs qui perdent les uns à côté des autres. C’est déjà une bonne chose. Il faut aussi tirer les enseignements positifs, se dire que ça va finir par tourner, parce qu’on travaille super-bien à l’entraînement. Il faut que je trouve les leviers pour travailler sur cette peur qui arrive au moment du match. Ce n’est pas évident, parce que la clé est chez les joueurs aussi. On essaie de ne pas trop les surcharger sur le plan de la pression. En attendant, c’est une période très difficile. Cela va même au-delà du football. On ne peut pas me dire que les joueurs n’ont pas envie, qu’ils ne sont pas battus. Les volumes et les intensités sont là, le manque de réponse est sur le plan tactique et technique.

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N’est-ce pas encore plus grave et inquiétant de perdre de la sorte ?

Je n’analyserais pas les choses comme ça. Je pensais que le match contre Vimy allait les conforter dans l’idée qu’en se lâchant, en jouant un peu, on obtient des résultats. Il s’avère que ça n’a pas été le cas. Je suis persuadé que ce n’est pas un problème de niveau, les joueurs ont le niveau. La roue finira par tourner si on prend plus de risques, si on arrête d’avoir peur de mal faire. On a même peur de gagner, je l’ai aussi ressenti à 1-0 ou 2-0 contre Vimy, la semaine dernière. Aujourd’hui, on n’a pas non plus les joueurs capables de porter l’équipe sur le terrain.

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La peur ne va cesser de grandir au fil des défaites avec en toile de fond le spectre de la relégation qui est déjà présent… 

Bien sûr ! Maintenant, on voit bien qu’en ayant peur on perd à chaque fois. Qu’est-ce qu’on risque donc à jouer ? Si on avait les réponses et les clés de la performance, on n’en serait pas là. C’est donc un engrenage difficile, il ne faut surtout pas penser que c’est une fatalité. On peut encore inverser les choses, ensuite ça pourrait aller très vite avec la qualité de joueur qu’on a.

Propos recueillis par Romain PECHON

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