Exclu #Le11 : Jordan Lefort : « Je n’envisage pas autre chose qu’Amiens »

Amiens SC Jordan Lefort

Devenu titulaire dans l’axe de la défense, Jordan Lefort aurait pourtant pu quitter la Picardie, cet hiver. Sur les tablettes du RC Lens, le défenseur revient sur cet épisode et en profite pour évoquer son avenir. 

Quand on a goûté à la Ligue 1, c’est difficile de s’imaginer rejouer plus bas…

C’est certain qu’on n’a pas envie de voir autre chose. Après, le monde du football est toujours compliqué. La vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui et ne sera pas celle de demain. Beaucoup de joueurs ont connu des sommets dans leur carrière avant de se retrouver plus bas. C’est pourquoi il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers dans le football. Dans quelques années, je veux pouvoir me regarder dans une glace et me dire « j’ai tout fait pour réussir et rester en Ligue 1. »

Au printemps dernier, vous prolongez votre contrat avec Amiens malgré quelques sollicitations d’autres clubs de Ligue 1. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance ? 

Il y a eu des pourparlers avec d’autres clubs mais rien de très concret. De toute manière, j’ai opté pour Amiens parce que je connaissais le contexte : j’ai tout connu ici, des U19 nationaux à la Ligue 1. Je connaissais aussi le coach et tout simplement parce que j’ai grandi avec ce club. C’était comme un retour à la maison. Quand il a fallu faire un choix, je n’ai pas hésité très longtemps.

Cet hiver, Lens a montré un vif intérêt à votre égard. A-t-il été question à un moment donné de répondre favorablement à cette sollicitation ? 

C’est toujours intéressant quand un club comme Lens marque son intérêt. Même s’il est en Ligue 2, ça reste un grand club, on se pose donc forcément la question. J’en ai parlé avec le coach et il était clair qu’il était hors de question que je parte. De mon côté, je voulais mener à terme le projet maintien avec le club. On a donc pris la décision que je resterai à Amiens.

Le choix a été d’autant plus facile que c’était à une période où vous aviez un temps de jeu certain… 

Si j’avais été dans une situation différente, je me serais plus longuement posé la question, c’est une certitude. Ma première volonté est le temps de jeu. Si je n’avais que deux matches de Ligue 1 au compteur quand Lens m’a approché, j’aurais demandé au club de réfléchir à un prêt. Là, ce n’était pas le cas, je jouais, le coach me faisait confiance. Il n’y avait donc aucune raison objective pour que je parte. Le sujet a vite été mis au clair et je n’ai pas forcément compris pourquoi cette information a été autant relayée par la suite.

Peut-être parce que vous étiez la piste prioritaire à Lens ? 

C’est possible. Je ne vais pas le cacher, j’ai eu les dirigeants de Lens au téléphone. J’ai compris que j’étais une piste prioritaire mais je leur ai tout de suite dit que mon projet était de maintenir Amiens en Ligue 1. Dans le futur, on ne sait pas ce qui peut arriver dans deux ans ou trois ans. En tout cas, j’ai encore deux ans et demi de contrat avec Amiens et l’objectif est de continuer ici.

À 25 ans, avez-vous un plan de carrière en tête ? 

Pas spécialement. Depuis que j’ai commencé le football, notamment ces dernières années, je me suis toujours dit que je devais faire ma saison sans me prendre la tête avant de faire le point en fin de saison. Je ne me pose pas vraiment de questions sur mon avenir. Je sais que ça peut aller très vite dans les deux sens. Pour réussir, il faut se concentrer sur le moment présent. Ensuite, je me sens bien à Amiens, c’est comme ma deuxième famille. Je suis ici depuis huit ans et à l’heure actuelle je n’envisage pas autre chose qu’Amiens. Maintenant si Barcelone tape à la porte, on réfléchira (rires).

Vous n’avez donc pas le sentiment d’avoir fait le tour de la question à Amiens… 

L’avantage avec Amiens, c’est qu’on n’a pas le temps de faire le tour de la question. Depuis quatre ans, on ne fait qu’évoluer saison après saison. On a monté les échelons du National à la Ligue 1. Aujourd’hui, on est en lice pour disputer une troisième saison en Ligue 1. Il y a aussi beaucoup de choses qui changent au fil des années. Le stade a été rénové, les conditions d’entraînement ne cessent de s’améliorer.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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