David Suarez : « Le réalisme nous fait défaut »

David Suarez

Entraîneur des U19 de l’Amiens SC, David Suarez reste aussi l’attaquant qui a marqué 17 buts lors de la saison 2003/2004 sous le maillot amiénois. Invité de la Tribune des Sports, diffusée chaque lundi sur France Bleu Picardie et animée par Mathieu Dubrulle, l’ancien Toulousain a livré son analyse sur les difficultés offensives de la formation entraînée par Christophe Pélissier.

Une attaque en berne

Muet lors de cinq de ses huit derniers matches, seizième attaque du championnat et une difficulté récurrente à forcer le verrou défensif adverse, Amiens peine à forcer la décision en cette fin de saison. Pour preuve, aucun de ses attaquants n’a franchi la barre symbolique des dix buts cette saison. « Marquer 10-12 buts, c’est la récompense d’un travail collectif. Maintenant, c’est toujours difficile de marquer en professionnel, atteste David Suarez. Cela marche à la confiance, à l’affect et au travail, ça demande beaucoup de générosité. Sur le papier, on a de sacrés buteurs mais il faut parfois aussi des combinaisons et de la complémentarité à ce niveau. »

Or, Christophe Pélissier n’a jamais pu travailler sur la longueur avec certains de ses joueurs, Konaté ou encore Ghoddos ayant manqué de nombreux matches, tandis que d’autres n’ont pas confirmé les espoirs placés en eux, à l’instar de Mendoza ou Otero. De quoi dédouaner les joueurs chargés de pousser le ballon au fond ? « L’attaquant reste le joueur en bout de chaîne. On ne peut pas dire avec certitude que c’est le maillon défaillant actuellement. Amiens éprouve également des difficultés à porter le ballon dans la surface de réparation adverse et ainsi se procurer de véritables situations dangereuses, constate Romain Pechon du 11 Amiénois. La domination est souvent bien stérile. »

Guirassy est bien trop seul

Car si Amiens a souvent eu le contrôle des opérations lors de ses dernières sorties à domicile, il a toujours manqué la dernière passe, le geste juste ou plus encore la combinaison sans le moindre déchet technique pour faire réellement mal à l’adversaire. « Même si c’est plus facile de le dire, c’est dommage de ne pas passer davantage par les côtés, regrette Jérôme Crépin, le président d’Abbeville. Contre Toulouse, par exemple, l’axe défensif a fait un bon match et on s’est un peu entêté à passer par là. » Un problème d’autant plus insoluble que Christophe Pélissier reconnaît que « la qualité offensive fait défaut à l’heure actuelle et ce pour plusieurs raisons ».

A commencer par l’absence de Moussa Konaté, blessé au genou et ménagé sur les derniers matches. « Il a déjà a été absent longtemps au début à la fin de l’automne et durant une bonne partie de l’hiver. Il en est à sept buts alors qu’il en avait mis treize l’an dernier, rappelle Antoine Caux du JDA. Le 4-4-2 Guirassy-Konaté a bien marché à sa mise en place. Aujourd’hui, Guirassy se retrouve un peu orphelin de Konaté et ça se ressent sur ses statistiques. » Avec seulement deux buts depuis son arrivée en Picardie, l’attaquant prêté par Cologne a démontré qu’il ne pouvait pas jouer seul devant. « A partir du moment où le duo Konaté-Guirassy été cassé, on a perdu tous nos repères sur le plan offensif », regrette Romain Pechon.

Et c’est peut-être par la reformation de ce duo, samedi à Monaco, que passe le salut de l’Amiens SC. Car, depuis quelque temps, « le petit doute s’est installé au moment de faire un geste en première intention et le réalisme [nous] fait défaut malgré des situations franches », conclut David Suarez. 

Source : France Bleu Picardie

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