Revenu au score en toute fin de match face à Breteuil, l’Amiens Portugais a pu récolter un point pour la troisième journée consécutive. De quoi donner un mélange de frustration et d’ambition à Benoit Sturbois, qui voit beaucoup de capacités dans son groupe.

Benoit Sturbois, qu’est-ce qui domine ? La satisfait d’être revenu ou la frustration d’avoir démarré trop tard ?

Pour être très honnête, je suis frustré. Breteuil est une bonne équipe de R2 mais c’était largement abordable. En étant moins frileux et en allant les presser haut, on aurait pu récupérer beaucoup plus de ballons et se procurer plus d’occasions. J’ai l’impression de revivre le même match. Chacun a eu sa mi-temps. Il y a une évolution, d’habitude on domine la première et on est dépassés en deuxième ! J’ai vu une belle réaction de mes joueurs qui ont tout fait pour obtenir ce résultat. Avec un peu plus de malice, on peut même marquer le deuxième but. On l’a mis, mais il y avait logiquement hors-jeu. On a quand même mis deux buts et c’est plutôt encourageant. On donne le bâton parce qu’on prend le but sur une perte de balle évitable. En dehors de ça, ils ont eu quelques occasions mais Léo Crépin a fait un gros match et une grosse première mi-temps, ce qui nous a permis de rester dedans. Au final, on égalise parce qu’on a rien lâché et c’est l’état d’esprit que l’on va mettre en avant. Il y a eu un beau sursaut d’orgueil de la part des joueurs.

Parce que votre entame, et notamment les vingt premières minutes, n’est vraiment pas bonne…

Ces vingt premières sont très mauvaises parce qu’on est trop moyens techniquement et la circulation du ballon. Je suis très exigent là-dessus. Dès qu’on a commencé à mettre le pied sur le ballon et à réussir nos passes, on s’est facilité la tâche. Ce début de match vient surtout d’un gros problème technique.

Les entrées ont fait du bien à l’équipe !

Je dirais « nos » changements parce qu’ils ont été fait en concertation avec Nordine. On a pu fermer le couloir droit avec de la vitesse, ce qui a embêté Breteuil qui n’avait plus vraiment de possibilité dans le jeu long. On a pu aussi tenir le ballon au milieu de terrain. Chaari a respecté les consignes à la lettre après son entrée et a été récompensé d’un but après sa bonne semaine à l’entraînement. On a rien sans rien et c’est pour ça qu’il était dans le groupe. Il conclut sa semaine par un but qui permet l’égalisation, donc félicitations à tout le monde.

Désormais, il faudra réussir un match complet…

L’idée sera aussi de prendre trois points en un match. On sort de trois points, mais en trois matches ! Si on avait qu’une victoire et deux défaites, le résultat serait le même. On va se consoler en se disant que l’on ne perd plus. On est capables de marquer, même si on encaisse un but derrière, mais quand on en prend un, on a les ressources pour aller égaliser aussi. Il va falloir tout réunir pour tenir 95 minutes. Il faudra être plus consistant dans ce que l’on propose. On marque à chaque match, donc si on arrive à ne pas prendre de but, on ne sera pas loin de la vérité.

Estimez-vous que ce sera un bon point pris en fin de saison ?

Je pense que Breteuil jouera le haut de tableau, et ce n’est pas contre ces équipes que l’on jouera notre maintien. Prendre un point contre une équipe du haut de tableau, c’est un bon point, et je pense qu’il pèsera dans la balance en fin de saison. En tout cas, je l’espère.

Vous êtes à la tête de l’équipe depuis un mois. Comment ressentez-vous les choses jusqu’ici ?

Avec Nordine, on a une ligne de conduite et on s’y tient. On sent de la progression dans le jeu notamment. Les intentions sont meilleures dans le jeu combiné, dans tout ce qui est phases de jeu travaillées à l’entraînement. Les joueurs assimilent ce qu’on veut mettre en place. On sait où on veut aller, mais on ne veut pas aller trop vite. La trêve arrive au bon moment et on va enchaîner sur une bonne préparation de trêve pour essayer de récupérer le temps perdu. En tout cas, on est plutôt dans les temps en terme de jeu que l’on voudrait proposé.

Vous sentez-vous armé pour batailler pour le maintien ?

On se sent armé et les joueurs prouvent que l’on peut compter sur eux, c’est très bien. Il faut qu’ils aient une prise de conscience. Ils sont capables de vraiment mieux faire, et une fois qu’ils auront compris ça, je pense qu’on pourra faire de belles choses. Quoiqu’il arrive, même si on était derniers avec zéro points, je serais toujours prêt à batailler pour sauver le club et le président qui nous a donné les rênes pour essayer de sortir le club de la zone rouge.

Il faut donc faire sauter une barrière psychologique…

Exactement. Ce n’est pas un manque d’investissement, c’est plus un manque de caractère. On a des joueurs avec un fort caractère mais qui ne prennent pas forcément conscience des capacités qu’ils peuvent avoir et de ce que ça peut donner si on joue collectivement. Les vingt dernières minutes doivent être révélatrices pour les joueurs. Ils ont proposé du jeu, ils sont allés presser haut, on a alterné jeu court et jeu long. On a vraiment eu toute la palette de ce que l’on peut faire à l’entraînement. Si on est capables de le faire vingt minutes, c’est qu’on est capables de le faire sur la durée. Quand ils auront pris conscience de ça, qu’il faut arrêter de stéréotyper sur du jeu long… C’est une prise de conscience générale. On insiste là-dessus avec Nordine. On veut leur faire comprendre qu’ils peuvent le faire parce que quand ils le font, ils le font très bien. Le jour où il y aura ce petit déclic psychologique, ça peut vraiment faire de belles choses.

Propos recueillis par Romain PECHON

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