Hicham Andasmas Amiens SC (f)

Frustré et énervé après la défaite de la section féminine de l’Amiens SC, la troisième de la saison, contre Vendenheim (0-2), ce dimanche, Hicham Andasmas n’a pas mâché ses mots et a mis ses joueuses devant leurs responsabilités. Entretien. 

On dirait que c’est la fin du monde, vous êtes tous tristes, abattus, après cette nouvelle défaite…

Ce n’est pas la fin du monde, ce n’est que le troisième match, il faut prendre du recul aussi. Après c’est incroyable, c’est le genre de match qui me dégoûte, parce qu’on ne doit jamais le perdre. S’il y avait quelques qualités chez l’adversaire, j’aurais pu les soulever sauf qu’il n’y en a aucune. Je n’ai même pas vu en face une équipe dangereuse même si, en première mi-temps, Camille Martin sort deux-trois actions. Tant qu’on n’a pas de caractère, d’agressivité dans ces deux zones-là, on n’arrivera à rien. 

Vous leur offrez finalement la victoire sur un plateau …

On leur offre la victoire mais je suis désolée mes filles peuvent faire beaucoup plus que cela. Moi, je ne peux pas non plus marquer les buts à leur place, ni défendre à leur place, c’est tout. Vous me connaissez, vous savez que j’ai l’habitude de beaucoup les protéger mais aujourd’hui il y a une grosse remise en cause à faire. Elles ont aussi pris un savon par le président. A un moment donné, on travaille quatre fois par semaine, on leur mâche le travail, on leur mâche les causeries, on leur mâche tout de A à Z pour qu’elles soient dans les bonnes conditions. Derrière, le rendu sur le terrain ce n’est pas forcément assez.  Comment on peut sortir de ce match-là avec une défaite ? Je me reposerai la question demain matin, peut-être que j’aurai la réponse mais là c’est mille points d’interrogation devant moi ! Ce sont elles qui ont décidé de leur début de saison et elles se sont conditionnées à jouer le maintien clairement. Et je peux vous dire qu’un maintien c’est quelque chose et énergiquement c’est quelque chose car chaque week-end ce sont des finales de coupes. Elles ont choisi ça…

Je n’ai pas l’impression que ça NE les dérange de perdre

Vous sentez-vous responsable de la situation ?

Non, clairement pas. Moi, je n’ai aucun reproche à me faire, même si je suis très exigeant avec moi. Quand je dis moi, je parle de tout le staff parce qu’aujourd’hui si on s’était gouré sur le plan de jeu, l’animation offensive ou défensive, etc. C’est l’état d’esprit qui doit évoluer chez ces filles. J’ai l’impression que ça ne les dérange pas de perdre. Aujourd’hui, quand tu perds 2-0 et qu’il reste autant de temps, tu dois continuer de pousser, tu dois continuer de faire des choses. Après, je suis peut-être un peu dur car on était à dix contre onze et on a finalement dominé tout le match, même si on était à une de moins. Je leur en veux beaucoup. 

On ressent beaucoup de colère chez vous…

Je suis en colère contre le match c’est-à-dire que moi je n’ai pas pris de plaisir dans ce match. Ça doit encore une fois nous servir mais je n’ai pas envie de me répéter que ça doit nous servir, que c’est l’apprentissage. A un moment donné, il faut arrêter, on a besoin de points, il faut chercher les points. On joue sur un terrain sur lequel on a des espaces, on peut justement éviter les duels et essayer de chercher beaucoup de jeu combiné. On a trouvé des belles situations mais le problème, ce n’est même pas la dernière passe, c’est la finition et c’est notre zone derrière en fait. Aujourd’hui, quand les gens ne voient pas le match, il y a de quoi être inquiet pour Amiens. Alors que non, quand on regarde le match, il n’y a pas de quoi être inquiet du tout pour Amiens. Sauf que les matches s’enchaînent et les scenarii se ressemblent un petit peu. 

Six buts pris en trois matches et un seul but marqué…

Ça me fait mal à la tête de prendre autant de buts, ça me fait mal de voir de tels résultats. C’est affligeant. J’ai dit aux filles qu’il faut qu’elles se remettent en question, c’est-à-dire qu’elles gagnent leur place parce que ce qui est sûr et certain c’est qu’il va y avoir des changements ! Après, encore une fois, elles ont essayé et n’ont pas lâché mais l’état d’esprit ne me plait pas. Je compte sur mes leaders du vestiaire pour faire passer le message, le président l’a fait passer également. Donc clairement, il faut qu’elles se remettent en question et qu’elles avancent.  

Propos recueillis par Stéphanie BRUMTER

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