Entretien #Le11 – Erik Pieters : « Amiens, une agréable surprise »

Erik Pieters Amiens SC

Élu joueur du mois France Bleu Picardie/Le 11 Amiénois, Erik Pieters s’est longuement confié sur son intégration au sein du vestiaire et son rôle au quotidien à l’Amiens SC. L’international Néerlandais a également évoqué son avenir à un an de la fin de son contrat avec Stoke City. Entretien exclusif.

Vous vous êtes imposé au sein de cette équipe très rapidement. Au point même d’être élu joueur du mois de mars par nos lecteurs… Cela vous surprend-il ?

Oui, sincèrement. Je sais ce dont je suis capable, je connais mes qualités, ce que je peux apporter à cette équipe, mais c’est un vrai honneur d’être nommé joueur du mois. Je remercie toutes les personnes qui ont voté pour moi. Cela veut dire que je suis sur le bon chemin, que j’aide mon équipe à avancer. C’est la raison principale pour laquelle je suis venu : jouer des matches, montrer ce dont je suis capable et aussi aider Amiens à se maintenir en Ligue 1. Je suis très heureux et c’est un honneur de recevoir cette distinction.

Vous avez rapidement gagné les cœurs des supporters !

Chaque match, je donne le meilleur de moi-même et je n’en attends pas moins de chaque personne au club. C’est très important d’être unis, d’être un collectif. Donc à chaque match, je me donne à 100%. Parfois on joue bien, d’autres fois, un peu moins bien, mais à la fin du match, je peux me regarder dans le miroir et me dire que j’ai tout donné sur le terrain. À la fin de chaque match, on se doit de remercier les supporters qui viennent à domicile ou en déplacement, car ils sont présents les 90 minutes.


Aux côtés de Juan Otero ici, Erik Pieters a rapidement trouvé sa place au sein du groupe amiénois.

Le coach met régulièrement en avant votre professionnalisme et votre expérience. Peut-on dire que vous êtes un leader ?

Oui. En tant que leader, on se doit de tout donner pour montrer l’exemple. Bien sûr, ici, il y a la barrière de la langue mais si j’ai des choses à dire, un de mes coéquipiers fera la traduction. Cependant, Prince (Gouano) est le leader principal de ce groupe, il parle devant tout le monde. Je suis plus un leader de l’ombre et je discute individuellement avec les joueurs, avec le coach et le staff pour savoir ce qu’on peut faire pour gagner les matches. Je dois m’assurer d’utiliser mon expérience pour aider tout le monde.

On a le sentiment que votre intégration au sein du vestiaire s’est également faite très rapidement…

Oui, ça s’est fait rapidement parce qu’ici beaucoup de joueurs essayent de parler avec moi en anglais, même si c’est compliqué pour eux. J’apprécie beaucoup ça. J’essaye d’apprendre le français aussi, c’est difficile mais j’essaye. Je comprends de plus en plus de mots. J’apprécie beaucoup que mes partenaires essayent de parler la même langue que moi donc j’essaye de faire de même. S’ils ne peuvent pas m’expliquer quelque chose, il y aura toujours quelqu’un pour m’aider. Ça me touche parce que c’est ce qui doit se faire mais tout le monde ne le fait pas ailleurs.

Ce n’est donc pas un problème d’avoir plusieurs nationalités dans un même vestiaire ? Avez-vous déjà appris quelques mots de français ? Si oui, lesquels ?

J’ai l’habitude de jouer avec des joueurs de plusieurs nationalités. Principalement où je suis allé, on parlait néerlandais ou anglais mais maintenant être ici a amené un nouvel objectif pour moi. J’aime apprendre le français et comprendre de plus en plus de choses autour de moi et le parler. Je connais quelques mots mais pas les meilleurs donc je ne vais pas commencer à les dire là (rires). En tout cas, je suis très content d’être ici, je ne pouvais pas être plus heureux.

