Fabien Reinert

Consultant pour le 11 Amiénois et supporter historique de l’Amiens SC, Fabien Reinert a apprécié ces deux premiers mois de compétition. Pour autant, il appelle à la prudence après la médiatique victoire contre l’OM : « le plus dur est encore devant nous ». Entretien.

Quel est votre sentiment après la victoire contre Marseille ?

C’est une belle performance mais ça ne vaut que trois points ! On a fait un bon match, on a vu du jeu, mais il ne faut pas s’enflammer, il n’y a eu que neuf matches joués. La saison est encore longue !

Quel jugement portez-vous sur le début de saison de l’Amiens SC ?

Je suis satisfait parce qu’on a plus de points à ce stade de la saison qu’on n’en a jamais eus dans notre histoire. Comptablement, c’est une réussite, c’est important. On a aussi vu une équipe produire du jeu et surtout des joueurs sur lesquels on ne comptait plus ont fait la différence. Je pense à (Steven) Mendoza, qui est littéralement transformé, il est le symbole d’individualités qui se mettent au diapason du reste de l’équipe. Je tiens aussi à mettre en avant le niveau de performance de Serhou Guirassy. Sur le papier, une équipe est née ! Maintenant, certains sur lesquels on pouvait compter, comme Bongani Zungu et Thomas Monconduit, restent assis sur le banc. Je suis curieux de voir l’évolution de leur situation.

Ce début de saison a surtout été marqué par les performances contre de gros clubs. Médiatiquement, cela a fait passer un cap à Amiens…

Tout le monde parle du jeu d’Amiens, de son nouveau coach, qui serait la nouvelle pépite du football mondial, c’est très positif tout ça ! On a des idées nouvelles, sur une base déjà bien établie, car il ne faudra jamais oublier le travail de (Christophe) Pélissier. On remarque aussi que ça se passe bien avec les joueurs et que le système (Luka) Elsner se met progressivement en place. Il fallait attendre que la machine se mette en route et que les affinités se créent pour voir le vrai potentiel de l’Amiens SC. Aujourd’hui, la machine semble être en route. Ce qui est sûr, c’est qu’on regarde n’importe quelle équipe dans les yeux avec la certitude qu’on peut gagner.

Vous évoquiez le jeu. Avez-vous le sentiment qu’il y ait une vraie rupture avec l’identité de jeu prônée par Christophe Pélissier pendant quatre ans ?

Pas forcément. Même si comptablement son apport n’est pas significatif, on a quand même récupéré Gaël Kakuta qui fluidifie notre jeu. On n’avait pas su le faire au mercato d’hiver et ça explique sans doute la différence avec la saison dernière. On a aussi une attaque détonante, d’un tout autre niveau que celle mise à disposition de Christophe Pélissier durant l’hiver dernier. Pour autant, j’ai l’impression qu’il y a une volonté de jouer un peu plus au ballon, de se procurer plus d’occasions. Reste à savoir si on avait les joueurs pour produire ce type de jeu l’an dernier. On fait toujours une comparaison entre (Luka) Elsner et Pélissier, je ne suis pas persuadé que ce soit approprié. Il y a des nouvelles choses mises en place, tout en s’appuyant sur ce qui avait marché avant, à commencer par le jeu de transition. Par contre, je note qu’on avait une meilleure assise défensive et qu’on n’a pas forcément remplacé qualitativement parlant (Erik) Pieters et (Emil) Krafth.

Certains supporters ont eu du mal à tourner la page Pélissier. Avez-vous le sentiment que Luka Elsner est pleinement accepté par ces derniers aujourd’hui ? 

Tout le monde croit en cet entraîneur, tout simplement parce que c’est notre équipe et que c’est notre devoir de la soutenir. Maintenant, on ne va pas oublier ce qui a été fait sous Christophe Pélissier, qui nous a sortis du National pour nous offrir la Ligue 1. Ceux qui ont déjà oublié tout ça, ce sont certainement des supporters du club depuis deux ou trois saisons. Les historiques n’ont pas oublié d’où l’on vient, ce qui ne les empêche pas de souhaiter le meilleur à Luka Elsner.

Malgré cette bonne entame, Amiens reste à portée de tir du premier relégable avant deux déplacements à Nîmes et Saint-Etienne…

C’est la raison pour laquelle je martèle que battre Marseille c’est très bien, mais ça ne représente que trois points. Cette année, le championnat est très homogène, ce sera un long combat jusqu’à la fin de saison. Maintenant, sur ce que j’ai vu, j’ai bon espoir parce que je me dis qu’on a des bases solides et qu’on peut faire mal à beaucoup de monde. Cependant, il reste 29 journées, soit beaucoup de points à prendre. Je suis optimiste mais le plus dur est encore devant nous. Il faudra notamment être présent contre les équipes moins huppées, en arrachant des points, comme à Metz, contre les concurrents directs au maintien.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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2 Commentaires

  1. Faut pas s’enflammer certes mais pourtant on aurait de quoi… Cette équipe est capable d’accrocher des gros du championnat, n’a jamais eu autant de points à ce stade de la saison alors même qu’elle en a gâchés à Nice et contre Nantes, et tout ça en étant pourtant privée de joueurs majeurs dans le groupe, le capitaine Gouano, le meilleur buteur du club en ligue 1,, Konaté, et un joueur talentueux devant, Ghoddos. Donc non seulement l’équipe montre de belles choses mais en plus elle n’est peut être pas encore à plein régime !

    En tout cas c’est une saison très intéressante qui se profile pour nous (télé) spectateur et ça c’est déjà une super réussite !

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