Guingamp – Amiens SC : « Amiens, un petit club qui lutte avec ses moyens »

À quelques heures du match de la peur contre Guingamp (à suivre sur notre site dès 20 heures), le 11 Amiénois est allé à la rencontre de Kilian Kerbrat, un confrère qui a suivi le début de saison de l’EA Guingamp pour le compte du quotidien local, le Télégramme. Selon lui, les Bretons n’ont plus le droit à l’erreur contre une équipe d’Amiens qui suscite le respect. Entretien. 

Comment expliquez-vous la situation actuelle de Guingamp, lanterne rouge après seize journées ?

Ça semble être le fruit de plusieurs facteurs : un vestiaire perturbé par le départ abracadabrantesque de son ancien capitaine et leader d’attaque Briand, celui de Salibur en fin de mercato, l’arrêt forcé de Camara suite à un problème cardiaque détecté, combiné à un calendrier plutôt ardu en début de saison et des défaites qui se sont enchaînées, avec un doute qui s’est alors installé… L’apport des recrues, même s’il y a eu des blessés, est aussi nettement insuffisant.

Antoine Kombouaré a été soutenu avant d’être lâché par son président. Selon vous, son message passait-il encore ?

C’est difficile à dire. Certains joueurs ont été touchés par son départ, car Antoine Kombouaré était humainement apprécié au club. Côté football, il a tenté des choses, en plaçant une défense à cinq, ce qui a d’abord stoppé l’hémorragie, mais n’a pas fait basculer l’équipe dans une dynamique de victoires. Ce qui est sûr, ce que lors de la défaite 5-0 face à Nantes, qui lui a coûté sa place, il était apparu touché. Et comme il avait déjà activé beaucoup de leviers (changement tactique, appel à un coach mental, entretiens individuels…), on se demandait sur quoi il pouvait encore jouer. Même si lui, après son éviction, avait déclaré sur RMC qu’il se sentait capable de sauver Guingamp.

Deux ans après son départ du club, Jocelyn Gourvennec a donc pris la succession d’Antoine Kombouaré. Comment son retour a-t-il été perçu ?

De manière extrêmement positive. Un vent de fraîcheur et surtout d’optimisme a soufflé lors de son arrivée. Tous les supporters se souviennent évidemment des résultats obtenus par Gourvennec (montée en Ligue 2 puis en Ligue 1, Coupe de France 2014, Ligue Europa) entre 2010 et 2016. Et tous ont l’espoir qu’il puisse sauver Guingamp de la relégation.

En difficulté depuis plusieurs semaines, Guingamp et Amiens s’affrontent ce week-end. Quelle importance accorde-t-on à ce match à Guingamp ?

C’est crucial. Déjà, face à Dijon, mercredi, c’était extrêmement important et les Guingampais ont perdu, mais là, face à Amiens, concurrent direct au maintien, à domicile… Pour Guingamp, c’est l’occasion de revenir à deux points d’Amiens et de ne pas être déjà largué.

Trois mois après son arrivée, comment jugez-vous les premiers pas de Guessouma Fofana, transféré de l’Amiens SC durant l’intersaison ?

Timides. Certes, le contexte n’est pas facile pour prendre ses marques, mais il n’a pour le moment pas apporté assez au milieu de terrain guingampais, en termes d’impact et de récupération de balles notamment. Il est, à l’image du club, trop fébrile.

Quel regard portez-vous sur l’Amiens SC ?

Pour être honnête, je n’ai pas vu beaucoup de matches d’Amiens cette saison. Mais Amiens me donne l’image d’un petit club qui lutte avec ses moyens, avec un entraîneur de qualité. Ce qui est marquant, c’est que le club a des idées et ose, notamment sur le plan des transferts.

Un pronostic ?

Ce genre de match, entre les deux dernières équipes du championnat et qui sont dans une très mauvaise dynamique, c’est un nul direct non ? (rire). Je vais quand même dire un petit 1-0 pour Guingamp, ce qui serait synonyme de première victoire à domicile de la saison et… d’espoir !

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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