Guingamp – Amiens SC : le 31 juillet 1999, 3 buts amiénois… en 3 minutes !

Avant chaque match de l’Amiens SC, le 11 Amiénois vous propose de revenir sur un affrontement marquant entre le club picard et son adversaire. Cette semaine, nous évoquons le Guingamp – Amiens SC comptant pour la 1ère journée du championnat de Ligue 2 1999-2000.

Le contexte :

Les amoureux de l’Amiens SC attendaient cela depuis des lustres. Après des années d’atermoiements, le projet du nouveau stade avait enfin abouti. Après près de 80 ans, les Amiénois pouvaient abandonner, non sans une pointe de nostalgie, le vétuste stade Moulonguet. En ce début de saison 1999-2000, c’est dans le tout nouveau stade de la Licorne que les joueurs de l’ASC s’apprêtaient à évoluer. Avec un tel écrin, c’est toute une ville qui pouvait désormais rêver de voir son club historique évoluer au plus haut niveau du football français. Mais, aléa du calendrier, les supporters devront attendre la seconde journée avant de fêter cet événement car l’ASC lançait sa saison par un déplacement périlleux au stade du Roudourou pour y affronter l’En Avant de Guingamp.

Les équipes :

EA Guingamp : Loussouarn – Baudoin (Tamazout, 64e), Foulon, Guyot, Jozwiak – Baret, Deplace (Hervé, 76e), Michel, Tasfaout – Fiorèse, Van Ankeren.

Entraîneur : Guy Lacombe

Amiens SC : Lachuer – Bouisset, Abalo, Maurice, Rondelaere – Pinho, Darbelet (Cabezas, 56e), Duchemin (Dailly, 64e), David (Petitjean, 81e) – Chalier, Desgeorges.

Entraîneur : René Marsiglia

Le match : 

Comme prévu, cette rencontre inaugurale était loin d’être un cadeau. Face à un cador du championnat, l’Amiens SC fut rapidement mis hors de position par un doublé de l’attaquant costarmoricain Edwin Van Ankeren (20e et 24e). Étouffés par une équipe guingampaise séduisante, les hommes de René Marsiglia rentraient à la pause avec un déficit de deux buts et une cascade d’occasions concédées. Pourtant, les Amiénois allaient faire preuve de ressources insoupçonnées en seconde mi-temps.

Un geste de génie relance les Amiénois

En effet, alors que René Marsiglia lançait un nouvel attaquant, Jean-Noël Cabezas pour tentent de recoller au score, c’est Xavier Chalier qui allait redonner espoir aux siens en inscrivant un but d’anthologie. Après avoir reçu le ballon le long de la ligne de touche et voyant le portier breton, Eric Loussouarn, avancé, le droitier amiénois tentait un improbable lob de la ligne médiane qui faisait pourtant mouche (61e) !

Trois minutes de pure folie !

Mais cette magnifique inspiration n’était que l’entame d’un improbable retournement de situation. Car à peine deux minutes plus tard, les Amiénois étaient désormais devant au score après un doublé éclair d’Emmanuel Desgeorges (62e et 63e). Défiant toute logique, l’ASC venait de retourner une rencontre pourtant bien mal engagée de façon spectaculaire. Les Guingampais, groggy, ne s’en remirent pas, s’inclinant finalement 2-3. Les Amiénois pouvaient enfin penser à leur premier match dans leur nouvel antre, auréolés d’un exploit retentissant ramené de Bretagne. Un fait d’arme presque oublié de tous les amoureux du club, à l’orée d’une saison qui allait finalement s’avérer désastreuse.

La suite : 

Un été flamboyant avant une lente déliquescence

Alors que l’équipe, portée par l’émulation de l’inauguration du nouveau stade de la Licorne, truste la seconde place pendant tout le mois de septembre, l’équipe entame ensuite, une lente descente aux Enfers que le remplacement de René Marsiglia par Victor Zvunka et la signature d’un joker flamboyant, Samba N’Diaye ne parvinrent pas à stopper.

La Licorne galope vers l’Enfer

En effet, l’ASC enchaîna une improbable série de vingt matches sans victoire en championnat, qui, avec l’instauration de la victoire à 3 points depuis 1994 demeura rédhibitoire. Une malédiction sembla être tombé sur ses attaquants, l’équipe terminant même le championnat par six matches d’affilées sans marquer le moindre but. Le costume était sans doute trop grand, le changement trop brutal et c’est le spectre de la relégation en National qui attendait le club à l’issue de la 38ème journée. Mais le football est fait de cycle et l’ASC venait d’en achever un. Le ballon ne mit pas longtemps à rebondir et les larmes de tristesse furent rapidement remplacées par d’autres, de pur bonheur.

Cédric QUIGNON

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