Hicham Andasmas (Amiens SC (f)) : « Je pense que l’on pourra rejouer en mars »

Arrêté, comme tout le football amateur, en plein élan malgré sa relégation précipitée la saison passée, Hicham Andasmas espère pouvoir reprendre la compétition dès le mois de mars. Il regrette également la volonté fédérale de vouloir faire jouer la coupe de France coûte que coûte. Entretien.

Comment se passe la reprise de l’entraînement ?

Les filles s’entraînent deux à trois fois par semaine avec une séance additionnelle le dimanche de manière à avoir tout le monde. On est contraint de ne pas faire d’opposition et d’éviter tout ce qui est duels et contacts donc on se tient à beaucoup d’exercices techniques, devant le but et sur des phases arrêtées. L’objectif principal était qu’elles retouchent la balle et reprennent des repères techniques. Elles avaient un programme à suivre pendant le confinement et je pense qu’elles ont assez couru, maintenant il faut surtout reprendre des bases techniques.

Avez-vous adapté votre semaine d’entraînement pour respecter le couvre-feu ?

On a avancé l’heure des entraînements. Il y a des joueuses qui ne peuvent pas participer à certaines séances, même si globalement, elles s’entraînent quand même. On fait des entraînements à 18 heures pour finir vers 19h30 pour que celles qui ont trente minutes de route puissent rentrer avant le couvre-feu. C’est comme ça que l’on s’organise. On quitte le terrain à 19h25 pour que tout le monde parte à 19h30.

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Jugez-vous utile une reprise sans contact ?

Très sincèrement, je ne trouve pas ça utile et je ne vois pas ce que ça change mais si ces mesures ont été prises, ce n’est pas pour rien. Je ne suis pas un expert en la matière donc je ne me permettrais pas de remettre en question les consignes données, on se contente de les appliquer. Quand on est sur le terrain, on a quand même besoin de faire des jeux, les filles viennent pour ça, et c’est ce genre de sensations que l’on recherche quand on joue au foot. C’est un sport d’opposition dans lequel on n’a pas le droit de faire des oppositions. C’est très contraignant mais on a quand même la chance de pouvoir être sur le terrain parce qu’on en était privé pendant une période. On ne va pas s’en plaindre pour le moment, mais ça va vite devenir contraignant parce que ce n’est pas évident de faire des entraînements sans opposition.

Croyez-vous encore à une reprise de la saison ?

J’ai envie de dire oui, mais est-ce de l’espoir ou objectif de ma part ? Je ne suis pas sûr. J’ai de l’espoir de pouvoir continuer le championnat que l’on a pu démarrer et de pouvoir rejouer au foot, au-delà de tous les objectifs que l’on peut se fixer. Le but, c’est de pouvoir rejouer, donc j’y crois, même si je pense que l’on ne jouera pas avant début mars. Maintenant, on a attendu tellement longtemps que s’il faut attendre six semaines de plus, on le fera. Si on peut quand même continuer à s’entraîner, on s’en satisfera. Si tout va bien et que les gens ne font pas n’importe quoi, je pense que l’on pourra rejouer en mars.

Trouvez-vous logique de maintenir la coupe de France et même de la prioriser sur les championnats ?

Je ne comprends pas. Le championnat reste le plus important pour tout le monde. Dans le monde amateur, la coupe reste importante, parce que c’est du spectacle, la rencontre entre amateurs et professionnels et ça peut être une grosse rentrée d’argent pour les plus petits notamment sur la billetterie ou la buvette, mais à partir du moment où le public n’y a pas accès, je ne vois pas en quoi c’est si important de maintenir la compétition. En plus de ça, une nouvelle formule a été mise en place pour séparer pros et amateurs, donc je ne comprends pas cette volonté d’imposer la coupe de France alors qu’il y a énormément de journées de championnat à faire et on pourrait profiter des dates disponibles pour prioriser le championnat. On pourrait éviter des décisions contestées en fin de saison. Il n’y a aucune solution qui satisfera tout le monde, si ce n’est d’aller au bout des championnats, même si ça paraît compliqué. Finissons la phase aller pour que tout le monde ait joué contre tout le monde, ça me paraît primordial. Cette question de la coupe, je ne la comprends pas, et même moi qui suis encore engagé je n’y mets pas énormément d’importance. Je trouve ça assez étrange. Le championnat fait vivre les clubs. On a un fonctionnement très différent de la R1 chez les garçons parce qu’on a des playoffs pour prétendre à la division supérieure, et nous rajouter encore des playoffs après la phase aller, pour en refaire d’autres pour espérer monter… Ca n’a ni queue ni tête et c’est là que c’est compliqué. On engage tous – joueurs, entraîneurs et présidents – une saison pour figurer du mieux possible en championnat. Finalement, on nous fait comprendre que la coupe passerait avant alors que je pense qu’elle n’est pas la priorité pour beaucoup de clubs.

