Cris racistes envers Prince Gouano : Et maintenant ?

Prince Gouano

Victimes de cris racistes vendredi soir à Dijon, Prince Gouano a donné une leçon de tolérance à tous en préférant pardonner plutôt que de porter plainte. Néanmoins, l’affaire ne s’arrête pas là et en attendant les suites de l’instruction, notre rédacteur en chef a donné son point de vue sur les potentielles sanctions à prendre dans l’émission la Tribune des Sports, animée par Mathieu Dubrulle chaque lundi sur France Bleu Picardie.

L’arrêt des matches, une solution sur le long terme ? 

Passé le temps de l’émotion et des marques de témoignage, tout le monde se pose désormais une seule et même question : comment enrayer le phénomène de racisme dans les stades de football ? Prince Gouano lui même a mis les instances du football français devant leurs responsabilités : « La Ligue sait désormais à quoi s’attendre. J’étais à deux doigts de sortir définitivement et l’équipe était prête à me suivre. Il faut impérativement que ça cesse, la prochaine fois il faudra donc peut-être arrêter le match. En tout cas, on ne va rien lâcher car ce n’est plus possible de voir ça au 21e siècle. »

Or, l’idée d’arrêter un match suite aux débordements d’un seul individu est-elle la meilleure des réponses à donner ? Faut-il se résoudre à punir des milliers d’innocents en décrétant des matches à huis clos en réponse à ce type d’incident, comme le propose Marcel Glavieux, président du district de la Somme, afin de créer un potentiel électrochoc ? Solution extrême, évoquée avant les insultes à l’encontre de Prince Gouano, par la ministre des sports, Roxana Maracineau, doit-on retirer des points aux clubs concernés par ce type d’incidents en tribune ?

Renforcer l’arsenal juridique existant ?

A toutes ces interrogations, Romain Pechon, rédacteur en chef du 11 Amiénois, répond par la négative, considérant que ce genre de dossier doit avant tout se régler par le biais d’une procédure pénale : « Toujours taper sur le sportif, ce n’est pas une bonne solution, ça ne réglera jamais le problème du racisme. La seule issue demeure une sanction individuelle, par le biais d’une procédure pénale. Le supporter incriminé, s’il est prouvé qu’il a tenu des cris racistes doit être sanctionné d’une peine de prison, d’une amende ou bien encore d’une interdiction de stade selon la législation en vigueur. »

A l’heure actuelle, toute injure raciste peut être punie d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende. Reste à savoir si la peine maximale sera appliquée et surtout si celle-ci sera accompagnée d’une interdiction de stade suffisamment dissuasive pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir. Niant les faits, l’auteur présumé des cris racistes à l’encontre de Prince Gouano est actuellement placé sous le statut de témoin assisté, dans l’attente de la poursuite de la procédure. « Quoi qu’il en soit, si les faits sont avérés, il faut marquer le coup en prenant une sanction forte, il faut que cette affaire serve de jurisprudence pour la suite », estime Romain Pechon.

Considérant que l’exemple doit toujours venir d’en haut, en l’occurrence du monde professionnel, notre rédacteur en chef espère des sanctions exemplaires et adaptées, pouvant aller jusqu’à une interdiction de stade à vie pour les individus incriminés, sans que le secteur sportif ne soit directement impacté par des dérives dont il n’est pas responsable. 

Source : France Bleu Picardie

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