Récemment nommé entraîneur adjoint de l’AC Amiens, Belkacem Zobiri a décidé de stopper sa carrière à l’aube de ses 35 ans. Au club depuis trois ans, l’ancien attaquant de l’Amiens SC aborde avec envie et modestie sa nouvelle vie. Entretien.

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Après trois saisons avec l’AC Amiens et une carrière longue de quinze ans, vous avez donc fait le choix de raccrocher les crampons…

Je vais avoir 35 ans (ndlr : en octobre prochain), j’étais plus proche de la fin que du début. J’y pensais depuis quelque temps parce que je ne me voyais pas jouer jusqu’à 40 ans. Le moment était venu de s’arrêter et puis la vie a fait que j’ai eu cette opportunité. Le club avait pour projet de se structurer et ils m’ont donc proposé le poste d’entraîneur adjoint de l’équipe première et un rôle à la formation. Après réflexion, j’ai décidé de répondre favorablement à leur proposition du club. Azouz (Hamdane) savait que je passais mes diplômes en parallèle, j’ai déjà le BEF (Brevet d’entraîneur de football), je n’arrive donc pas comme un cheveu sur la soupe. Depuis le début de ma carrière de joueur, j’ai toujours été intéressé par le coaching, c’est donc une reconversion naturelle.

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Malgré tout, n’avez-vous pas un pincement au cœur de mettre fin à votre carrière de joueur ?

Au début de la saison, je me disais que je pouvais encore jouer deux saisons complètes. Cependant, au regard de mes ambitions pour l’avenir, je ne pouvais pas passer à côté de cette proposition. Elle arrive au bon moment pour lancer de manière idéale mon projet de reconversion. Jouer une saison de plus en CFA ou CFA2 ne m’aurait rien apporté de plus. Je vais avoir la chance d’apprendre le métier à côté d’un entraîneur qui vient d’obtenir un des diplômes les plus prestigieux en France (ndlr : directeur de centre de formation). Il faut donc que j’en profite pour me nourrir de son expérience et ainsi avoir une progression accélérée à ses côtés.

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Il n’y a que dans les films que l’on peut choisir sa fin ! J’aurais bien aimé terminer sur un titre ou une montée mais ça ne se passe pas comme ça dans la réalité. – Belkacem Zobiri

Néanmoins, vous terminez votre carrière de joueur sur une relégation. Cela restera le principal regret de votre carrière ?

Il n’y a que dans les films que l’on peut choisir sa fin ! J’aurais bien aimé terminer sur un titre ou une montée mais ça ne se passe pas comme ça dans la réalité. Durant ces trois années au club, j’ai tout donné, j’ai essayé d’être un exemple pour les jeunes du club. Je pense avoir gagné le respect par rapport à cela, même si ça se termine par une descente. On a fait un état des lieux de notre échec, maintenant on va penser à l’avenir et ne plus ressasser le passé. C’est une nouvelle page de ma vie et de celle du club qui s’ouvre désormais, avec pour objectif de ramener le club à la place minimale qu’il mérite.

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Vous allez donc intégrer le staff technique et avoir sous votre responsabilité des joueurs qui étaient encore vos coéquipiers il y a peu. Il va falloir trouver la bonne distance…

Je pense que peu de choses vont changer dans ma relation avec les joueurs. Tout d’abord, parce que je ne suis pas l’entraîneur principal mais l’entraîneur adjoint, je vais donc avoir pour mission de faire le tampon et le relais entre le groupe et l’entraîneur principal. J’aurais pour mission de maintenir l’équilibre dans la relation entre le staff et l’équipe, c’est la raison pour laquelle cette proximité n’est pas problématique à mes yeux. D’autant que c’est un rôle que j’avais déjà un peu en tant que cadre au sein du groupe les saisons précédentes. Cela s’inscrit donc dans une formation de continuité.

Hormis votre rôle auprès de l’équipe première, vous allez donc également superviser la formation du club…

Le club a fait le constat qu’il y avait un gouffre entre notre formation et notre équipe première. On travaille très bien des U6 aux U13 mais il y a un gros problème des U14 aux U17 parce que nous n’étions pas suffisamment structurés pour bien les encadrer et les amener jusqu’à l’équipe première. On va donc tout faire pour pallier ce problème et ainsi donner envie à nos jeunes de poursuivre leur formation à l’AC Amiens.

Aujourd’hui, ce n’est pas normal qu’un jeune de 14 ans, issu des quartiers nord, parte dans un club limitrophe pour terminer sa formation. Je n’ai aucun souci avec ceux qui vont à l’Amiens SC car ils vont faire leur formation d’un club de Ligue 1, c’est une véritable progression. Par contre, ce n’est pas normal qu’un jeune nous quitte pour un club de division inférieure. C’est une hérésie qu’il faut s’attacher à rapidement corriger. Des clubs comme Longueau et surtout Camon travaillent très bien mais c’est à nous de leur retirer l’envie d’aller dans ce genre de club. Ces jeunes doivent avoir l’envie de porter le maillot de leur club de quartier, il faut donc se donner les moyens de les retenir.

Vous allez donc connaître votre première expérience sur un banc de touche. A terme, avez-vous pour ambition de devenir entraîneur principal ?

Je ne me projette pas aussi loin ! J’ai des ambitions mais j’ai encore tout à apprendre. Aujourd’hui, je considère que l’AC Amiens a de la chance d’avoir un entraîneur aussi humble et compétent. J’aborde donc cette première expérience avec beaucoup d’humilité et la volonté de me mettre au service du club. Ensuite, je vais voir si ça me plaît de travailler avec des séniors et si ça plaît aux joueurs que je sois là. Ensuite, on aura le temps de penser à la suite.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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