Intronisé à la tête des Portugais d’Amiens ce vendredi, Cyrille Chaillou livre sa première interview pour le 11 Amiénois afin d’évoquer ses ambitions après deux saisons blanches suite à son départ précipité et inattendu de l’ESC Longueau en 2017.  

Pourquoi avoir accepté le challenge des Portugais d’Amiens ?

Vu comment le projet m’a été présenté, ça paraissait plutôt sérieux. C’était aussi une bonne opportunité de me relancer dans de bonnes conditions. J’avais fait priorité d’un club de niveau Ligue (ndlr : Régional 1,2,3), c’était pour retenter une aventure mais surtout une relance dans de bonnes conditions, c’est ça qui m’importait.

Qu’entendez-vous par bonnes conditions ?

Il était important de préserver ma vie de famille. Le football amateur est de plus en plus exigeant, tout le monde le sait, et il faut trouver le bon compris sur l’investissement. Est-ce qu’il faut s’investir corps et âme, ce que j’ai fait pendant quatre ans à Longueau, et ne pas forcément avoir la récompense derrière, y perdant parfois en qualité de vie familiale ? Je n’en suis pas sûr. Il était important de prendre du recul après tout ça et de resserrer mes liens familiaux. Il y a une pression sportive parce qu’il y a un objectif de résultats, mais derrière le président a bien entendu mon propos. C’était cette garantie qui était primordiale. Je m’investis, je fais les choses, je suis quelqu’un de professionnel, mais il y a une priorité qui est ma compagne et mes enfants.

Longueau ? La cicatrice a été compliquée à refermer.

A entendre ce discours, la fin de l’aventure à Longueau reste encore une cicatrice ?

Je ne pensais pas le prendre comme ça. Je me suis surpris tout seul et psychologiquement ça a été compliqué. J’ai toujours dit que je respectais le choix, un choix de président il faut le respecter mais je ne le comprenais pas. C’est vrai que je me suis posé énormément de questions par rapport à ça. C’était une grosse remise en question. La cicatrice a été compliquée à refermer. Ça a été deux ans compliqués, je suis resté loin des terrains, mais j’ai suivi les résultats régionaux et surtout locaux à distance. Je connais un peu les performances de chacun.

Quel va être l’objectif des Portugais pour la nouvelle saison ?

Je préfère avoir un objectif fort et annoncer tout de suite qu’on vise une montée en R1. Jouer le maintien, en R2, c’est compliqué, dans le discours, ce n’est pas évident donc il vaut mieux essayer de se mettre tout de suite à la locomotive de tête et s’y accrocher. C’est important d’avoir des objectifs forts et clairement il y a un objectif de monter en R1.

Allez-vous avoir les moyens pour atteindre cet objectif ?

Si je me base sur les premières discussions avec le président, les moyens donnés vont permettre de faire quelque chose de plutôt pas mal et d’être compétitif dans notre division et essayer d’atteindre l’objectif fixé.

Ne craignez-vous pas de perdre des joueurs au moment où certains sont fortement courtisés ?

Je n’ai pas encore rencontré les joueurs, ma nomination est encore toute fraîche. J’en rencontre une partie ce soir (ndlr : vendredi). Je connais encore très mal l’état d’esprit de chacun. Comment ça va être perçu, est-ce que certains vont vouloir travailler avec moi ? Il y a pas mal de questions à se poser. Les rumeurs, on sait qu’on est dans cette période. Il ne faut pas y prêter attention.

Vous avez suivi la saison des Portugais ? Comment voyez-vous les choses pour ce club ?

Tous les ans, on entend parler un peu plus des Portugais. Ils parviennent à exister dans leur championnat et je pense que c’est un club qui a la structure nécessaire et les épaules pour, a minima, évoluer en R1. Il y a de bons jeunes, chez les seniors c’est plutôt pas mal et il y a une cohésion de club. Les gens vivent bien dans le club, sur ce que j’ai pu voir. C’est important de travailler là-dessus. Ensuite, ça restera du coaching sportif, et on sait que le R2 d’aujourd’hui ne correspond plus à la PH d’il y a deux ans.

D’autant que le championnat s’annonce très compétitif l’an prochain…

Il va être tout aussi intéressant que compétitif. Les Portugais, cette saison, ont marqué 45 buts pour 40 encaissés. Est-ce qu’à ce niveau, ce ne sont pas les équipes qui encaissent le moins de buts qui figurent le mieux en fin de saison ? Je le pense. Ça va être un secteur de jeu à travailler pour savoir comment équilibrer les choses au mieux.

Vous avez donc déjà une idée des axes d’amélioration…

On a déjà deux ou trois pistes de travail, et on va en avoir d’autres à partir de ce soir en voyant les joueurs concernés.

Vous les avez vu jouer cette saison ?

Une seule fois, contre Camon !

Certains de vos anciens joueurs pourraient potentiellement vous suivre…

C’est en cours de discussion, il y a quelques contacts. On arrive à une période où on est très limité dans le temps puisque ça s’est dessiné un peu sur le tard. Il y a beaucoup de joueurs qui ont pris leurs dispositions avec leurs clubs. On verra ce qu’on peut faire.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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