Je dois dire qu’après avoir lu certaines choses en ligne, le club est plus chaleureux qu’on ne le dit, le club est plus grand qu’on ne le décrit et les joueurs sont meilleurs que ce que les gens peuvent dire.

En venant en France, vous avez laissé derrière vous votre famille. C’est la partie difficile du métier…

Au début, ça l’était. J’étais à l’hôtel, tout le monde parlait français. On est dans un pays complètement étranger. Je ne comprenais pas tout, même si on m’aidait énormément. C’était très difficile au début même si je suis plus âgé et que j’ai plus d’expérience. Ce n’est jamais sympa de laisser sa femme mais elle me supporte à distance. Elle fait énormément d’aller-retours pour me voir que ce soit dans la semaine ou les jours de match. Ma famille vit en Hollande, ils sont à quatre heures de route mais on est en 2019, il y a FaceTime, WhatsApp : on a tout ce qu’il faut pour rester en contact. C’était difficile au début mais j’ai énormément de soutien, ce qui est plus facile avec le temps.

Votre arrivée s’est faite le dernier jour du mercato. Vous vous êtes alors vite renseigné sur le club et la ville d’Amiens. Quelques semaines plus tard, cela correspond-il à vos attentes ?

Quand j’ai eu l’appel me confirmant que j’allais à Amiens et que le deal était fait, la seule chose que j’ai pu faire en huit heures, c’était de me dépêcher. J’avais eu un entraînement le matin et il y avait une offre sur la table que Stoke avait refusé donc j’ai pensé qu’il n’y aurait pas eu d’accord à la fin de la journée et que je resterais à Stoke. Après l’entraînement, j’ai su qu’il y avait un accord entre les deux clubs donc j’ai du me dépêcher. L’avion que je devais prendre pouvait atterrir à Manchester ou à Birmingham, donc j’ai couru chez moi et préparé mes affaires. Je suis repassé par Stoke pour aller à l’aéroport de Birmingham. J’ai préparé mes affaires en dix minutes, ma femme m’a déposé à l’aéroport, j’ai pris l’avion et je suis arrivé ici avec les tests médicaux, etc. Je crois même que j’étais à l’hôtel à dix heures du soir, complètement fatigué.


Arrivé à Amiens le 31 janvier, Erik Pieters ne s’attendait pas à faire ses bagages pour un club qu’il ne connaissait pas bien.

Donc je ne connaissais pas beaucoup de choses sur le club ou la ville parce que je n’ai pas eu le temps de faire des recherches. Après quelques jours, je me suis renseigné sur le club, la ville et mes nouveaux partenaires. Je dois dire qu’après avoir lu certaines choses en ligne, le club est plus chaleureux qu’on ne le dit, le club est plus grand qu’on ne le décrit et les joueurs sont meilleurs que ce que les gens peuvent dire. C’était une agréable surprise. Je visite la ville encore plus quand ma famille est là. Je commence à prendre l’habitude que les restaurants sont fermés entre 14 heures et 18 heures. En Angleterre, c’est ouvert toute la journée, encore plus quand il fait beau. Ce sont des petites choses donc je m’adapte. Maintenant, j’ai mon propre appartement donc je peux cuisiner, préparer ma nourriture, tout va bien.

Vous ne connaissiez donc aucun joueur de l’effectif avant votre arrivée ?

Non, pour être tout à fait honnête, je n’en connaissais aucun. J’ai vite découvert que certains joueurs ici avaient déjà joué aux Pays-Bas. Moussa (Konaté) vient du même pays que mon ancien coéquipier à Stoke, Mame Diouf. J’ai vite trouvé des liens avec des anciens coéquipiers.

Ni comment Amiens avait été promu en Ligue 1 ?

Lors du match contre Reims, on avait un maillot spécial et on m’avait expliqué pourquoi on jouait avec ce maillot. On m’a expliqué que c’était là-bas qu’Amiens avait été promu, sur le dernier tir du match. C’est une très belle histoire pour le football et pour Amiens.

