Azouz Hamdane : « Mon groupe est fragile, il n’est pas capable d’entendre la réalité »

Déçu par la prestation de son équipe contre Marcq-en-Baroeuil (1-1), samedi soir, Azouz Hamdane en appelle à la responsabilité de ses joueurs, dont il attend davantage d’abnégation et de constance dans les prochaines semaines. Entretien. 

Ce quatrième partage des points de la saison suscite-t-il de la frustration ?

Non, pas vraiment. Même si on a les situations pour marquer, on a été en-dessous de notre adversaire sur le plan technique et au niveau des situations de jeu. Au niveau de l’état d’esprit, on a véritablement été défaillants en ne s’appuyant que sur la performance individuelle de quatre-cinq joueurs qui ont réussi à nous maintenir à flots. Quant aux autres, ils ont été en-dessous du niveau escompté. C’est trop insuffisant pour gagner ce genre de match. Dans ces circonstances, le match nul en devient presque un bon résultat.

Vous lancez à nouveau un avertissement à vos joueurs… 

Quand on n’est pas à 100%, on le paye cash. On n’a aucune marge de manœuvre. On se doit à chaque fois de livrer le match parfait si on souhaite s’imposer. Après vingt-cinq minutes extrêmement compliquées, peut-être parce qu’on n’avait pas joué la semaine précédente et qu’on manquait donc de rythme, on a la chance d’ouvrir le score, en fin de première période, au terme de notre temps fort. Je regrette toujours qu’il nous faille cinq occasions pour enfin concrétiser notre domination. On profite finalement d’une erreur adversaire pour obtenir un penalty. Derrière ça, on a véritablement été défaillants en prenant un but en contre à la maison. Je suis déçu du match livré par nos joueurs de côté, aussi bien défensivement qu’offensivement. C’est agaçant parce que mes joueurs ne sont pas constants dans la performance. Ils ont une réelle difficulté à être bons plus de deux ou trois matches de rang. Il faut impérativement qu’on devienne plus régulier, plus constant. On peut toujours se dire qu’on n’a pas perdu mais nos adversaires du haut de tableau mènent un rythme d’enfer. On a le sentiment d’avancer parce qu’on prend un point mais on en perd surtout deux sur ces équipes-là.

Comment lutter contre cette inconstance chronique, sachant que vous allez aussi de nouveau être confronté à deux semaines blanches d’ici la trêve hivernale ? 

Premièrement en mettant en place des matches de préparation. Là, on sortait d’une période avec un important enchaînement de rencontres. On avait donc décidé de faire récupérer les joueurs. Si c’était à refaire, je le referais car c’était la décision la plus logique. Pour les prochaines semaines sans match, la donne sera différente. Maintenant, c’est surtout ce que les joueurs mettent dans les entraînements et dans les matches qui fait la différence. On peut mettre tous les matches de préparation que l’on veut, si on n’est pas dans l’esprit et si on n’est pas capable d’être régulier, on reproduira ce genre de performance.

Alors qu’on approche le tiers du championnat, arrivez-vous à avoir un avis définitif sur les chances de votre équipe cette saison ? 

Je sais où situer mon équipe mais il faut que je garde ça pour moi. Mon groupe est fragile, il n’est pas capable d’entendre la réalité. Je préfère donc taire cette réalité. On sait qu’il nous manque du caractère, du leadership et un état d’esprit. Quand tout se passe bien, on est présent et on peut faire de très bonnes choses. Dès que l’adversaire commence à nous poser des problèmes, la seule réponse qu’on parvient à apporter est la frustration et entre guillemets la colère. On ne parvient pas à garder notre sang-froid et du calme. Le staff a son rôle à jouer, en essayant de leur apporter des solutions, mais c’est aussi aux joueurs sur le terrain de prendre leurs responsabilités. Il faut qu’ils prennent davantage d’initiatives.

Attendez-vous aussi de certains qu’ils deviennent des leaders dans le vestiaire ?

Des leaders de vestiaire, je n’en ai pas besoin. C’est sur le terrain que je veux voir des leaders. Ceux qui parlent dans le vestiaire et qui sont zéro sur le terrain, ça ne m’intéresse pas. Je veux voir des joueurs qui tirent tout le monde vers le haut sur le terrain. Certains ne parlent pas beaucoup mais ils tirent les autres vers le haut de par leur exemplarité. A contrario, certains parlent trop alors qu’ils devraient plutôt se taire. On a un bon groupe mais il est très jeune. On le savait dès le départ, tout n’est pas à jeter, mais c’est très frustrant pour l’entraîneur que je suis.

Propos recueillis par Romain PECHON

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