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Chaque mois, un de nos confrères de beIN Sports balayera l’actualité de l’Amiens SC sur le 11 Amiénois. Aujourd’hui, c’est François Rabiller, notamment homme de terrain lors de l’affiche du samedi après-midi (15 heures), qui fait part de son inquiétude sur le chemin emprunté par le club picard en ce début de saison. Entretien.

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Que pensez-vous du début de saison d’Amiens ? 

Pour l’instant, c’est le flou total. Je trouve que le match contre Paris résume bien ce début de saison. J’ai vu plein de bonnes volontés lors des vingt premières minutes, puis derrière plus rien jusqu’au penalty qui a redonné un peu d’espoir. Je note aussi un manque de constance et de consistance, avec un effectif encore loin d’être stabilisé. Pour être honnête, je m’inquiète un peu pour Amiens. Je crois que son coach subit la politique sportive du club, qu’on ne comprend pas très bien de l’extérieur. Luka Elsner doit donc faire avec ce qu’il a sous la main, je n’ai pas envie de l’incriminer parce que j’ai la conviction que c’est un bon coach. Maintenant, c’est difficile de comprendre et de voir une ligne directrice dans le jeu d’Amiens depuis le début de la saison. A chaque match, on a le droit à un onze de départ différent, avec des joueurs qui partent, d’autres qui reviennent, des recrues qui arrivent blessés… Au milieu de tout ça, il y a de jeunes joueurs qui découvrent le haut niveau, d’autres qui font leur premiers pas en Ligue 2… Tout ça donne le sentiment qu’ils ne sont clairement pas en place. Contre le Paris FC, on a l’impression que le match aurait pu durer des heures et des heures sans qu’Amiens ne puisse marquer le moindre but. Il y a aussi un énorme chantier pour trouver la bonne formule. Ensuite, quand on voit des joueurs effectuer leur retour alors qu’ils veulent partir, on peut douter de leur capacité à être à 110% avec Amiens, à tout donner sur un match. Aujourd’hui, Amiens c’est principalement du bricolage, le onze de départ est quand même assez improbable.

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Pensez-vous qu’Amiens puisse rattraper le retard pris et jouer les premiers rôles, à terme, cette saison ? 

Le président Bernard Joannin n’a pas parlé de remontée immédiate, je ne sais donc même pas s’il y a un désir profond de remonter dès cette année. Je suis inquiet parce qu’il peut vraiment tout se passer cette saison pour Amiens. En fonction de comment les choses tournent, ils peuvent très bien se retrouver à jouer la montée ou bien à se rendre la tâche compliquée et à être embarqué dans le mauvais wagon. De toute manière, le championnat est tellement homogène cette saison que l’on peut désigner à la fois quinze équipes qui peuvent jouer la montée, notamment les play-offs et tout autant en course pour le maintien. Pour bien connaître ce championnat, une mauvaise dynamique, un état d’esprit pas au rendez-vous, une préparation bâclée et un mercato un peu approximatif sont autant de choses qui peuvent mener à une saison très difficile. Ce qui m’effraie aussi, c’est d’entendre un dirigeant de club dire : « on sera prêt dans un mois », c’est choquant. On est en Ligue 2, c’est un championnat professionnel, c’est le deuxième niveau français. A ce niveau-là, il faut être précis et organisé. Amiens va être prêt quand il y aura déjà eu 7 ou 8 journées disputées et jusqu’à 24 points distribués ? Attention à ce que le pire ne se produise pas. Maintenant, je souhaite vraiment le meilleur à cette équipe et on peut aussi voir Amiens jouer les premiers rôles dans quelques mois. En l’état, cette équipe n’est pas prête à lutter avec les meilleurs. Comment a-t-on pu démarrer la saison comme ça ?

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Avez-vous le sentiment qu’Amiens ne prend pas bien en considération la complexité de ce championnat ? 

Aujourd’hui, il y a deux équipes en Ligue 2 pour lesquelles on peut faire le constat d’une forme d’impréparation, c’est Toulouse et Amiens, les deux relégués de Ligue 1. Toulouse avait à la limite des circonstances atténuantes, avec un changement de propriétaire. Pour Amiens, c’est moins compréhensible. J’ai le sentiment qu’on n’a pas anticipé les besoins spécifiques à la Ligue 2. J’ai le sentiment qu’on n’a pas anticipé le remplacement des joueurs qui souhaitaient partir. Encore une fois, ne pas avoir un effectif stabilisé après trois journées et se dire que ça peut encore durer trois ou quatre semaines comme ça, ça me paraît très étrange. Tous les clubs en haut et qu’on imagine en haut à la fin de saison sont déjà prêts. Il y aura des ajustements dans cet effectif mais on connaît la base de leur effectif. A la décharge d’Amiens, il y a eu une telle bataille juridique que les dirigeants avaient peut-être la tête ailleurs et pas l’esprit au sportif dans un premier temps. En tout cas, aujourd’hui, il est indéniable qu’il y a un important retard pris par rapport aux autres clubs du championnat. La seule excuse que l’on peut trouver à Amiens, c’est de s’être battu avec beaucoup de courage pour tenter d’arracher juridiquement son maintien. Il n’empêche qu’on a le sentiment qu’Amiens découvre ce championnat.