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Avez-vous le sentiment que les hautes instances du football se préoccupent du monde amateur ?

Je suis partagé parce que je pense que la FFF a conscience que le monde amateur fait vivre le football en général, mais les actes ne montrent pas forcément d’intérêt sur le foot amateur. J’ai la chance d’être en structure professionnelle, donc c’est peut-être plus facile de garder les joueuses motivées et concernées, mais je pense surtout aux vraies structures amateures qui sont à l’arrêt total, sans pouvoir s’entraîner. En plus de ça, on est dans une période où si l’on n’a pas de synthétique, c’est compliqué de maintenir des entraînements. Que fait-on pour ces clubs-là ? Cette crise est vraiment destructrice parce qu’il y a énormément de licenciés qui apprennent à vivre sans foot. Leur priorité de jouer le dimanche est aujourd’hui au deuxième voire troisième plan et je crains que l’on perde beaucoup de licenciés à l’échelon national. Que va pouvoir proposer la fédé pour empêcher ça, même s’ils sont dépendants des mesures gouvernementales. J’aimerais plus de communication de leur part sur les différents championnats. On voit beaucoup d’articles, de choses qui sortent mais il n’y a rien d’officiel. On ne sait pas où est-ce que l’on va et c’est en restant dans ce climat de questionnement que les gens commencent à perdre la motivation. Je trouve ça dommage. Juste nous apporter quelques éclairages en plus permettrait d’avoir moins de débats et que chaque club puisse attendre que la pandémie diminue et pouvoir reprendre une vie normale.

En donnant, par exemple, des consignes claires en fonction de la date de reprise ?

C’est ça. A l’heure actuelle, on nous donne quatre possibilités de fin de championnat, mais on n’y voit pas clair du tout et il faut trancher. Il faut nous dire comment ça va se passer si on reprend fin février, mi-mars, en avril ou en mai. Il faut que ce soit clair dans la tête de tout le monde. Aujourd’hui, toutes ces interrogations nous entourent et on perd beaucoup de motivation de manière générale, même si j’essaye de rester connecté à plein temps mais c’est plus facile parce que je suis employé à plein temps. Je pense qu’au niveau de la communication, c’est trop limite. On ne sait pas où l’on va et c’est à ce niveau que j’attendais la Fédération. Au niveau du championnat féminin, on a été complètement oublié ! Déjà l’an dernier, j’avais déjà dû attendre plusieurs jours après l’annonce des relégations pour savoir comment ça se passait pour les descentes et montées entre D2 et R1. Finalement ils ont trouvé un système en faisant monter des équipes en claquant des doigts avec un classement des régions que l’on n’a jamais vu sortir de toute notre vie. Il faut être clair avec les gens dès maintenant et pas dans trois mois. On a besoin de savoir où l’on va.

Que vous inspire le changement à la tête de la LFHF ?

J’avais rencontré le président quelques fois et je ne connais pas du tout le nouveau. Tout ce que je peux lui souhaiter c’est plein de bonnes choses et surtout la reprise du foot amateur pour voir comment il va structurer les choses et notre ligue, qui est une des plus grandes de France. Je n’ai pas encore d’avis par rapport à ça parce que je ne connais pas le programme ni le projet. S’il a été élu, c’est qu’il doit aimer le terrain, et c’est le plus important, pour moi. J’espère qu’il saura accompagner tous les clubs des Hauts-de-France au mieux.

Tous propos recueillis par Adrien ROCHER

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