De retour à l’Amiens SC en qualité d’entraîneur des U19 depuis le début de l’année civile, David Suarez nous explique les raisons qui l’ont incité à quitter Bastia, où il occupait la même fonction, pour revenir à Amiens, quinze ans après son départ en tant que joueur. Entretien. 

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Quelles sont les raisons de votre retour au centre de formation ?

Le staff amiénois et le centre de formation cherchaient à recruter un éducateur pour la catégorie U19 sachant que Patrice Descamps allait sortir de l’équipe et prendre la responsabilité du centre de formation sans équipe. Donc, ils ont fait un peu le tour de la formation du formateur où je suis, à Clairefontaine, et ils ont vu que mon profil pouvait les intéresser. Il y a eu des contacts, malgré le timing en décembre qui n’est pas souvent facile mais j’ai pris la décision de venir sur ce projet qui me colle à la peau.

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C’était une évidence ?

C’est une suite, une évolution. L’Amiens SC est un club où j’ai passé d’excellents moments. Aujourd’hui, je dois me tourner vers le futur et quand on voit l’évolution du club et tout ce qu’ils mettent en place autour de la formation, pour moi c’est de continuer mon apprentissage et ma reconversion d’entraîneur, continuer à progresser, m’intégrer rapidement dans ce staff qui a l’air vraiment méthodique qui a envie d’avancer avec des entraîneurs, des joueurs, des éducateurs et des personnes qui travaillent au club qui, quand on connaît le travail important de la formation, aide au mieux le club de l’Amiens SC.

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Vous confier les U19, c’est une marque de confiance ?

Je suis reconnaissant, je suis très heureux de revenir et travailler ici. Les moins de 19 ans, avec les U17 et la Nationale 3, ce sont des joueurs qui veulent devenir professionnels et qui veulent toucher le haut niveau. À nous de bien bosser pour les faire comprendre et les faire avancer.

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Qu’est-ce qu’on vous a présenté comme projet ?

C’est un projet méthodique, un projet de performance, un projet d’optimisation de la performance. Patrice Descamps et tout le staff de la formation sont là pour mettre un climat de confiance permettant aux jeunes joueurs de se développer, aux joueurs à fort potentiel d’avancer. Je sens de suite un projet cohérent, méthodique, organisé, ambitieux dans un climat familial où on est une équipe. C’est très important dans le foot aujourd’hui.

Votre objectif est d’être entraîneur professionnel, pourquoi pas à Amiens un jour ?

Pour l’instant, il faut parler de présent. C’est se former, travailler avec les jeunes où j’estime que j’ai énormément de choses à faire pour pouvoir devenir un jour entraîneur chez les pros.  Ce n’est pas une étape qui est complètement définie dans ma tête, je veux vraiment maîtriser ce domaine. Autant quand on était un joueur, on pensait à sa propre partition ou la partition collective. Autant entraîneur, on doit penser à tout. Et autant formateur, on doit être dans la patience avec les jeunes, le moindre détail est important.

Tout se prépare, c’est une gymnastique et une méthodologie qui ne s’obtient pas du jour au lendemain, il y a le management, il y a plein de chose. Je suis vraiment au début, je suis en cours de téléchargement on va dire. Oui, je suis au début de tout ça et je conçois le football comme un grand partage, une grande maison où on va chercher à se construire. Je me construis, je ne suis qu’au début et donc, je ne pense pas à ça.

Avant Amiens, il y a eu cette première expérience à Bastia…

Bastia m’a tendu la main dans une reconversion. Ce sont des moments fabuleux, des aventures humaines dans un club comme Bastia avec un énorme identité. Et ce, malgré les conditions qu’on a connu avec un dépôt de bilan et pratiquement la mort du club. Une équipe dirigeante qui s’est battue pour son identité, qui est le club de la Corse. Les gens parlent tous les jours. L’autre jour, il y avait un match de Coupe de France, il y avait 7000 personnes. Le samedi soir, c’est le match à Bastia, quand le Sporting gagne, les gens sont heureux. Les gens ne viennent pas voir un match de National 3, ils viennent voir un match du Sporting. De participer à cette reconstruction, c’est pour moi très formateur sur le terrain parce que ça a été des situations d’urgence, des situations de vives émotions.

Je tiens vraiment à remercier le club de Bastia qui a aussi compris mon départ pour l’Amiens SC. Je suis très fier d’avoir pu aider le Sporting à ma juste valeur chez les jeunes. C’est ma conception du foot de donner, d’être généreux. J’ai pu commencer à Bastia, ce n’est qu’un début. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, je vais continuer à bien bosser. On n’obtient rien sans rien. Mon but c’est de partager des émotions dans le football parce que c’est le plus important et de transmettre les émotions qu’on peut partager.

Quinze ans après, tout le monde vous reparle de cette saison extraordinaire en 2004. Vous finissez meilleur buteur de Ligue 2 avec Amiens.

C’est vrai qu’on en parle beaucoup. On en rigole encore avec Fabrice Abriel, Jean-Marie Stéphanopoli, Antoine Buron, monsieur Morel et toutes les personnes qui étaient au club. Les années précédentes, il y a eu la finale de la Coupe de France mais je retrouve un club fier de son identité. J’ai vécu de bons moments et je retrouve un climat de confiance que j’avais déjà vu par le passé. Et je suis très heureux de retrouver ces sensations.

Propos recueillis par Romain PECHON

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