Entretien Le11 : Charly Charrier : « La fin de l’aventure était arrivée »


Après deux saisons à Amiens, Charly Charrier a résilié son contrat avec le club picard, cet été. Souffrant d’une pubalgie, le milieu de terrain a pris son temps avant de se lancer un nouveau défi. C’est finalement aux Herbiers, en National 2 et surtout dans sa Vendée natale, que l’ancien meneur de jeu de l’ASC va tenter de se relancer. Entretien. 

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Comment s’est terminée votre aventure avec Amiens ? 

Assez naturellement, avec une résiliation de contrat à l’amiable. Les deux parties étaient d’accord sur le fait que ce serait compliqué pour moi d’avoir une place dans la rotation en Ligue 1. Après une année marquée par une pubalgie, qui m’a éloigné des terrains pendant huit mois, il était donc hors de question de faire deux saisons blanches consécutives.

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Gardez-vous un goût amer de cette saison qui avait pourtant débuté sur les chapeaux de roue avec ce match au Parc des Princes ? 

Non, parce que je préfère toujours garder le positif. J’espérais davantage de cette saison en Ligue 1 mais cette blessure a compliqué grandement les choses. En Ligue 2, j’ai eu du temps de jeu et on m’a fait comprendre que j’étais important. À l’inverse, quand vous ne jouez pas, vous n’existez plus. C’est la dure loi du football mais je n’ai pas le moindre goût amer. Mon seul regret est d’avoir été blessé durant la quasi totalité de la saison.

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Finalement votre saison se résume à trois matches dont une seule titularisation face à Angers en début de saison. Peut-on dire que vous avez vécu cette saison de Ligue 1 un peu en marge du groupe ? 

Quand on est blessé sur une aussi longue durée, on fait toujours partie du groupe mais on ne se sent pas véritablement concerné par la compétition et l’équipe en elle-même. On ne va pas se mentir, dans le sport de haut niveau il y a ceux qui jouent et les autres. Je n’ai pas découvert tout ça avec ma blessure, je le savais bien avant. Néanmoins, c’est regrettable car je restais sur 37 matches en Ligue 2 avec Amiens, j’aurais aimé répondre à une certaine concurrence en Ligue 1. D’autant qu’elle était hyper intéressante, elle m’aurait clairement tiré vers le haut. Malheureusement, je n’ai pas pu intégrer cette rotation.

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Vous étiez en concurrence directe avec Gaël Kakuta… 

Quand Gaël est arrivé au club, j’ai tout de suite compris qu’il allait être numéro 1. Quand on a un joueur aussi fort, c’est impossible de faire autrement, que ce soit en meneur de jeu, à gauche ou à droite, c’était certain qu’il jouerait. Toutefois, je n’étais pas dans l’état d’esprit de me dire que j’étais doublure. Ma volonté était de faire un maximum de matches et j’aurais adoré être associé à ses côtés comme ce fut le cas contre Angers (2ème journée de Ligue 1 Conforma). Je pense que je me serai épanoui à ses côtés sur le terrain.

Finalement, c’est la deuxième fois que les portes de la Ligue 1 se referme un peu devant vous après Guingamp en 2013. Comment l’avez-vous vécu cette fois-ci ? 

Avec Guingamp, c’était pour d’autres raisons. Je ne restais pas sur une saison pleine en Ligue 2 et c’était peut-être trop tôt pour moi. La Ligue 1 était peut-être ma limite à ce moment-là. Aujourd’hui, sans ma pubalgie, je suis convaincu que j’avais mon mot à dire au milieu de terrain à Amiens. Malheureusement, j’ai été freiné par une blessure et l’arrivée de nouveaux joueurs.

Et comme après Guingamp, vous êtes finalement retourné en Vendée en vous engageant avec les Herbiers en National 2. Vous n’aviez pas de sollicitations de clubs professionnels ? 

Il était déjà hors de question que je m’engage avec un club sans que ma pubalgie soit pleinement soignée. J’ai donc décidé de prendre mon temps en juin, au moment où la plupart des clubs reprenaient l’entraînement. Ensuite, il y a eu la Coupe du monde et je pensais que ça repousserait un peu l’offre et la demande. J’ai finalement eu des sollicitations de National et de certains clubs de Ligue 2. Mais je n’arrivais pas à me projeter dans les projets proposés. Repartir en Ligue 2 dans un club qui joue le maintien avec peu de moyens et de structures, ça ne m’intéressait pas du tout. Finalement, j’ai fait un choix familial en retournant dans une région que je connais très bien avec des coaches et des joueurs que j’avais déjà fréquentés. C’est du National 2, ça ne fait peut-être pas rêver mais après huit mois d’absence je suis déjà épanoui de retrouver les terrains. On verra par la suite pour retrouver le haut niveau. En tout cas, je n’ai pas fait une croix sur une carrière professionnelle.

Vous allez donc tenter de vous relancer dans un cadre de travail favorable… 

Beaucoup pensent que c’est de la folie de passer de la Ligue 1 à du National 2. Mais je pars du principe qu’on n’est pas plus heureux dans un club de Ligue 1 où on ne joue pas que quand on est apte à jouer en National 2. La Ligue 1, c’est bien mais je l’ai vécu de l’extérieur. C’était finalement assez frustrant et je n’étais clairement pas épanoui. Je préfère donc être dans un environnement familier, chez moi, savoir ma famille heureuse d’être chez elle et personnellement retrouver le goût de la compétition. Dans un premier temps, l’épanouissement passe donc par les Herbiers. Il faut parfois savoir reculer pour mieux sauter.

Finalement, que gardez-vous de ces deux années à Amiens ? 

Je vais retenir cette belle saison de Ligue 2, à laquelle j’ai fortement participé. Je garde aussi en mémoire les gens que j’ai rencontré et avec lesquels je suis resté en contact, que ce soit des supporters, des bénévoles du club ou certains joueurs. Il y a aussi le Parc des Princes et Geoffroy-Guichard, des stades dans lesquels on n’a pas l’habitude d’évoluer.

Cet été a finalement marqué la fin d’un cycle à Amiens… 

On le voyait clairement venir. On a très vite compris que le projet du coach pour la deuxième saison en Ligue 1 était différent. Il voulait avant tout des joueurs rapides avec une base défensive solide et une transition rapide vers l’avant. Tout ce qui est joueur technique qui joue dans les petits espaces comme Manu (Emmanuel Bourgaud) ou moi-même, il fallait qu’on trouve un nouveau point de chute sinon notre temps de jeu aurait été de plus en plus limité. Les carrières sont ainsi faites, un joueur passe deux ou trois ans dans un club avant d’aller voir ailleurs. Honnêtement, on a vécu de supers moments mais on a très vite compris que la fin de l’aventure était arrivée en fin de saison dernière.

Gardez-vous un œil attentif sur les performances d’Amiens ? 

J’ai Régis Gurtner, Khaled Adenon, Prince Gouano, Bakaye Dibassy et Mathieu Bodmer régulièrement au téléphone. Amiens est un club que j’ai apprécié et je suis content quand les résultats sont bons. Je n’ai pas de rancœur quand je vois Amiens en Ligue 1. Je suis passé à autre chose et je leur souhaite de vivre une belle saison.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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