Baptiste Descamps (ESC Longueau) : « Ça me ferait chier de perdre contre Abbeville ! »

Baptiste Descamps sous le maillot d'Abbeville lors d'un match amical contre Longueau @ABBSport

Transfuge du SC Abbeville vers l’ESC Longueau durant l’intersaison, Baptiste Descamps va retrouver son ancien club, ce week-end à l’occasion de la quatrième journée de Régional 1. Déterminé à faire bonne figure, le gardien de but veut également fêter dignement son 25e anniversaire. Entretien.

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Pourquoi êtes-vous parti pour Longueau après quatre saisons à Abbeville ? 

C’est avant tout un choix de vie. Sébastien (Léraillé) m’a appelé durant le confinement, il cherchait un gardien pour remplacer Thomas Chatalen qui arrêtait. Plusieurs joueurs de Longueau, dont Thomas qui est un collègue de travail, ont parlé de moi au coach. Il a essayé de me convaincre de rejoindre son équipe, il m’a présenté un beau projet. Comme Abbeville, Longueau est aussi un club qui a des valeurs, avec des dirigeants sérieux, des personnes de parole, avec de l’honneur. Au fil des discussions, j’ai compris que si je quittais Abbeville c’était pour un club avec les mêmes valeurs. Ensuite, rejoindre Longueau était aussi un moyen de me rapprocher de chez moi, ayant acheté une maison entre Amiens et Roye. Je commençais à faire beaucoup de route pour aller à l’entraînement à Abbeville. Cette proposition est donc intervenue au meilleur des moments.

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Vous parlez de beau projet vous concernant. En quoi consiste-t-il ? 

Ils ont pour ambition de monter une école des gardiens et de me donner un vrai rôle dans ce projet. Cela est aussi entré en compte dans ma réflexion et mon choix de quitter Abbeville. Après, ce serait mentir de dire que je n’ai pas réfléchi et que j’ai pris ma décision tout de suite. J’étais très attaché au club d’Abbeville, où j’ai passé quatre très belles années. Si aucun club ne m’avait appelé, je serais resté avec grand plaisir. Je pense même que seul Longueau et son projet pouvaient me faire quitter Abbeville. Je me répète un peu mais j’ai vraiment fait un choix de qualité de vie aussi. Je suis également éducateur à l’Amiens SC (ndlr : section sport adapté) et ça devenait compliqué de faire la route trois ou quatre fois par semaine pour aller m’entraîner à Abbeville.

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Comment s’est passée la rupture avec Abbeville ? 

On venait de monter en Régional 1 suite à l’arrêt du championnat au moment du confinement. Le club comptait sur moi et ne se doutait pas que j’allais partir. Cela a été un choc pour eux. J’ai eu le coach (ndlr : Mathieu Vallois) au téléphone et il est un peu tombé des nues. Il a compris mon choix de partir, il sait aussi que nous sommes des joueurs amateurs et qu’il y a d’autres considérations que le sportif qui entre aussi en ligne de compte, mais il était surpris au départ. Il en a été de même pour David Renoire, le président du club ou les dirigeants comme Christophe Wargnier. J’ai vraiment tenu à tous les appeler pour leur expliquer mon choix et pour qu’ils apprennent mon départ de la bonne manière. Je ne voulais pas donner le sentiment de quitter le navire et de les laisser tomber sans expliquer mon choix. Je voulais également leur préciser que je ne voulais pas partir pour partir et que sans ce nouveau projet j’aurais été prêt à tout donner pour eux. Je pense que ça les a fait chier (sic) de me perdre mais je pense aussi avoir laissé une bonne image à Abbeville.

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Comment jugez-vous le début de votre aventure à Longueau, où vous succéder à Thomas Chatalen qui était plus qu’un simple joueur ? 

