Hicham Andasmas Amiens SC (f)

Après la lourde défaite concédée à domicile face à Thonon Evian (0-3), en début d’après-midi, Hicham Andasmas a montré beaucoup de frustration mais a également délivré un message pour la suite de la saison. Entretien.

Hicham Andasmas, c’est un difficile dimanche…

On a que ce que l’on mérite sur ce match. On a tendu le bâton, et à partir de ce moment, c’était compliqué de changer la physionomie du match. Il y avait plus de répondant technique et athlétique en face. Comme à Nice, on prend un but d’entrée de match. C’est compliqué pour engager un match.

Qu’a-t-il manqué ?

Tout ! Tous les ingrédients nécessaires pour gagner un match : gagner les duels, répondre présent techniquement. C’était par le jeu qu’on allait les mettre en difficulté, pas sur l’aspect athlétique. On perdait les duels, on n’était pas bons techniquement, qu’est-ce qu’on pouvait espérer de plus ? Il faut qu’on ait la capacité de sortir la tête de l’eau dans ces moments-là. On est dans le dur, on enchaîne les matches, on n’arrive pas à aller chercher les trois points, mais c’est dans ces moments qu’on se forge. Il ne faut pas sortir de ces matches en baissant la tête. Il faut qu’elles soient dures dans leurs analyses, qu’elles soient capables de se remettre en question individuellement. On doit tous le faire pour repartir de l’avant et sortir de la tête de l’eau. Si on a du caractère et du mental, ça le fera.

Sans se chercher d’excuses, est-ce que ce penalty d’entrée vous laisse amer ?

Franchement, j’ai envie de péter un câble sur la prestation de l’arbitre ! C’était une catastrophe, mais on a été au même niveau qu’elle. En priorité, je préfère jeter la pierre sur notre prestation plutôt que celle de l’arbitre. Très honnêtement, je ne sais même pas si ça aurait changé quelque chose que l’arbitre fasse mieux dans le match. On a quand même la balle d’égalisation avec Tiffany Vassant qui part au but et ça peut peut-être changer le match, mais avec des « si »… Le problème ne vient pas de là, il vient de nos mauvaises entames de match. On l’a corrigé la semaine dernière en coupe de France, on a travaillé dessus cette semaine et finalement, ça repart. On n’arrive pas à trouver la bonne formule pour l’instant. A la fin, je ne sais pas ce qu’il se passe, mais Flo Fortin prend un carton rouge, ça nous met en difficulté et je suis très en colère après elle. Je lui ai fait comprendre.

Vous avez été battus par une équipe de votre niveau au classement…

Au classement, oui. J’avais dit avant le match que je ne savais pas ce qu’elles faisaient là parce qu’elles s’entraînent cinq fois par semaine, il y a beaucoup de contrats fédéraux et de joueuses étrangères dans le club. Elles sont plus athlétiques que nous. Leurs attaquantes ont connu la D1. C’est une très belle équipe et il aurait fallu faire le match nécessaire pour voir ce que l’on valait par rapport à elles. Le problème c’est qu’on a tendu le bâton et je ne pense pas qu’elles soient allées chercher la victoire. On leur a offerte sur un plateau. C’est le plus frustrant. Dans les matches comme ça, avec beaucoup de duels et d’intensité, on n’est pas forcément capables de répondre présent. Finalement, c’est là qu’on doit le faire ! On fait partie d’un championnat où l’on va jouer le maintien avec des équipes qui n’alignent pas forcément dix passes mais ont un jeu direct et donneront un combat athlétique. Il faut que l’on arrête de penser que l’on fera la différence en jouant au ballon, surtout quand on n’est pas au niveau techniquement.

