SM Caen
SM Caen

A quelques heures du sixième match de la saison de l’Amiens SC, ce samedi à 15h30 contre le SM Caen, le 11 Amiénois donne la parole à Olivier Duc, journaliste pour France Bleu Normandie et commentateur du club, afin d’en savoir plus sur l’adversaire du jour. Entretien.

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Comment s’est passée l’intersaison de Caen, avec notamment un changement d’actionnaires et de président ?

Juste avant le confinement, il y avait un doute sur la maîtrise des finances avec la relégation en Ligue 2 et un train de vie qui n’a pas vraiment changé. Il y avait des inquiétudes sur le dérapage du budget. A la sortie du confinement, une alerte rouge a été déclenchée par les actionnaires disant que le club allait droit dans le mur. Ils ont autorisé à chercher un nouvel investisseur pour redresser la barre et la classique façon de gérer le club – avec treize actionnaires principaux à part égales – a été abandonnée, pour donner la main à Pierre-Antoine Capton et un fonds d’investissements américain. C’est le quatrième président en cinq ans.

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La pérennité du club a donc été mise en doute…

A un moment, oui, parce qu’au premier passage devant la DNCG, Fabrice Clément (ndlr : l’ancien président) était soulagé d’éviter une rétrogradation en National et il avait gagné un peu de temps pour pouvoir rechercher des financements. Le Stade Malherbe marchait beaucoup sur des retours de transfert, mais avec le Covid et la valeur marchande du groupe, on était loin de pouvoir assurer une entrée financière suffisante pour assurer la pérennité. Il y avait un risque à moyen terme d’avoir des soucis financiers.

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Il y a une forme d’instabilité chronique autour de Caen depuis quelques saisons…

Depuis le départ de Jean-François Fortin, et dans les conditions où ça s’est déroulé, oui. Il y avait des désaccords entre les actionnaires et il avait voulu proposer que Pierre-Antoine Capton reprenne le club et les différentes parts, ce qui avait été refusé par des actionnaires historiques. Ces derniers avaient même parlé d’un putsch historique, évinçant Jean-François Fortin. Depuis, on a eu un changement d’équipe, cumulé à une relégation et une première année en Ligue 2 très compliquée, sans réduire le train de vie du club, ça amène une instabilité qui est tout de même rare comparée à ce que le club a vécu ces deux dernières décennies.

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Le mercato a été assez calme jusqu’ici…

Il fallait déjà réduire la masse salariale et le groupe qui était trop pléthorique. De nombreux jeunes ont signé, et c’est très positif, mais il y a également des joueurs qui n’ont pas fait l’affaire et avaient été choisis par le précédent coach, viré au bout de neuf journées. Il y a des strates de joueurs qui se sont empilées, et la première mission du club était de réduire la taille du groupe, ce qui a été fait avec huit départs. Il n’empêche qu’il y a de la stabilité dans l’ossature du groupe et cela a permis au Stade Malherbe de connaître un début de saison correct jusqu’ici. Des recrues arrivent, mais tardivement à cause du rachat très long.

Au milieu de tout ça, est-ce qu’il y a eu des doutes sur Pascal Dupraz ?

Il a fêté son premier anniversaire à la tête du club hier ! Il espérait six recrues, il en aura peut-être quatre ou cinq mais qui arrivent quand même tardivement. Il fera avec et en attendant il a joué le jeu en n’égratignant personne. Pour l’instant, la présidence n’a pas remis en cause sa position, il a un contrat, il est en place, il a fait du bon boulot l’année dernière et fait beaucoup monter les jeunes dans l’équipe première. A moins d’une catastrophe sportive, il n’y a pas de raison qu’on l’écarte. Même si la nouvelle direction est très active, je ne pense pas qu’ils évinceront Pascal Dupraz qui joue clairement le jeu.

Quel est l’objectif de Caen cette année ?

