Vainqueur de la double confrontation contre l’AS Lattes (5-0, 0-1), la section féminine de l’Amiens SC a décroché sa montée pour la D2, le deuxième échelon du football français féminin. Fier d’avoir atteint l’objectif fixé en début de saison, Hicham Andasmas, l’entraîneur des Amiénois, se projette désormais sur la prochaine saison et affiche ses ambitions. Entretien.

Quel est votre sentiment après cette montée acquise contre Lattes ? 

La saison a été longue, il a fallu aller au bout du bout pour décrocher notre montée. Il y a beaucoup de soulagement, c’est une satisfaction pour tout le monde. On a mal démarré en encaissant un but assez rapide mais on n’a rien lâché alors qu’on avait pourtant le voyage dans les pattes et on a vraiment ressenti de la fatigue. On avait même le ballon mais sans parvenir à créer le danger. En deuxième mi-temps, on a joué plus haut, on a gagné les duels et la gardienne adverse a fait de beaux arrêts. Même si je suis déçu d’avoir perdu ce match, je vais retenir la bonne attitude des filles. Elles ont tout donné jusqu’à la fin, elles peuvent vraiment être fières d’elles.

Quel va être l’impact de cette montée en D2 ? 

A ma prise de fonctions, j’avais trois ans pour faire monter l’équipe en D2. On a atteint l’objectif dès la deuxième année, c’est une bonne chose. Aujourd’hui, on va avoir une structure de haut niveau et nos joueuses vont avoir ce statut-là aussi. En termes de recrutement, ça va nous permettre de renforcer l’équipe. Après, ça va aussi permettre d’étoffer notre école de football qui était déjà passé label 1 durant la saison. On mène un vrai travail sur la formation et le fait d’avoir des U19 nationaux est une grande avancée. Cette montée est vraiment une grand pas pour l’ensemble de la section féminine. Je suis persuadé que c’est le début d’une belle et longue histoire pour l’ensemble du pôle féminin.

Peut-on dire qu’il y a un réel fossé entre le R1 et la D2 ? 

Oui, clairement. Il va vraiment falloir batailler. Il y a beaucoup plus d’intensité et une densité athlétique bien supérieure. Il n’y a que des bonnes équipes à cet échelon de la compétition. Il y aura sans doute deux championnats, entre les équipes qui jouent la montée et celles qui jouent leur survie. Il y a effectivement un vrai fossé à combler.

On va rester humble et déjà avoir pour ambition notre maintien en D2.

L’objectif sera donc avant tout de se maintenir ? 

Je reste quelqu’un d’ambitieux est l’objectif sera donc de faire du mieux possible et d’être performant chaque week-end ! On ne va pas s’arrêter au maintien, même si ce sera le premier objectif à remplir avant de pouvoir regarder un peu plus haut. Il faut tout mettre en oeuvre pour aborder sereinement la fin de saison et ne pas se retrouver en difficulté sur les derniers matches. En tout cas, on va rester humble et déjà avoir pour ambition notre maintien en D2.

Quels sont vos plans en matière de recrutement ?

Il y a la volonté de renforcer l’équipe avec l’apport de quelques éléments. J’ai déjà un groupe assez conséquent et relativement solide. Il y a déjà eu un vrai apport qualitatif l’été dernier, on n’aura donc pas besoin de recruter en nombre. Le premier enjeu est déjà de garder les filles que j’ai à ma disposition aujourd’hui. Sur ce point, la montée en D2 devrait simplifier les choses. Pour le reste, l’idée est de recruter quatre-cinq joueuses qui connaissent la D2 et qui vont nous apporter un plus aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire. Aujourd’hui, j’ai un groupe très jeune, de 20-21 ans de moyenne d’âge, on a besoin d’un peu d’expérience et de maturité.

On imagine que vous n’avez pas attendu l’officialisation de la montée pour travailler en ce sens ? 

On a déjà défini les profils avec le recruteur (ndlr : Benoît Godaut) et il va désormais s’atteler à finaliser les dossiers. C’est la direction qui prend le relais. Après la perte de Jacques Henot, qui a énormément œuvré pour les féminines, on a décidé, avec le président, de promouvoir Benoît Godaut qui est un ancien recruteur du centre de formation. C’est aujourd’hui notre coordinateur sportif en charge de recrutement. On a pleinement confiance en lui pour trouver les joueuses dont on a besoin. Cela a vraiment été compliqué après la direction brutale de Jacques, à qui je dédie cette montée. Il a fallu être réactif et je tire un grand coup de chapeau au président Leriche. Même si la structure est encore amateur, on a montré qu’on pouvait se comporter comme des professionnels. On a été récompensé par une montée et c’est désormais à nous de confirmer en réussissant le recrutement et en obtenant le maintien la saison prochaine.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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