Perdre 3-0 contre un concurrent direct ça va forcément laisser des traces dans les têtes…

Ca fait mal. Est-ce que ce sera un concurrent direct dans quelques journées, je ne sais pas. A l’heure actuelle, oui. Maintenant on est tout en bas, on ne peut que monter. J’espère que ça va le faire. Il faut se remettre en question quand on perd, il faut redoubler de travail. S’il faut que je passe encore plus d’heures à travailler avec mon équipe, je le ferai, ce n’est pas un problème.

Le salut passera-t-il par le groupe actuel ou par l’ajout de joueuses, si possible ?

Il y a besoin de renfort dans cette équipe parce qu’elle est beaucoup trop friable, que ce soit mentalement ou techniquement. Globalement, ce sont des bonnes joueuses mais on a des manque pour vraiment espérer exister dans ce championnat de D2. On n’a pas eu un recrutement de niveau national, on fait avec les moyens du club et on se battra avec. Il n’y a pas de raison que ça ne le fasse pas. Mais oui, j’aimerais des renforts à la trêve. La direction est au courant, est à l’écoute. Les manques sont ciblés, mais les dirigeants savent qu’on a un gros manque de moyen pour survivre en D2. Mon rôle, c’est de faire avec ce que j’ai et je le ferai, ce n’est pas un soucis, je ne vais pas me chercher d’excuses. Si on perd, on le mérite. On a que ce que l’on mérite, et je m’inclus dedans. On est tous dans le même bateau et c’est tous ensemble que l’on va s’en sortir.

Toutes les équipes qui font la différence ont des joueuses étrangères…

Pour l’anecdote, on est la seule équipe du championnat à n’avoir aucun contrat fédéral. Ça fait également la différence. Thonon Evian avait fait un recrutement pour jouer le haut de tableau, pas le maintien, ça s’est vu sur le terrain même si on aurait pu les déranger beaucoup plus. On n’a pas existé et on n’a pas de mental ! Le soucis est là, on essaye d’y travailler. J’aimerais que les joueuses fassent la même chose que nous, à savoir sortir de ces matches-là avec la tête haute, en assumant ce que l’on a mal fait. C’est comme ça que l’on avance. Il faut se poser les bonnes questions, cibler les vrais manques, les vrais problèmes et arrêter d’écouter les gens autour de nous qui nous disent qu’Amiens a un niveau exceptionnel. La réalité du terrain est là. Leur faire trop de compliments, c’est les tuer.

Quel était le sentiment qui dominait dans le vestiaire ? L’abattement ou la colère ?

L’abattement parce que ça fait deux ans que l’on joue la montée, que l’on enchaîne les victoires et que l’on n’a pas connu une période comme ça. Les filles n’ont pas cette habitude. Elles sont abattues et match après match, le discours se répète, les erreurs et les défaites s’enchaînent. C’est très compliqué pour nous parce qu’on change des choses. On voulait trouver une stabilité à partir du match de Nice, avec un système et des joueuses clairement identifiées, mais à chaque fois il y a un problème. Individuellement, il faut se remettre en question, et quand elles seront toutes au niveau, il y aura quelque chose à espérer.

Vous aviez fait le constat d’un manque de leader dans votre groupe. C’est dans ces moments que l’on ressent ça ?

C’est très dur parce que c’est un leader féminin qu’il nous faut pour que le message passe encore mieux, mais on ne l’a pas. C’est forcément compliqué. Il y a un manque de leader. Le niveau individuel de chaque joueuse doit monter, surtout sur l’aspect mental. Si je sors de ce match abattu, que fait-on ? On arrête tout maintenant ? Il reste énormément de matches, il y a des victoires à aller chercher sur la phase retour. On doit encore aller à jouer à Yzeure, il faut avoir beaucoup plus d’ambition que ça pour sortir la tête de l’eau. Ce sera au bon vouloir du groupe qui doit sortir avec plus de caractère, et si on pouvait avoir un leader en plus, ce serait une excellente chose.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

A lire aussi : 

Division 2 : L’Amiens SC perd gros

National 3 : L’Amiens SC (b) manque une belle occasion

Laisser un commentaire