En cette semaine de match face à Strasbourg, le 11 Amiénois vous propose d’aller à la rencontre d’un joueur qui a marqué le club avec cette finale de Coupe de France face à ce même adversaire en 2001. L’ancien milieu de terrain, Emerick Darbelet, est revenu avec nous sur son histoire au club dans cette première partie. Il nous raconte également sa vie d’entraîneur du club du Vendée Fontenay Foot (National 3). Avant d’évoquer dans une seconde partie la finale de la Coupe de France et sa relation avec ses entraîneurs.

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Emerick, quelle est votre trajectoire depuis la fin de votre carrière professionnelle ?

J’ai fini ma carrière à 36 ans. Après Amiens, j’ai fait Ajaccio, Niort, Clermont et j’ai fini chez moi, en amateur, à l’AS Moulins en CFA (National 2). Ça fera dix ans au mois de mai. J’ai terminé sur une montée en National. Je me suis alors penché sur l’entraînement pour voir si ça pouvait m’intéresser. J’ai donc suivi un cursus comme adjoint dans ce club-là en National et en CFA (National 2), en m’occupant de l’équipe réserve. D’ailleurs, je suis monté une fois avec la réserve de DH (Régional 1) en CFA2 (National 3). Après, j’ai connu un licenciement économique avec Moulins. Je suis ensuite parti pendant deux ans et demi à Jura Sud, club que j’ai quitté parce que je prenais moins de plaisir dans mon travail au quotidien.

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Pour quelles raisons ?

Attention, j’étais très bien dans ce club, j’y ai toujours de très grandes affinités. Mais, dans mon quotidien, je ne prenais plus de plaisir. De plus, j’étais parti tout seul, sans la famille. J’ai préféré faire un break d’un an où j’ai fait la DMVE (dix mois vers l’emploi) avec l’UNECATEF. Ça m’a permis de faire le point sur les choses que je voulais faire et retravailler sur tout ce que je n’avais pas pu formaliser depuis que j’ai entraîné. Finalement, le terrain me manquait. J’ai recherché des clubs et un jour le Vendée Fontenay Foot est entré en contact avec moi. On a discuté et j’ai passé mon entretien d’embauche. Je suis leur entraîneur depuis le mois de juillet. Pour l’instant ça se passe pas trop mal, on est encore en course pour la montée en National 2.

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Vous n’avez passé que deux saisons à l’Amiens SC. Pourtant, vous serez à tout jamais dans l’histoire du club avec cette finale de Coupe de France. Que retenez-vous de votre passage au club ?

Mon histoire à Amiens est assez particulière. Au bout de trois mois (saison 1999-2000), je voulais partir. Je déprimais à cause du temps (rires). De plus, la première année a été compliquée puisqu’on est descendu en National. Finalement, lors de ma deuxième année, j’ai cherché à acheter une maison, je voulais alors m’installer à Amiens. Denis Troch avait laissé le dossier de ma prolongation au président, Monsieur Pascal Pouillot. Quelles sont les raisons de ma non-prolongation ? Je n’en ai aucune idée.

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Après la finale, je pensais poursuivre l’aventure à Amiens.

Moi, j’étais parti en vacances avec l’idée et la volonté de resigner à Amiens pour trois ans. Après la finale, je pensais poursuivre l’aventure à Amiens. À l’époque, j’avais 28 ans et je voulais m’inscrire dans ce club. J’étais bien, même très bien à Amiens. J’y avais trouvé des amis et un vrai confort de vie. Malheureusement, la prolongation n’est jamais venue et je suis donc parti à l’AC Ajaccio. Pour autant, je n’ai que des beaux souvenirs avec Amiens.

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Par la suite, vous avez souvent marqué lors de vos retours à la Licorne, notamment avec Ajaccio et Clermont. Avez-vous eu un sentiment de revanche ? 

Non ! Je me rappelle que, quand je reviens Amiens la saison suivante, je marque sur penalty à la Licorne. Au fond de moi, j’étais très content de marquer mais d’un autre côté je me rappellerai toujours de quelques pseudos supporters qui avaient eu une réaction maladroite vis-à-vis de moi. Et ça m’avait touché parce que j’avais la sensation de leur faire quelque chose de mal. Donc, oui, ça a toujours été un match particulier. Mais revanchard, non. Je n’ai jamais eu de sentiment de revanche par rapport à mes anciens clubs car je suis toujours parti en de bons termes.

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Ajaccio ? J’y ai connu une année exceptionnelle avec la montée en Ligue 1 au bout.

Personnellement, je suis content d’être passé à Amiens. Ça finit bizarrement parce que je suis un des rares à ne pas avoir prolongé après la finale. Mais c’est que mon histoire ne devait pas continuer à Amiens et que je devais passer à autre chose. Cependant, ce n’est pas de mon fait pour le coup. La vie que j’ai connue à Ajaccio fait que finalement c’était peut-être le destin. J’y ai connu une année exceptionnelle avec la montée en Ligue 1 au bout.

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Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’Amiens SC ces dernières saisons ?

J’ai toujours suivi Amiens. Ce qui me fait sourire, c’est aujourd’hui, quand je revois quelques parutions Facebook à l’époque du National et de la Ligue 2, quand le club était très mal. Désormais, ces mêmes personnes encensent le club et les joueurs. Il y a quelques temps, le club n’était pas très bien voire très mal et maintenant, il est en Ligue 1 et devrait se maintenir. Les choses sont plutôt cycliques mais, je suis content pour le club, qu’il soit en Ligue 1 car il le mérite dans ce beau stade.

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Je suis content qu’un club où je suis passé réussisse.

Après je pense que je ne m’y retrouverais pas aujourd’hui, parce que les choses ont beaucoup changé. Je ne sais pas si je connais encore beaucoup de monde à l’ASC aujourd’hui, hormis Gilbert Morel et le gardien du stade notamment. Par contre, c’est une bonne chose de la part des dirigeants de vouloir conserver le côté familial du club, de ne pas couper avec ses racines.

Tous propos recueillis par Kévin KONRAD

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Phili
Phili
1 année il y a

J adorais ce joueur !