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Quel regard portez-vous sur le recrutement effectué jusqu’ici ? 

Il y un nom qui me plaît, parce que c’est un profil typé Ligue 2, c’est Mickaël Alphonse. C’est un joueur qui a fait de très bonnes choses à Bourg-en-Bresse et qui était un des tous meilleurs du championnat à Sochaux. Il a un CV peut-être moins reluisant mais c’est ce genre de joueur qu’il faut avoir dans son effectif. Maintenant, quid des Akolo, Ciss, Lewis et tous les autres. Ils ont sûrement beaucoup de qualités mais a-t-on de vraies garanties au sujet de leur niveau ? Que connaissent-ils de ce championnat ? Je ne suis pas persuadé qu’Amiens ait réalisé le mercato d’un club ambitieux en Ligue 2. Maintenant, c’est peut-être mon ignorance qui me dessert… En tout cas, il n’y a aucun nom rassurant, quand on voit des Autret et Court, qui ont filé respectivement à Auxerre et Caen, ce sont des valeurs sûres, dont on connaît parfaitement le niveau en Ligue 2 et ils ont été à un moment donné sur le marché… Peut-être qu’on va être agréablement surpris par le recrutement d’Amiens mais aujourd’hui on ne peut clairement avoir aucune certitude à ce sujet. Traditionnellement, pour jouer la montée il faut des joueurs qui connaissent très bien la Ligue 2. On l’a encore vu la saison dernière avec Lens et Lorient. Le seul contre-exemple qui me vient en tête, c’est Ajaccio, toujours l’an dernier, qui a recruter tardivement en raison des mesures prises par la DNCG, Olivier Pantaloni était même assez inquiet, et qui a finalement réalisé une très bonne saison. Avant l’arrêt, ils étaient même sur la pente ascendante et je pense qu’ils auraient pu aller au bout. Après, leur recrutement n’était pas exotique comme celui d’Amiens. Les équipes surprises avec des joueurs venus de partout et de nulle part qui parviennent à monter, je n’ai pas d’exemple sur les dernières années. Il ne faut vraiment pas qu’Amiens oublie d’où il vient et ce qui a fait sa force lors de cette saison de Ligue 2. A l’inverse, on a de multiples exemples d’équipes avec des groupes soudés, avec parfois des joueurs issus du cru comme Nîmes il y a deux ans. C’était aussi un peu le cas à Amiens en 2017, une équipe qui n’avait clairement pas les meilleurs individualités mais où le groupe était la force, avec une envie de se surpasser pour aller décrocher de belles choses. Je pense aussi que c’est une bonne chose d’avoir de la continuité, de la stabilité.

Dans ce contexte, diriez-vous que le déplacement à Châteauroux ce samedi est déjà un premier juge de paix sur ce que ce groupe peut avoir dans le ventre ? 

Tout à fait. Châteauroux est un adversaire solide, il faudra qu’Amiens fasse bien mieux sur le plan offensif, il va clairement falloir élever son niveau de jeu, tout en sachant que les automatismes ne sont pas forcément présents aujourd’hui. Ce sera un vrai match de Ligue 2 pour Amiens, un peu révélateur de ce que cette équipe peut faire cette saison. En résumé, je ne suis pas persuadé qu’Amiens puisse se battre avec les meilleurs cette année et je lui souhaite de ne pas avoir à se battre avec les moins forts.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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2 Commentaires

  1. La bataille juridique … l’arbre qui cache la forêt de l’amateurisme des dirigeants amiénois qui avait déjà été souligné par un journaliste indépendant la saison dernière. Effectivement, on parle de sport de haut niveau et cela se prépare en amont…espérons qu’Amiens s’en sorte quand même. Tout reste possible mais arrêtons les paris exotiques… On se demandait si Otero avait le niveau L1, on sait maintenant qu’il peine aussi en L2 … sans parler d’akolo et consorts. Cuirasse était un très bon espoir français et une bonne pioche mais les miracles ne se reproduisent pas chaque année.

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