Entretien #Le11 – Jordan Lefort : « Je n’ai jamais douté de moi »

Devenu titulaire dans l’axe au mois de janvier, Jordan Lefort a connu une première partie de saison assez particulière. Utilisé à une multitude de postes, dans des configurations différentes, le défenseur de 25 ans a cravaché pour gagner sa place. L’intéressé revient en exclusivité pour le 11 Amiénois sur cette découverte de l’élite. 

Six mois après avoir joué votre premier match en Ligue 1, quel regard portez-vous sur vos débuts à ce niveau de la compétition ?  

Je prends toujours comme référence le premier match que j’ai vécu à Lyon, où c’était compliqué pour moi. Je suis tombé face à un très bon joueur, Bertrand Traoré, ça m’a permis de me remettre en question et d’enchaîner après plusieurs performances intéressantes, même si je sais que je dois toujours mieux faire. En Ligue 1, il y a deux à trois joueurs de grand talent dans les meilleures équipes, ils peuvent faire la différence à tout moment. Il y a une différence évidente, une classe d’écart entre la Ligue 2 et la Ligue 1, bien que certaines équipes du haut de tableau en Ligue 2, comme Metz, auraient parfaitement leur place en Ligue 1.

Après ce match à Lyon, vous avez enchaîné deux prestations encourageantes face à Reims et Saint-Etienne…

Je n’ai jamais douté de moi, je sais ce que je peux faire, je sais ce dont je suis capable. Après Lyon, les critiques étaient fondées, je n’avais pas fait un bon match. J’ai beaucoup appris de cette rencontre, je me suis vite remobilisé pour délivrer une passe décisive face à Reims et faire un match solide sur le plan défensif à Saint-Etienne.

Quand je suis revenu, c’était avec l’idée de prendre ce qu’on allait me donner

Vous profitiez alors de l’absence de Prince Gouano pour avoir un peu plus de temps de jeu que prévu. Puis, à son retour, vous retournez sur le banc. Comment avez-vous vécu cette situation ? 

J’étais déçu mais je me suis mis dans la peau du numéro 2 qui continue à travailler à l’entraînement. J’ai continué à faire attention à mon hygiène de vie, je suis resté sérieux, afin de saisir ma chance quand l’occasion me serait donnée de le faire. Je joue à Metz en Coupe de la Ligue, dans l’axe, je pense faire un bon match et derrière ça j’enchaîne à nouveau quelques matches.

Aviez-vous alors le sentiment d’avoir un peu moins de crédit que certains de vos coéquipiers aux yeux de votre entraîneur ?

Non, ce n’est pas une question de crédit. Quand j’ai prolongé à Amiens, les choses étaient claires. Je savais que je ne partais pas en tant que numéro 1. Quand les titulaires en puissance étaient là, il était donc normal pour moi d’aller sur le banc. Dans ma tête, Bakaye (Dibassy) a toujours été le numéro 1 à gauche. Quand je suis revenu l’été dernier, c’était avec l’idée de prendre ce qu’on allait me donner, aussi bien à gauche que dans l’axe.

Cette polyvalence qui vous a permis de jouer un peu à tous les postes. Comme à Guingamp, où vous entrez à la mi-temps pour jouer milieu gauche…

L’équipe était un peu en difficulté. On subissait beaucoup de centres, le coach m’a alors demandé de bloquer le couloir devant Bakaye. Je pense avoir bien rempli ce rôle. De toute manière, je donne le maximum à chaque fois que je joue, même si c’est un poste à un peu particulier pour moi. Sur ce match, on a réussi à l’emporter. La satisfaction était donc d’autant plus grande.

Néanmoins, cette polyvalence n’est-elle pas une limite à un moment donné ?

Pour ma première année en Ligue 1, je trouve que ma polyvalence est plutôt un atout. J’ai réussi à avoir du temps de jeu grâce à cette capacité à jouer à gauche et dans l’axe. Dans le futur, on verra ce qu’il en sera mais à l’heure actuelle c’est un atout. Quand je me révèle en Ligue 2, c’est parce qu’il manque du monde dans l’axe. J’ai alors démontré au coach que je pouvais jouer à ce poste. Cette année, c’est à gauche que j’ai pu effectuer mes premiers pas en Ligue 1. Je sais qu’à gauche, j’ai encore beaucoup de progrès à faire pour être régulier. Après, en ce moment, je joue dans l’axe, j’en profite et si demain je rejoue à gauche je ferai le maximum encore une fois.

Pourtant, au mercato estival votre entraîneur souhaitait l’arrivée d’un latéral gauche. Celui-ci est finalement arrivé cet hiver. Malgré cela, vous avez réussi à gagner votre place sans jamais donner le sentiment de douter…

De toute façon, dans le football, il faut être costaud car c’est un monde un peu particulier. Ensuite, plus il y a de joueurs de qualité mieux c’est pour le club et pour l’équipe. La concurrence ne pose aucun problème à partir du moment où elle saine. C’est le cas à Amiens, il n’y a donc aucun souci.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Laisser un commentaire