A la tête des féminines de l’Amiens SC, Hicham Andasmas prépare désormais la saison prochaine en Régional 1, résigné à propos du combat mené pour l’annulation de sa relégation. Le technicien regrette également le peu de considération accordée au football féminin ces dernières semaines. Entretien.

Hicham Andasmas, dans quel état d’esprit êtes-vous alors que votre relégation en Régional 1 semble actée ?

On a retrouvé les terrains hier (mardi), histoire de clore la saison. L’idée était de se réunir, de regoûter au terrain. On a aussi tous été testés au Covid, tout le monde est négatif. Après une dernière séance ce jeudi, on les laissera partir en vacances. De notre côté, on est tournés vers la saison prochaine, on s’est fait une raison. A un moment donné, on a compris que le combat contre les instances allait être compliqué. Elles sont tournées vers la saison à venir en étant enthousiastes. C’est plutôt positif. J’ai vu beaucoup de sourires à l’entraînement et j’ai pris du plaisir à ce que l’on se côtoie. Au niveau de l’état d’esprit, elles sont positives !

Cela s’est avéré difficile parce qu’à côté des hommes, votre combat a été globalement passé sous silence…

C’est ça qui nous déçoit un petit peu parce qu’on est dans la même situation que les garçons. On sait que le président s’est battu pour les garçons et cela aurait pu rejaillir sur le foot amateur et donc les filles. Maintenant, on s’est clairement rendu compte que dans le foot féminin en général, et pas seulement Amiens, les clubs ont vite fait passer les sections féminines en secondaire. Ça paraît logique, malheureusement, puisque ce sont les garçons qui tiennent une économie qui est inexistante chez les filles. Forcément, la priorité était de sauver les garçons parce que ce sont des millions de perte pour le club. Personnellement, je ne l’ai pas mal pris, mais je pense qu’on a oublié les filles dans la globalité. Le Covid va clairement affecter le foot féminin. J’espère que la suite me donnera tort.

Êtes-vous dans le flou sur le budget, avec les deux relégations des hommes et des femmes ?

Il y a beaucoup de conséquences parce que c’est un budget divisé par deux voire plus. C’est une catastrophe. On travaille depuis trois ans et la montée en Ligue pour se structurer, que ce soit au centre de formation ou le pôle féminin. Je suis à Amiens depuis huit saisons, j’ai tout connu et j’ai toujours considéré que les montées et descentes faisaient partie du jeu. Il faut savoir anticiper ça et si on veut s’inscrire dans la durée, on doit réussir à encaisser et être capable de vite réagir pour vite préparer la saison suivante et ainsi fixer les objectifs sans être trop utopiste. On sait très bien que même en R1 il y aura des équipes qui continueront à mettre de gros moyens pour monter en D2 et ce sera compliqué. Aujourd’hui, les conséquences sont particulières avec des suppressions de postes et je prends plus de place au niveau du pôle féminin parce que certains postes n’existeront plus. Mon staff de quatre personnes passe à trois parce que je perds mon adjoint. Je perds aussi le responsable du sportif et du recrutement. Je suis presque tout seul aujourd’hui, ça demande de la réorganisation, de l’énergie mais je suis prêt à relever le défi pour retrouver ce que l’on avait avant.

Avez-vous pu avancer sur l’effectif ?

J’avance plutôt bien. Très clairement, je n’ai pas envie d’annoncer des choses qui ne sont pas officielles, contrairement à certains clubs. Pour avoir un visuel global, je vais avoir environ cinq départs sur un groupe de vingt-cinq joueuses mais la plupart du groupe souhaite continuer l’aventure, sous réserve de confirmation parce que tout n’a pas été signé. On a réussi à sauver pas mal de meubles et j’en suis content.

Avec certainement un sentiment de revanche dans le groupe ?

Ça a énormément aidé pour conserver le groupe. Si on était descendu sur le terrain, il y aurait d’autres réactions. Là, c’est « administrativement » et c’est imposé. Il y a ce goût de revanche et pour être très honnête, c’est ce qui me pousse aussi à continuer et à relever ce challenge. On veut faire comprendre qu’on ne va rien lâcher. Quand je vois l’enthousiasme du groupe par rapport à tout ça, ça pousse encore plus. C’est certainement pour ça qu’elles souhaitent rester et ça fait plutôt plaisir parce que ça veut dire qu’on n’a pas travaillé n’importe comment sur les trois dernières années. Même si de l’extérieur, les gens pensaient que les filles venaient à cause du budget, et bien non c’est surtout parce qu’elles s’y retrouvent sportivement. Finalement, elles sont toujours là et on va essayer d’avancer avec ce groupe.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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