Banaziak AC Amiens

Privé de compétition depuis le début de saison, dans l’attente de son reclassement amateur, Gauthier Banaziak gardera les buts de l’AC Amiens à Nortkerque, ce dimanche. L’ancien joueur de l’Amiens SC entrevoit enfin le bout du tunnel. Entretien. 

Gauthier Banaziak, comment avez-vous vécu cette période loin des terrains ? 

C’était très compliqué, j’avais l’impression d’être puni, d’être suspendu, tout en n’ayant rien fait pour justifier cela. Je ne comprends toujours pas cette règle (en cas de reclassement amateur, un joueur doit attendre le 1er octobre pour enregistrer sa nouvelle licence), c’est vraiment incompréhensible. Maintenant, le plus dur est derrière moi, je vais même pouvoir rejouer en coupe de France, dimanche. On va essayer de réussir ce retour en allant chercher la qualification.

Comment parvient-on à garder le niveau d’exigence nécessaire au quotidien ? 

Cela nécessite beaucoup de sérieux. J’ai ajouté du travail à côté des séances, où je me donnais déjà à fond. Je ne pouvais pas me permettre d’appréhender ça avec facilité parce que je ne jouais pas. Je pense avoir réussi à garder la forme. Le coach m’a dit que je partais comme numéro 1 mais c’est à moi de gagner ma place sur le terrain.

Vous avez également découvert un nouvel environnement de travail, après plusieurs saisons à l’Amiens SC. La transition a-t-elle été facile ?

Beaucoup de choses ont changé. Il n’y a plus de kiné après chaque séance, on n’a plus de repas en commun. C’est un autre monde mais c’est aussi une bonne chose de se confronter à ce monde amateur. L’an dernier, Olivier (Lagarde) (ndlr : son ancien entraîneur spécifique) me disait souvent qu’il ne fallait pas oublier d’où l’on vient. Je viens du monde amateur et j’y retourne après avoir goûté au monde professionnel. Même si les conditions de travail ne sont pas mauvaises, ça me donne envie de me battre pour retourner en haut.

Vous n’avez donc pas perdu l’espoir d’épouser une carrière professionnelle ? 

Une nouvelle fois, j’en discute beaucoup avec Olivier (Lagarde). Il me rabâche que si je bosse, ça va finir par payer. Il a complètement raison, ce n’est pas un problème d’être en National 3. Si je fais de bonnes performances, que je me montre, il n’y a pas de raison pour que je ne retrouve pas quelque chose dans les années à venir. En attendant, je vais tout donner pour l’AC Amiens.

Quel regard portez-vous sur le difficile début de saison de votre équipe, relégable en championnat ? 

On jouait la montée en début de saison et après deux mois de compétition on se retrouve relégable, c’est tout sauf simple. J’espère apporter ma pierre à l’édifice et ma petite expérience pour aider le groupe à rebondir. Il y a de la qualité dans cet effectif, on l’a vu sur les matches de préparation, on mérite mieux que ça. Je suis persuadé qu’on peut remonter la pente. Quand on joue la montée, qu’on est en haut, c’est facile d’aller gagner des matches. Par contre, quand tu es dans le trou, que ça va mal, c’est là qu’il faut être fort et qu’on voit les vraies équipes.

Et ce groupe est donc suffisamment armé pour ne pas douter ?

On a vraiment un groupe fort, avec des anciens qui ont joué en CFA ou National. Je ne doute pas qu’on trouvera la solution pour se relancer. Surtout, on a les qualités pour, on joue au ballon, on montre des choses.

Dans ce contexte, la coupe de France peut vous redonner de la confiance…

A titre personnel déjà, je suis content de reprendre la compétition en coupe de France, qui plus est contre un adversaire à notre portée. Ce sera mon premier match dans cette compétition, j’ai envie d’aller le plus loin possible, qu’on joue un club professionnel pour montrer qu’on est capable de grandes choses. Je pense aussi que la coupe de France peut nous aider sur le plan mental. Sans cette compétition, je pense qu’on serait vraiment dans le dur. En coupe, l’important est de passer, peu importe la manière, ça nous enlève un peu de pression.

Avant ce rendez-vous, vous avez eu le droit à une première apparition en équipe réserve. Comment cela s’est-il passé pour vous ? 

Je me suis bien senti ! J’avais vraiment faim de jeu, l’envie de retrouver la compétition, de gagner un match. Maintenant, le niveau n’était pas exceptionnel, ça reste de la PH (ndlr : Régional 2). Le plus important était de jouer, de retrouver des repères, pour arriver dans de bonnes conditions sur le match de coupe. Je me sens prêt à rejouer et à aider le club.

Propos recueillis par Romain PECHON

NORTKERQUE (R3) – AC AMIENS (N3)

Cinquième tour de coupe de France

Dimanche 13 octobre, 15 heures

Stade Guillain Talon, Nortkerque

Arbitre : M. Pruvost

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