Zobiri

QUE SONT-ILS DEVENUS #1 – Entraîneur adjoint de l’AC Amiens la saison passée, Belkacem Zobiri avait décidé de quitter le club pour rentrer dans sa région natale, lui le natif de Gap, et ainsi se rapprocher de ses proches. Un an plus tard, il est désormais entraîneur principal d’un club de Régional 2, qui attend encore l’officialisation de sa montée. Entretien. 

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Belkacem Zobiri, qu’êtes-vous devenu depuis votre départ de l’AC Amiens ?

J’avais pris la décision de retourner sur mes terres natales dans les Hautes-Alpes, mais je n’avais pas d’idée précise en tête en dehors de me rapprocher de ma famille. On m’a proposé un projet en R2 (Veynes/Serres) et j’ai sauté sur l’occasion. Je connaissais un peu un dirigeant qui a été un de mes entraîneurs et qui m’a suggéré de rejoindre le club, il cherchait un entraîneur de R2. Je me suis pris au jeu, j’ai monté un petit staff et on a fait du bon travail cette saison. Malheureusement, on n’a pas pu finir, comme beaucoup, et on ne connaîtra pas la fin de l’histoire parce que l’arrêt du championnat pénalise beaucoup d’équipes, dont nous. C’est le goût de l’inachevé qui pré-domine sur la saison. En dehors de ça, tout s’est très bien passé avec un bon groupe.

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Avez-vous eu d’autres propositions ?

Non, pas du tout, j’étais simplement venu pour me rapprocher de ma famille. Je n’avais pas d’autre pistes et je n’en ai pas cherché.

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Quel sentiment cela vous a procuré de passer numéro 1 après avoir travaillé aux côtés d’Azouz Hamdane ?

Déjà, j’étais dans une très bonne école avec le coach Hamdane et j’ai appris beaucoup. Passer numéro 1 implique beaucoup plus de responsabilités, un discours bien différent de celui de l’adjoint. Ça élargit la palette au niveau du management, parce qu’il y a aussi le discours envers le staff, envers les dirigeants et envers les joueurs. Quand tu es adjoint, tu ne te concentres que sur la partie que le coach principal délègue et le discours avec les joueurs. Il y a un peu plus de responsabilités et de tâches à faire. C’est ça que j’ai aimé, la possibilité d’être multi-tâches.

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Vous étiez très proche des joueurs à l’AC Amiens. Quand on devient numéro 1, faut-il prendre plus de hauteur dans ce domaine ?

Je suis quelqu’un qui met beaucoup d’humain dans tout ce qu’il fait, encore plus à mon niveau et dans mon contexte. On manage des hommes et on doit les connaître. J’ai toujours placé l’humain avant tout dans les relations que j’établis. Je suis quelqu’un d’accessible même s’il y a des barrières à mettre vu que je prends des décisions qui ne font pas plaisir à certains. Je ne suis pas leur copain mais je ne suis pas un dictateur. J’essaye de trouver le bon équilibre.

Vous avez eu l’humilité de descendre en R2 pour votre première expérience, tout le monde ne l’aurait pas fait…

Ce qui m’a amené à passer de ce côté du décor, c’est que tout ce que tu as fait dans ta carrière de footballeur te sert mais il faut le gommer parce que c’est un autre métier qui n’a rien à voir. Mon passé me sert, je m’appuie dessus, mais aussi sur les diplômes que j’ai passés et les deux années que j’ai passé avec le coach Hamdane. Je pense qu’il faut être sur le terrain. Chaque division a ses défauts et il faut aller sur le terrain parce que c’est là que l’on apprend le mieux.

Quel est le style de jeu du coach Zobiri ?

Je ne sais pas si j’ai un style pour l’instant. On a tous un idéal mais il a fallu que je m’adapte à mes joueurs. Quand je suis arrivé, je ne les connaissais pas, je ne les avais pas choisi. J’ai appris énormément. J’étais parti dans une voie et un match m’a remis sur terre. Je me suis adapté et on a fait de bons résultats. Il faut constamment s’adapter. Chaque entraîneur a une vision, des préférences, mais il doit aussi s’adapter à ses joueurs. Je ne peux pas demander quelque chose si un joueur n’est pas capable de le faire. Je suis quelqu’un qui aime avoir le ballon, jouer haut, être agressif et installer un pressing haut, mais par moment, tu ne peux pas faire ce que tu demandes. C’est impossible de le faire tout le temps et je l’avais oublié sur un contexte. On avait joué un match particulier, sur un terrain particulier et j’ai demandé à mes joueurs des choses irréalisables. Je me suis rendu compte qu’il fallait s’adapter à l’équipe mais aussi au contexte dans lequel tu évolues.

Pour quelle raison cette saison laisse-t-elle un goût d’inachevé ?

Parce qu’on ne peut pas finir le travail ! Tout compétiteur veut aller dans un championnat qui a un commencement et une fin. Malheureusement, on a choisi la fin pour nous, c’est ça qui est le plus frustrant. On était bien partis, on avait deux matches de retard sur le premier en ayant quatre points de moins sachant qu’on l’accueillait et qu’ils avaient pas mal de points de pénalités à cause de la sportivité et on savait qu’on allait leur prendre des points. La FFF a fait un coefficient et ils sont devant nous pour 0,03 points. C’est un mal pour un bien parce que c’est une région magnifique, mais elle n’est pas du tout adaptée au foot. En hiver, pendant trois mois tu ne joues pas ! On est plus aux matches de Gap en hockey qu’au foot. Ce que je disais aux dirigeants c’est que même si cette équipe est la vitrine, il faut surtout structurer le club. Monter en R1 – ce qui est encore possible avec une possible réforme de la Ligue Méditerranée – est-ce un bien pour le club ? Pour le club de village que l’on est, c’est peut-être un peu trop. Il faut avoir l’honnêteté et le réalisme parfois. J’ai des joueurs qui viennent de tout le département, qui font parfois 45 minutes ou une heure de route pour s’entraîner sous la neige, c’est compliqué.

Vous semblez vous inscrire sur le long terme dans ce club…

Je ne me faisais pas beaucoup d’illusions en arrivant dans la région, je savais qu’il n’y aurait pas énormément de possibilités. J’aime le foot, j’espère continuer dans cette voie, apprendre énormément et être encore sur le terrain, c’est là l’essentiel. Le pire serait de ne plus être sur le terrain. Je ne travaille pas encore à côté. J’avais quelques pistes à côté mais c’est tombé à l’eau avec la crise. J’espère que ça va se faire à la rentrée pour commencer une nouvelle aventure.

Avez-vous suivi la saison de votre ancien club, l’AC Amiens ?

J’ai échangé quelques textos avec les membres du staff. Le début ne se passait pas trop bien en termes de résultats, mais je n’étais pas à l’intérieur, je ne peux pas commenter, mais je savais que le coach allait trouver les ressources pour redresser la barre au vu de la qualité présente dans l’effectif. Je leur souhaite le meilleur pour la suite !

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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