Je sais que je suis un bon joueur et je suis plus qu’heureux de le montrer ici à Amiens.

Quelles sont les différences entre le club d’Amiens et celui de Stoke City ?

Il n’y a pas vraiment de grande différence, Stoke aussi est un club populaire, aussi chaleureux. La différence principale est qu’Amiens joue en première division en France, tandis que Stoke est en deuxième division. Bien sûr, les joueurs sont différents, leur mentalité aussi. Mais ils ont beaucoup de similitudes, c’est pourquoi je crois que les deux clubs travaillent ensemble.

À titre personnel, croyez-vous encore à la possibilité de retrouver la sélection un jour ?

Je l’ai déjà dit dans plusieurs interviews, je ne dirai jamais au revoir à l’équipe nationale. Je pense toujours apporter quelque chose à l’équipe, avec mon expérience. Donc je dois continuer ce que je fais. Si c’est suffisant, tant mieux, sinon tant pis. Je sais que je suis un bon joueur et je suis plus qu’heureux de le montrer ici à Amiens, cette année. Si tout va bien, j’espère avoir une nouvelle chance avec la sélection néerlandaise. Si ce n’est pas le cas, je ne serai pas déçu, je sais ce dont je suis capable et ce que j’ai accompli dans ma carrière.


Venu à Amiens pour se relancer, Erik Pieters n’écarte aucune alternative à propos de la suite à donner à sa carrière.

Après avoir manqué la Coupe du Monde, l’équipe nationale semble repartir de l’avant avec l’émergence de talents comme De Ligt et De Jong…

La Hollande a été dans une période de transition. Beaucoup de joueurs âgés avec de l’expérience ont arrêté leur carrière. La nouvelle génération est arrivée mais il y a toujours cet écart de niveau à assimiler, ça a été difficile. Maintenant avec Ronald Koeman (le sélectionneur néerlandais), la sélection est de retour sur la bonne voie. Ils jouent un très beau football, ils gagnent à nouveau. Après une période difficile, la sélection néerlandaise peut regarder le futur avec la tête haute et se qualifier cette fois-ci.

Aujourd’hui, vous êtes prêté à Amiens. Quelles sont vos perspectives pour la suite ?

Si je savais ce qu’il m’attend, ce serait plus relaxant pour moi. Il me reste un an de contrat avec Stoke après ce prêt, donc normalement je devrais rencontrer mes dirigeants pour savoir si on prolonge mon contrat ou si je dois partir. J’attends de savoir ce que veut Stoke. Je prépare mon futur, c’est pourquoi je suis venu ici en prêt. Le coach ne me garantissait pas un temps de jeu suffisant. Je pense que je méritais ma chance là-bas mais je ne l’ai pas eue, c’est pourquoi j’ai quitté le club. Je travaille dur pour montrer à Stoke et aux autres clubs que j’ai toujours ce qu’il faut pour jouer et que je suis un bon joueur.

Peut-on encore espérer vous voir sous le maillot de l’Amiens SC la saison prochaine ?

Je ne dirais jamais non. Le club m’a vraiment surpris et j’aime vraiment ça. On ne sait jamais quoi attendre dans le monde du football donc j’ai hâte de savoir ce que le futur va m’apporter et je suis prêt. Mon objectif principal est de faire en sorte qu’Amiens reste en Ligue 1 et après cette saison, toutes les options seront envisageables pour savoir où j’irai et où je jouerai.

Tous propos recueillis par MORGAN GRESSIER et Romain PECHON

1 COMMENTAIRE

  1. Si on pouvait garder le même 11 titulaire (en incluant les prêtés Krafth, Pieters, Blin, Guirassy) + faire revenir Kakuta…

    On pourrait sûrement viser la 12-10 e place l’an prochain…

    Évidemment avec Pelissier aux manettes….

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