Alors que l’Amiens SC a connu une fin d’année 2019 compliquée, Bernard Joannin se veut offensif pour lancer 2020 ! Procédant à un véritable recadrage de ses troupes, le président amiénois attend une vive réaction de ses joueurs sur cette phase retour. Entretien. 

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Bernard Joannin, quel bilan tirez-vous à l’issue de cette phase aller ponctuée à la place de barragiste ?

Le football est un monde impitoyable, c’est le monde de la compétition, quand on commence à penser que les choses sont simples, la descente est proche. Je tiens solennellement à vous le dire, nous sommes en danger, le club est en danger, la famille est en danger. Quand la famille est en danger, ses guerriers doivent la protéger et mes guerriers ce sont mes joueurs, mon staff, mon directeur sportif. Je les ai rappelés à leur réalité, que le football ne pardonne pas et qu’il faut toujours conserver l’humilité de penser que demain sera encore plus dur que la veille. Les cinq mois qui viennent seront peut-être les plus importants du club. Quand on est arrivés en Ligue 2, nous étions les chèvres de Picardie. En Ligue 1, tout le monde pensait que nous allions redescendre immédiatement. A ce moment-là, nous avions cette haine de la défaite, nous avions une hargne qu’on avait déjà un peu perdue l’an dernier. Parce que les esprits commençaient à s’embourgeoiser, y compris chez les dirigeants. L’an dernier, nous nous en sommes sortis au dernier match, grâce à notre fighting spirit, notre volonté. Aujourd’hui, cette petite musique d’embourgeoisement est un peu revenue. C’est la troisième année en Ligue 1, on est considéré et on pense que ce sera facile. Or, tout est dur dans la vie, la phase aller en a été la preuve.

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C’est un recadrage en règle que vous faîtes à cet instant de la saison…

Non, ce n’est pas un recadrage, je ne recadre jamais les gens, j’essaie de les éclairer. Ce qui est totalement différent. Je suis très content des joueurs, je leur ai dit après le match à Rennes. Ils ont su montrer qu’ils avaient cette capacité à se surpasser, à avoir cet ADN de combat. Ce n’est pas un match qu’il faut faire, ce sont les 20 matches de championnat, où chaque semaine il faudra aller au charbon. Maintenant, c’est compliqué année après année de refaire les efforts, de se battre, c’est donc mon rôle de remettre l’église au milieu du village. Et je suis persuadé que nous allons nous maintenir, continuer notre progression et le développement du club.

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Vous avez parlé d’embourgeoisement, Amiens s’était laissé un peu bercer…

Regardez Toulouse, tous les clubs qui ont eu des difficultés, on se doit d’être en éveil permanent. La première saison, nous avions peur de cette Ligue 1. Là, nous avons l’impression de la connaître. D’une façon inconsciente, ils ont pensé que ce serait plus facile. C’est une erreur parce que c’est encore plus dur, nos adversaires nous connaissent mieux aujourd’hui.

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Selon vous, Amiens va donc vivre les cinq mois les plus importants de son histoire…

Il ne faut pas oublier tout ce qui a été fait. Monter en Ligue 1, ce que personne n’avait réussi à faire jusqu’ici, est déjà quelque chose d’énorme, c’est une première victoire. Il y a des investissements énormes, plus de 4,6 millions d’euros sur les deniers du club. On a aussi développé un centre de formation de qualité, avec quatre jeunes joueurs appelés en équipe nationale. Tout ça, c’est l’état d’esprit qu’on a su développer. Et je tenais à rappeler aux joueurs, que pour la grande famille de l’Amiens SC mais aussi pour leur propre famille, celle des salariés, celle du football amiénois, ils doivent aller au-delà de leurs forces.

Avec l’explosion des droits TV, Amiens ne doit pas manquer le coche…

Non, je n’y pense pas. Je ne pense qu’à une seule chose, l’action, réussir, mettre en place les conditions de la réussite. Dès qu’on commence à penser à l’argent, on est mort. L’argent n’est qu’une résultante du travail. Je veux donc libérer les joueurs de cette pression, ils n’ont qu’une pression de ma part : celle d’être des guerriers, de se battre jusqu’à ce qu’ils n’aient plus de souffle !

Doit-on craindre des départs au mercato ? 

C’est le jeu du mercato. Bien sûr que j’aimerais bonifier cette équipe, c’est déjà le cas avec les retours de Prince Gouano et Saman Ghoddos. Au niveau des départs, je prendrai aussi en compte la carrière du joueur, même si notre souhait est de ne pas affaiblir l’équipe. Après, ce groupe est très intéressant, il ne lui manque qu’une force collective. On n’a pas pris des buts à cause des défenseurs mais parce qu’on a manqué d’un collectif. Dès qu’il aura pris conscience de sa force, je pense qu’il va nous surprendre.

Où en êtes-vous dans le dossier Nicolas Dehon ?

Son départ n’était pas du tout prévu. Maintenant, je n’étais pas là pour briser sa carrière. Il a eu une proposition, Nice n’a pas été d’une correction totale, mais on a l’habitude que les gens ne soient pas corrects dans le monde du football. Nous avons trouvé un accord financier (ndlr : ce que Nice dément encore ce lundi soir). Bon vent à Nicolas, le dossier est clos.

Propos recueillis par Romain PECHON

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Dominique Legrand
Dominique Legrand
9 mois il y a

Recrues qui tiennent la route. Pas encore des remplaçants du remplacant.

Bozo
Bozo
9 mois il y a

La communication ne sert a rien il est temps d agir et de recruter la defense est catastrophique beaucoup de joueurs sont ici pour rebondir ailleurs et l’entraineur bricole beaucoup.
Une lueur d’espoir l’amiens sc semble gerer assez mal mais non concurrent pour la descente notament nimes et le tfc semble être encore pire que nous.
Nous allons nous disputer la place de barragiste avec Metz et Dijon

Ghis
Ghis
9 mois il y a

Le retour des blessés serait déjà une excellente chose. Il nous manquait quand même du monde. Reste la défense où il nous manque quand même 2 bons latéraux. Pourquoi ne pas récupérer Krafth et Pieters en prêt ?

Niko
9 mois il y a

Otero en ligue 2 c’est une bonne idée je crois ?

Libertedexpression
Libertedexpression
9 mois il y a

Tout va pas si bien que cela madame la marquise ….notre président toujours très optimiste deviendrait il réaliste ?
Si tel est le cas l urgence de bonnes recrues paraît une évidence

HERVE EUGENE
HERVE EUGENE
9 mois il y a

J’espère qu’il y aura une ou deux recrues..tout au moins un finisseur en pointe. Beaucoup d’occasions, mais peu de buts.