Jusqu’ici, tout se passe bien ! Je ne pense pas que le club regrette son choix. Le coach et les joueurs semblent plutôt contents de moi. Cela ne reste que le début de saison mais je n’encaisse pas beaucoup de buts, je m’entends bien avec tout le monde. La priorité était de bien m’intégrer au groupe et ça se passe bien. Pour l’instant, on est sur la même longueur d’onde, espérons que ça dure ! On sait très bien que ça peut aller vite dans l’autre sens. Il suffit que je fasse un mauvais match, que je sois responsable sur un but, et je peux instaurer le doute chez certains. Pour le moment, je ne ressens pas de pression à l’idée de succéder à Thomas, je dirais même que c’est de la pression positive. Thomas a beaucoup œuvré pour que je lui succède. Il a parlé aux dirigeants pour leur dire que j’étais la bonne personne. Il m’a également aidé à prendre ma décision, en me disant que tout était réuni pour que je vienne ici. C’est donc plus simple de lui succéder dans ce contexte. Ce qui compte est que je garde la confiance du staff, du coach et des joueurs.

Vous allez retrouver Abbeville, votre ancien club, ce week-end. Comment abordez-vous cette rencontre qu’on imagine assez particulière ? 

Ce sera un match d’autant plus particulier que ça tombe le jour de mon anniversaire ! C’est assez énorme. Je vais avoir 25 ans dimanche et ça tombe contre Abbeville ! Quand le calendrier est tombé, je suis tout de suite allé voir quand on jouait Abbeville et quand j’ai vu que ça tombait le 25 octobre, je me suis dit que je ne pouvais pas espérer mieux ! Samedi soir, des amis vont donc venir manger à la maison, ils viendront me voir jouer dimanche et j’espère qu’on pourra fêter ça tous ensemble dimanche ! J’espère qu’on va gagner sinon ça va piquer un petit peu (rires). Il va falloir assurer sinon je pense que je vais me faire sacrément chambrer derrière ! J’ai déjà reçu des messages de certains anciens coéquipiers, comme Charles Duvauchelle qui m’a déjà annoncé qu’il allait me mettre un triplé. J’espère vraiment leur donner du fil à retordre. En dehors de ça, c’est forcément un match que j’attends avec beaucoup d’impatience. Je pense qu’on a les qualités pour faire un bon match et l’emporter. Ça me ferait donc chier (sic) de perdre ce match. Je ne leur souhaite aucun mal mais c’est impossible qu’ils nous battent, encore plus le jour de mon anniversaire. C’est aussi un derby, il y aura donc de l’enjeu et on sait pertinemment que le maintien passe aussi par ce genre de match. Abbeville est un concurrent direct, il ne faut donc pas leur laisser les trois points et tenter de les distancer le plus rapidement possible. En tout cas, tout est réuni pour faire un bon match. De mon côté, la motivation est totale.

Vous venez d’évoquer le maintien. C’est avant tout votre ambition avec Longueau cette saison ? 

On est tombés sur un groupe assez costaud, je pense le plus costaud des trois groupes. L’objectif de l’ensemble du club, des dirigeants, du staff et des joueurs, reste d’obtenir le maintien le plus rapidement possible. Des matches comme ce week-end sont donc des matches qui peuvent lancer définitivement notre saison, ce sont un peu des matches à six points. Individuellement parlant, il faut que je continue à progresser, que je sois décisif pour l’équipe et régulier. A long terme, j’aimerais bien jouer les premiers rôles avec Longueau pour tenter de connaître le niveau national. J’estime que l’équipe a les qualités requises pour évoluer au niveau supérieur. En attendant, il faut déjà décrocher le maintien cette saison.

Que pensez-vous du début de saison d’Abbeville ? 

Je leur souhaite le meilleur, sauf de finir devant nous ! J’espère sincèrement qu’ils vont se maintenir. J’ai vu qu’ils ont perdu de peu à Steenvoorde, où ils méritaient visiblement de revenir avec un match nul. Cela a l’air d’être plutôt costaud. De toute manière, ils ont la mentalité abbevilloise, ils ne lâcheront jamais rien, ce sont des chiens. Ils vont se battre toute la saison, ils sont formés pour ça. Je trouve qu’ils ont bien démarré le championnat. Il ne faut donc surtout pas aborder ce match comme des sénateurs de notre côté. En face, ils auront l’envie de nous battre, de nous faire mal. Ce sera un match compliqué, avec beaucoup de duels, d’intensité physique. Ça peut ressembler à un match de coupe, il faudra être à la hauteur du défi qu’ils vont nous proposer si on veut espérer l’emporter.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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