Fabien Reinert : « Je ne vois pas des joueurs qui donnent tout sur le terrain »

Consultant du 11 Amiénois, Fabien Reinert était déçu après la défaite de l’Amiens SC à Nice (1-0), la huitième depuis le début de saison. Outre les résultats, le porte-parole de Tribune Nord Amiens pointe du doigt l’attitude des Amiénois, pas suffisamment combatifs à son goût. 

Quel est votre premier sentiment après cette défaite à Nice ? 

Premièrement, on est bien au fond du classement et j’ai bien peur qu’on y reste un moment. Face à Nice, on aurait pu jouer très longtemps sans jamais marquer un but. L’esprit d’Amiens, à savoir l’âme des Braqueurs, on ne l’a plus. En tout cas, trop de joueurs ne l’ont pas actuellement. Ils viennent à Amiens pour avoir la visibilité de la Ligue 1 et on a le sentiment que le reste ne les touche pas. On n’était plus habitué à cela.

Et c’est ce qui rend cette période encore plus difficile à vivre… 

Totalement. L’année dernière, on a vécu une année fantastique de manière générale. On dit souvent que la deuxième saison est la plus difficile. Je ne sais pas si c’est la réalité mais à l’heure actuelle on est en plein dedans. On n’arrive pas à gagner un match. Contre Nantes, on fait le jeu mais on n’arrive pas à marquer. C’est bien beau mais aujourd’hui on a uniquement besoin de points. Le constat est simple : on manque de talent offensif. Otero est bien gentil mais des passes au gardien n’ont jamais permis de marquer des buts.

Pour autant, le staff technique a tenu des propos visant à ramener tout le monde sur terre, ce week-end. Comprenez-vous cela et partagez-vous leur point de vue ? 

J’ai lu les propos de Jean-Marie Stéphanopoli. On n’a jamais pensé qu’on allait jouer la Coupe d’Europe ! On souhaite juste avoir des morts de faim sur le terrain car c’est la seule manière pour nous de s’en sortir. Surtout, c’est facile de tenir ce discours à ce moment de la saison. On n’est pas dupes pour autant, on sait que Christophe Pélissier n’a pas eu tous les renforts souhaités. Il a crié sur tous les toits qu’il voulait un attaquant supplémentaire. Aujourd’hui, on voit qu’il avait parfaitement raison avec l’absence de Moussa Konaté. La direction du club a fait d’autres choix, pas de problème. Maintenant, si on descend, il faudra les assumer.

Avez-vous le sentiment qu’Amiens est mal payé en ce moment ? 

On est à notre place, on ne mérite rien d’autre. On est épargnés par rien du tout, on a une infirmerie pleine et surtout aucune solution qualitative pour les remplacer. Je ne leur jette pas la pierre mais sans Zungu, Mendoza et Konaté, c’est impossible d’espérer quoi que ce soit. En plus de cela, on a une défense bien plus fébrile que la saison dernière. Certains ne sont clairement pas au même niveau que la saison passée.

Pensez-vous à Prince Gouano, malheureux contre Nice avec ce but contre son camp ? 

Pas uniquement à lui ! Ce serait malhonnête de le rendre responsable de nos difficultés en stigmatisant uniquement sur ses erreurs. En réalité, c’est l’ensemble de la défense qui est en difficulté. Même Régis Gurtner, qui sort d’une saison exceptionnelle, est moins performant cette année. Alors qu’on a besoin qu’il fasse une saison de la même teneur, on doit peut-être accepter qu’elle soit un peu moins bonne. J’ai aussi l’impression qu’on manque de leaders, d’un supplément d’âme qui nous permettait de faire la différence.

Contre Nice, vous n’avez pas vu une équipe qui s’arrachait pour revenir au score… 

On était habitué à marquer des buts dans les arrêts de jeu, à arracher des rencontres mal embarquées. Cette saison, je ne ressens pas cette envie d’en faire autant. On essaie de construire, de bien faire les choses mais je ne vois pas des joueurs qui donnent tout sur le terrain pour gagner les matches.

Au regard des résultats, Christophe Pélissier peut-il finir par être en danger ?

Je n’oublie pas que c’est grâce à lui qu’on en est là aujourd’hui. S’il avait tout le monde à sa disposition, on pourrait le remettre en cause et dire que son discours ne passe peut-être plus. En réalité, il a de nombreuses circonstances atténuantes qui peuvent expliquer ses difficultés actuelles. Il n’est pas devenu mauvais du jour au lendemain, il n’a pas changé d’état d’esprit. Je continue à penser qu’au départ, sur le papier, on avait un meilleur effectif. Le problème est qu’il est peut-être moins bien équilibré et surtout trop amputé de joueurs importants.

Dans ce contexte, il est déjà urgent de prendre des points contre Toulouse…

À Toulouse, je veux voir une équipe avec un état d’esprit de guerriers ! Je ne veux plus avoir le sentiment à la fin d’une rencontre qu’on ne pouvait pas faire mieux, qu’on n’a pas réellement tenté notre coup à fond. Il faut un électrochoc ! L’an dernier, on a aussi galéré au début de la saison puis il y a eu un déclic. On a peut-être aussi besoin de cet élément déclencheur pour lancer une série et surfer sur une spirale positive.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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