Fabien Reinert : « Je garde en tête le syndrome de Boulogne »

Fabien Reinert

Consultant pour le 11 Amiénois, Fabien Reinert fait part de son inquiétude à l’aube de l’ultime mois de compétition. Gardant en tête le mauvais souvenir de Boulogne-Amiens en 2009, le membre de Tribune nord Amiens en appelle à l’unité pour éviter pareille désillusion. 

Quel est votre sentiment après la défaite à Nantes (3-2), dimanche dernier ?

Je reste un peu sur ma faim. J’ai le sentiment que l’équipe n’est pas la même quand on joue à l’extérieur. C’est même assez frappant, j’ai parfois beaucoup du mal à la reconnaître. Ça commence par la façon de jouer jusqu’à l’envie mise pour l’emporter. Même un joueur comme (Erik) Pieters, qui affiche un engagement conséquent à domicile, n’arrive pas à donner le ton à l’extérieur. Surtout, je retiens ce trou d’air de 15 minutes durant lequel on prend trois buts. A-t-on le droit de faire ça dans notre position ? Je ne sais pas. Maintenant, c’est fait et il ne faut plus que ça se reproduise. Déjà à Dijon, on pouvait être soulagés d’être revenus avec un point au regard de la prestation fournie. En allant là-bas, tout le monde nous voyait y aller pour prendre trois points, les mettre à dix longueurs et assurer le maintien. Résultat des courses, ça n’a pas été le cas et Dijon est même revenu à quatre petits points.

On ressent un peu d’inquiétude dans votre discours…

Oui car on a le sentiment que Dijon est en pleine bourre et que de notre côté on commence à souffrir physiquement. On a eu beaucoup de blessures, on a tiré sur les organismes de certains. Même si le banc est un  peu plus etoffé ces dernières semaines, on a peut-être relancé plus tôt que prévu certains joueurs, je pense à (Moussa) Konaté ou (Bongani) Zungu. Ce genre de contrainte s’explique par nos moyens, on n’aura jamais un banc de touche aussi fort qu’on le souhaiterait. Pour autant, on paye sans doute le manque de profondeur de notre effectif. J’espère sincèrement qu’on va relever la tête à domicile, continuer à montrer le visage séduisant qui est le nôtre depuis la réception de Caen.

Le maintien va avant tout se jouer à domicile selon vous…

Je le pense. Au regard de notre parcours jusqu’ici, c’est à la maison qu’on a le plus de chances de prendre des points. Dans l’état d’esprit, je sais pertinemment que personne ne triche au sein de l’effectif. Il faut donc que le public soit là pour les soutenir. Si on gagne deux fois à domicile, je pense que ce sera plié. Il y aura aussi des confrontations directes, à commencer par un Caen-Dijon ce week-end. Ça peut nous être favorable mais ça peut également ramener Dijon à un point. J’entends le discours du staff, je sais qu’on a encore quatre points d’avance mais les autres ne comptent pas lâcher si facilement. C’est évident que je préfère être dans notre position mais quand je vois des clubs comme Lyon qui n’ont pas forcément joué le jeu contre Dijon… Je me dis que tout est encore possible.

Même le pire…

Dimanche, beaucoup pensent qu’on va prendre des points parce que Strasbourg n’a plus rien à jouer, mais ça reste une grosse équipe. L’erreur serait de se voir encore une fois arrivé. Après notre bonne série, on a cru que ce serait suffisant pour se maintenir, parce que les autres n’avançaient pas. Or, tant que le maintien n’est pas officiellement acquis, on n’est pas maintenu. On s’est peut-être vu trop beau à un moment donné. Actuellement, à chaque match, j’ai la boule au ventre car j’ai peur de la fin de saison. J’ai beau avoir confiance en cette équipe, je garde en tête le syndrome de Boulogne. En 2009, on n’a pas été relégable de l’année, on finit par l’être les quinze dernières minutes de la saison avec comme finalité la descente. Je ne veux surtout pas revivre ça.

C’est important qu’on soit tous soudés sur les cinq matches qui restent d’ici la fin de saison.

On a les capacités pour rester en Ligue 1, c’est hyper important pour le développement de l’ensemble du club, ce serait dommage de craquer sur la fin. Je sais que je ne devrais pas le dire, qu’il faut être positif, mais je n’arrive pas à être totalement rassuré. J’ai tellement été échaudé par le passé que je préfère me montrer méfiant. C’est donc important qu’on soit tous soudés sur les cinq matches qui restent d’ici la fin de saison. Je pense qu’on va connaître un changement de cycle durant l’intersaison, ce serait quand même mieux qu’il se fasse en Ligue 1 plutôt qu’en Ligue 2. Et tout peut encore se jouer sur le dernier match, à domicile, contre Guingamp. Il faut rester concentré jusqu’au bout.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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