L’objectif est de faire monter le club ! Maintenant, on peut toujours se poser la question quand il y a un nouvel effectif dirigeant, un nouveau directeur sportif et un projet ambitieux, l’idée est souvent de changer le coach. Là encore, s’il fait monter le club, il n’y aura pas de raison qu’il ne fasse pas entendre sa voix pour poursuivre l’aventure. Il a d’ailleurs déjà dit qu’il aimerait continuer l’aventure parce que nous avons désormais des actionnaires qui peuvent permettre au Stade Malherbe d’avoir des moyens. La montée était déjà l’objectif l’an dernier et c’est toujours le cas cette saison et Pascal Dupraz a dit qu’il aimerait « réveiller Caen comme il a réveillé Toulouse » et jouer le haut du classement.

Le début de saison semble marqué par la solidité défensive de Caen…

Ce qui n’était pas le cas l’année dernière ! Pascal Dupraz avait mis la pression sur le gardien en disant qu’il fallait avoir un numéro 1 pour changer un peu la donne et il peut compter sur Rémy Riou qui est très efficace. Devant lui, la défense est aussi très efficace pour l’instant. Un seul but a été encaissé, Caen concède largement moins d’occasions avec cette défense bien en place. En attendant, reste l’animation offensive parce que la principale difficulté de Malherbe est de jouer face à des équipes regroupées en bloc bas.

De quoi s’attendre à un match assez fermé ?

On espère que non ! Contre Chambly, Caen n’a pas trouvé la solution et c’était très cadenassé avec très peu d’occasions. Contre Valenciennes, Malherbe avait le ballon face à une défense à cinq et ne s’est créé que très peu d’occasions. C’est un peu la crainte de ce genre de match face à des adversaires qui savent très bien comment faire déjouer Caen. On a des joueurs qui arrivent comme Aliou Traoré et Yohann Court qui devraient être dans le groupe et ça va donner un peu plus de moyens offensifs. Si on reste dans la même configuration, ça pourrait être un match très fermé.

Quel joueur se montre positivement jusqu’ici ?

Pour l’instant, les valeurs sûres sont les défenseurs qui jouent au niveau attendu avec Rémy Riou qui a sorti des parades importantes sur les matches précédents. Offensivement, il y a le retour de Yacine Bammou qui n’était pas là l’an dernier et apporte beaucoup grâce à son jeu d’appui mais le soucis c’est qu’il n’y a pas forcément quelqu’un pour utiliser ces seconds ballons. Nsona tire aussi son épingle du jeu dans le secteur offensif.

Quel regard portez-vous sur l’Amiens SC en ce début de saison ?

Luka Elsner était en place la saison passée alors que Caen avait recruté un coach et un joueur pour faire la saison, mais ça s’est planté au bout d’un mois et demi de compétition et il y avait une erreur de casting. Ce sont deux situations assez différentes donc. Mais quand on part de travers en étant relégué, avec un effectif en difficulté, ça sent la saison galère pour Amiens.

Vous voyez donc Amiens jouer le maintien avant tout ?

Peut-être pas le maintien, mais le ventre mou du championnat. Quand on prend du retard à l’allumage, c’est très compliqué. Alors tout va très vite dans le football et il ne faut jamais dire jamais mais c’est vrai qu’historiquement, quand on voit ce type de départ, on ne voit pas comment c’est possible de rattraper les choses. Il faut être patient, se dire « tant pis, on va faire la meilleure saison possible en limitant la casse », et ne surtout pas afficher les ambitions de montée en permanence parce qu’il faut être très patient le temps de remettre à plat l’effectif, trouver un nouveau coach et faire en sorte que la mayonnaise prenne.

Un petit pronostic pour conclure ?

Je suis très mauvais en général pour ça ! Je vois très peu de buts, mais je ne sais pas du tout. Allez, on va dire une petite victoire 1-0 du Stade Malherbe et je signe tout de suite.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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